La Liberté

20.09.2019

Jeunesse mobilisée en masse pour la "grève mondiale pour le climat"

Les écoliers de Sydney sont descendus dans la rue pour demander une action contre le réchauffement climatique. © KEYSTONE/EPA AAP/STEVEN SAPHORE
Les écoliers de Sydney sont descendus dans la rue pour demander une action contre le réchauffement climatique. © KEYSTONE/EPA AAP/STEVEN SAPHORE
Action! Tel était le mot d'ordre des jeunes boycottant les salles de classe pour faire pression sur leurs aînés afin qu'ils prennent des mesures drastiques pour enrayer l'envol des températures provoqué par les activités humaines. © Keystone/EPA/JAGADEESH NV
Action! Tel était le mot d'ordre  des jeunes boycottant les salles de classe pour faire pression sur leurs aînés afin qu'ils prennent des mesures drastiques pour enrayer l'envol des températures provoqué par les activités humaines. © Keystone/EPA/JAGADEESH NV
La journée a culminé avec une manifestation monstre à New York. Greta Thunberg y était (à gauche). © Keystone/AP/EDUARDO MUNOZ ALVAREZ
La journée a culminé avec une manifestation monstre à New York. Greta Thunberg y était (à gauche). © Keystone/AP/EDUARDO MUNOZ ALVAREZ
Plus d'un million de personnes, selon les organisateurs, sont descendues dans les rues pour la défense du climat en Allemagne, ici à Berlin. © Keystone/EPA/HAYOUNG JEON
Plus d'un million de personnes, selon les organisateurs, sont descendues dans les rues pour la défense du climat en Allemagne, ici à Berlin. © Keystone/EPA/HAYOUNG JEON
De jeunes manifestatnts ici à Zagreb en Croatie. © Keystone/EPA/ANTONIO BAT
De jeunes manifestatnts ici à Zagreb en Croatie. © Keystone/EPA/ANTONIO BAT


20.09.2019

Plus d'hésitations, des actions! Du Pacifique à l'Arctique, de Tokyo à New York, des foules immenses de jeunes ont rejoint vendredi la "grève mondiale pour le climat", afin d'exiger des générations au pouvoir des actions contre la catastrophe climatique annoncée.

"S'il n'y a encore aucun chiffre officiel sur le nombre des participants à ces manifestations, la jeune Suédoise Greta Thunberg qui a pris l'initiative à l'été 2018 de ce mouvement, s'est réjouie qu'ils soient "des millions". "J'espère que cela marquera un tournant pour la société, en montrant combien de personnes s'investissent là-dedans, combien de personnes mettent la pression sur les dirigeants, surtout avant le sommet de l'ONU sur le climat" lundi prochain à New York, a-t-elle déclaré.

A cette occasion, les jeunes boycottent les salles de classe pour faire pression sur leurs aînés afin qu'ils prennent des mesures drastiques pour enrayer l'envol des températures provoqué par les activités humaines. La journée a culminé avec une manifestation monstre à New York.

"Nous ne coulons pas, nous nous battons!" C'est par ce cri que des élèves d'atolls du Pacifique - Vanuatu, Salomon, Kiribati - dont l'existence même est menacée par la montée des eaux ont inauguré la journée de protestation, au moment où le soleil se levait sur l'océan.

"Pas d'excuses"

Sydney, Séoul, Manille, Bali, Jakarta, Tokyo, Bombay, New Delhi, Peshawar, toute l'Asie-Pacifique s'est mobilisée pour ce "Friday for Future" planétaire. Ils étaient plus de 300'000 en Australie, plus du double qu'en mars, au cours d'un premier mouvement similaire.

"C'est notre avenir qui est en jeu", a lancé à Sydney Will Connor, 16 ans. "Nous sommes l'avenir et nous méritons mieux", a renchéri à Bangkok Lilly Satidtanasarn, 12 ans, surnommée la Greta Thunberg de Thaïlande pour son combat contre le plastique. Les adultes "ne font que parler, mais ils ne font rien. Nous ne voulons pas d'excuses".

Ils étaient des milliers aux Philippines, un archipel gravement menacé par l'élévation du niveau des océans. A Kampala, la capitale de l'Ouganda qui borde le lac Victoria, le plus grand d'Afrique, touché de plein fouet par les effets du changement climatique, plusieurs centaines de jeunes ont défilé. D'autres manifestations, assez petites il est vrai, ont eu lieu en Afrique, souvent restée à l'écart des mobilisations, à Nairobi, Johannesburg ou Accra.

Le mouvement s'est propagé jusqu'aux tréfonds de l'Arctique, une région qui se réchauffe deux fois plus rapidement que le reste de la planète. A Longyearbyen, le chef-lieu de l'archipel norvégien du Svalbard, à un gros millier de kilomètres du pôle Nord, environ 80 personnes chaudement emmitouflées ont sillonné les rues derrière des pancartes proclamant "ça chauffe ici" ou "pas cool sans glace".

Plus de 5000 événements

Au total, plus de 5000 événements étaient prévus sur toute la planète et Greta Thunberg, qui a défilé à New York, s'est adressée par lien vidéo, en suédois, aux milliers de manifestants (8000 selon la police) rassemblés sur une place de Stockholm. "Nous allons faire pression sur eux, tellement de pression qu'ils ne pourront pas faillir. Nous avons montré ce que nous voulions et c'est maintenant à eux de prouver qu'ils nous écoutent vraiment".

Plus d'un million de personnes, selon les organisateurs, sont descendues dans les rues pour la défense du climat en Allemagne, où les partis de la fragile coalition gouvernementale d'Angela Merkel ont accouché au forceps d'une stratégie pour le climat représentant 100 milliards d'euros d'investissements d'ici à 2030.

A Bruxelles, 15'000 personnes ont défilé et près de 10'000 à Paris. Elles étaient des milliers aussi au Royaume Uni. Plusieurs centaines de personnes ont aussi manifesté en Suisse.

La jeunesse à l'ONU

Cette journée doit donner à New York le coup d'envoi de deux semaines d'actions, avec notamment samedi le premier sommet de la jeunesse sur le climat organisé par l'ONU. Outre Greta Thunberg, 500 jeunes Sud-Américains, Européens, Asiatiques et Africains y sont attendus.

Et vendredi 27 septembre, pendant l'Assemblée générale de l'ONU, aura lieu une autre grève mondiale coordonnée. Le sommet spécial sur le climat lundi à l'ONU doit réunir une centaine de chefs d'Etat et de gouvernement, dont Emmanuel Macron et Angela Merkel.

Pour avoir une chance de stopper le réchauffement du globe à +1,5°C (par rapport au XIXe siècle), il faudrait que le monde soit neutre en carbone en 2050, selon le dernier consensus de scientifiques mandatés par l'ONU.

ats, afp

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