La Liberté

19.08.2018

"La grève des femmes va réconcilier Beyoncé et Christiane Brunner"

Géraldine Savary, lors d'un rassemblement à Lausanne, après l'agression de cinq jeunes femmes à Genève. © KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT
Géraldine Savary, lors d'un rassemblement à Lausanne, après l'agression de cinq jeunes femmes à Genève. © KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT


19.08.2018

Un mouvement veut refaire une grève des femmes en juin 2019. La conseillère aux Etats (PS/VD) Géraldine Savary en fait partie. Sur une échelle féministe de 1 à 10, la Vaudoise place la Suisse "à 6 maximum."

"Sur les vingt dernières années, je trouve qu'on vit plutôt un retour en arrière, explique la politicienne vaudoise dans une interview au Matin dimanche. Il y a par exemple un silence assourdissant sur la condition des femmes dans les métiers précaires de la nouvelle économie qui sont sans contrôle".

Pour la conseillère aux Etats, le recul a plusieurs causes. La force montante de l'UDC est un élément d'explication: "ça a amené une culture de rapports de force, un recul dans le respect, le souci des minorités et de l'équilibre des forces. Les femmes elles-mêmes se sont endormies."

L'un des signaux qui a fait revenir la vigilance féministe, c'est le débat au Conseil des Etats repoussant la loi sur l'égalité. "Il a essayé, qui plus est en pensant que l'on ne s'en rendrait pas compte. Si le rendez-vous est manqué au Conseil national, la réaction sera très forte."

Des hommes comme les autres

"Je fais partie d'une génération qui a serré les dents, considérant qu'une femme doit exister en étant le moins femme possible. A force de considérer qu'on était des hommes comme les autres, la thématique femme est sortie des radars".

Géraldine Savary espère que toutes les générations vont se mobiliser: "elle sera réussie si elle réconcilie Beyoncé et Christiane Brunner".

Revenant sur les récents actes de violence contre des femmes à Genève et à Zurich, la politicienne, qui a participé à la manifestation à Lausanne, pense que "la seule réponse aux cultures patriarcales, c'est l'éducation. A l'école d'abord, dans les lieux de formation et par des campagnes de prévention".

Enfin, la conseillère aux Etats rejette la hausse de l'âge de la retraite des femmes à 65 ans. "Dans Prévoyance 2020, cette hausse était compensée par d'autres mesures permettant aux femmes les plus précaires d'être épargnées. On n'est plus du tout dans ce cas de figure. Aujourd'hui, c'est très clair: s'il n'y a pas une amélioration très nette de l'égalité des salaires, il est hors de question d'entrer en matière sur la retraite des femmes à 65 ans."

ats

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