La Liberté

25.02.2020

La libre circulation est capitale pour l'économie suisse

Pour le président de l'usam, Hans-Ulrich Bigler, la libre circulation des personnes n'est pas la porte ouverte à une immigration massive et incontrôlée (archives). © KEYSTONE
Pour le président de l'usam, Hans-Ulrich Bigler, la libre circulation des personnes n'est pas la porte ouverte à une immigration massive et incontrôlée (archives). © KEYSTONE
L'initiative de l'UDC nuit aux PME, estime le patron de l'usam, Hans-Ulrich Bigler (archives). © KEYSTONE/ANTHONY ANEX
L'initiative de l'UDC nuit aux PME, estime le patron de l'usam, Hans-Ulrich Bigler (archives). © KEYSTONE/ANTHONY ANEX
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25.02.2020

La prospérité de la Suisse repose sur l'ouverture économique et la libre circulation est capitale pour l'économie. Le comité PME "NON à l'initiative de résiliation - NON à la destruction des emplois" s'oppose à l'initiative dite de limitation de l'UDC.

Ce texte nuit aux PME. L'accord de libre circulation avec l'UE permet aux entreprises helvétiques de puiser, avec souplesse et sans trop de contraintes administratives, dans un large bassin européen de travailleurs. Sa résiliation revient à rétablir le système des contingents, a averti mardi Hans-Ulrich Bigler, à la tête de l'Union suisse des arts et métiers (usam).

Une fois les contingents épuisés, les entreprises ne pourront plus engager de spécialistes étrangers lorsqu'elles en ont besoin. Les commandes prendront ainsi du retard. Mais les clients n'attendent pas; ils iront voir ailleurs. Ce serait un retour en arrière fatal pour les PME.

Et la situation s'aggravera au cours des quinze prochaines années avec le départ à la retraite des baby-boomers, a averti la vice-présidente, Daniela Schneeberger. De nombreuses personnes quitteront le marché du travail et ne seront remplacées qu'en partie par de nouveaux arrivants.

"Partout, la pénurie est criante. Rien n'indique donc que l'immigration constitue une menace pour les travailleurs indigènes", a-t-elle lancé.

Dépendant de l'étranger

Le directeur de l'usam a également rappeler que les PME étaient dépendantes de l'étranger. Un tiers d'entre elles réalisent plus de 50% de leur chiffre d'affaires hors de Suisse. L'accès au marché de l'UE revêt une importance cruciale. Sans cela, les entreprises suisses perdent une bonne partie de leur compétitivité.

Les PME sont tributaires de relations aussi peu bureaucratiques que possible. Sans les accords bilatéraux, la commercialisation des produits serait aussi plus coûteuse, la productivité baisserait et le chômage augmenterait.

La charge administrative pour les exportations vers l'UE augmenterait sans aucun doute, a aussi averti le conseiller national Fabio Regazzi (PDC/TI). La reconnaissance mutuelle des réglementations sur les produits deviendrait obsolète. Certains règlements techniques pourraient être révoqués.

Sans les accords bilatéraux, "nous serions perdants". Les charges administratives dépasseraient les capacités de nombreuses PME. Certaines feraient faillite, d'autres délocaliseraient et certaines seraient rachetées, a illustré la conseillère nationale Jacqueline de Quattro (PLR/VD).

Un an

L'initiative de l'UDC, sur laquelle le peuple se prononce le 17 mai, exige que la Suisse règle de manière autonome l'immigration. Si le texte était accepté par le peuple, les autorités auraient un an pour négocier la fin de l'accord sur la libre circulation avec Bruxelles de manière consensuelle.

De l'avis du gouvernement, un tel délai est irréaliste. Des négociations ne peuvent aboutir en si peu de temps et faute de solution, le Conseil fédéral devrait dénoncer la libre circulation dans le mois qui suit.

Mais cet accord est lié par une clause guillotine à six autres accords dans les domaines des obstacles techniques au commerce, des transports aériens et terrestres, de l'agriculture, de la recherche et des marchés publics. Sa résiliation entraînerait la fin de l'ensemble de ce paquet des Bilatérales I, entré en vigueur en 1999, et créerait un vide juridique.

ats

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