La Liberté

27.05.2020

La frontière entre jeux vidéo et d'argent toujours plus perméable

Certains joueurs ont dépensé jusqu'à 500 francs par mois sur Candy Crush (archives). © KEYSTONE/AP/MARK LENNIHAN
Certains joueurs ont dépensé jusqu'à 500 francs par mois sur Candy Crush (archives). © KEYSTONE/AP/MARK LENNIHAN
Certains joueurs ont dépensé jusqu'à 500 francs par mois sur Candy Crush (archives). © KEYSTONE/AP/MARK LENNIHAN
Certains joueurs ont dépensé jusqu'à 500 francs par mois sur Candy Crush (archives). © KEYSTONE/AP/MARK LENNIHAN
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27.05.2020

L'intégration des jeux vidéo dans les jeux d'argent et inversement est toujours plus marquée. La Fédération romande des consommateurs et les professionnels des addictions mettent en garde contre des risques de manipulation.

Avant l'entrée en vigueur de la nouvelle loi sur les jeux d'argent en 2019, les joueurs en ligne s'adonnaient en très grande majorité aux jeux de loterie, de tirage, de grattage et/ou de paris sportifs, selon une étude réalisée par le Groupement Romand d’Etudes des Addictions (GREA) et Addiction Suisse, ont indiqué mardi ces derniers dans un communiqué auquel s'est joint la Fédération romande des consommateurs.

Près d’un joueur sur dix rapportait alors des problèmes en lien avec ces jeux en ligne. Indépendamment du type de jeux pratiqué, la majorité des personnes interrogées s’imposaient des limites sur les montants engagés, leur fréquence de jeu, voire le type de jeu. Des tactiques d'autocontrôle qui laissent penser que le jeu en ligne est considéré comme une activité à risques, selon les auteurs de l'étude.

La situation pourrait changer avec la nouvelle législation. Afin d'attirer une nouvelle clientèle, plus jeune et susceptible de développer une addiction, des passerelles de plus en plus marquées se construisent entre jeux d'argent et vidéos empruntant à l'autre des techniques de monétisation, dénoncent les auteurs de l'étude.

Dépenser 500 francs sur Candy Crush

Les jeux vidéo "gratuits" utilisent ainsi des techniques de manipulation pour pousser les joueurs à dépenser de grosses sommes d’argent, expliquent les auteurs de l'étude. Il faut payer pour passer des niveaux, obtenir de nouveaux costumes ou encore avancer dans le jeu.

Autre élément problématique: l'analyse des données des joueurs. Il est facile de savoir avec précision quand une personne joue, de quelle manière et à quoi elle réagit comme stimuli. En croisant ces informations avec d’autres provenant d’applications utilisées tous les jours, il est possible de savoir ce qu’il faut proposer au joueur pour le pousser à dépenser davantage.

Les sommes engagées varient, précisent les auteurs de l'étude. Elles vont d'une vingtaine de francs par année à 500 francs par mois pour un jeu comme Candy Crush Saga.

Cadre légal "dépassé"

Pour le secrétaire général du GREA, Jean-Félix Savary, la fusion entre le "gamming" et le "gambling" est inquiétante. "Le cadre légal, adopté il y a à peine deux ans, semble déjà partiellement dépassé."

Face à la situation, le rapport recommande plusieurs actions de sensibilisation. Enfants et adolescents doivent notamment être sensibilisés aux dangers des microtransactions dans le cadre des jeux vidés en ligne.

L'étude s'est déroulée en plusieurs étapes. Plus de 2000 personnes de toute la Suisse, âgées de 18 à 79 ans, ont répondu à un questionnaire en ligne en 2018. Et dix longs entretiens ont été réalisés début 2019.

ats

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