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Helsinki informe Poutine de son projet d'adhésion, une "erreur"

L'entreprise d'électricité russe a invoqué des impayés, au moment où la Finlande s'apprête à annoncer sa candidature à l'Otan. © KEYSTONE/AP/Boris Grdanoski
L'entreprise d'électricité russe a invoqué des impayés, au moment où la Finlande s'apprête à annoncer sa candidature à l'Otan. © KEYSTONE/AP/Boris Grdanoski
L'entreprise d'électricité russe a invoqué des impayés, au moment où la Finlande s'apprête à annoncer sa candidature à l'Otan. © KEYSTONE/AP/Boris Grdanoski
L'entreprise d'électricité russe a invoqué des impayés, au moment où la Finlande s'apprête à annoncer sa candidature à l'Otan. © KEYSTONE/AP/Boris Grdanoski


Publié le 14.05.2022
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Tentant "d'éviter les tensions", le président finlandais a informé samedi son homologue Vladimir Poutine de la candidature imminente de son pays à l'Otan. Le maître du Kremlin a qualifié cette bascule historique d'"erreur".

"La conversation a été directe et sans détour et s'est passée sans contrariété. Eviter les tensions a été considéré comme important", a affirmé le chef de l'Etat finlandais Sauli Niinistö, interlocuteur très régulier du président russe ces dernières années.

Selon Moscou, Vladimir Poutine lui a signifié que de voir la Finlande cesser sa longue politique de non-alignement militaire "serait une erreur, puisqu'il n'y a aucune menace à la sécurité de la Finlande".

Le président Niinistö et la Première ministre Sanna Marin ont annoncé jeudi vouloir voir la Finlande rejoindre l'Otan "sans délai", avec une officialisation de candidature attendue dimanche, puis un vote au Parlement sans doute lundi.

Plus d'électricité

Helsinki considère que l'invasion de l'Ukraine, mais aussi l'exigence de Moscou de ne plus avoir d'élargissement de l'Otan, justifient son changement de pied.

Restée elle aussi historiquement hors des alliances militaires jusqu'ici, la Suède s'apprête également à prendre la décision de rejoindre l'Otan, avec une réunion clé du parti social-démocrate au pouvoir, dimanche à Stockholm. Moscou a menacé de prendre des mesures "technico-militaires" en représailles.

Celles-ci ont-elles commencé? Comme annoncé vendredi par la filiale d'un fournisseur russe, les exportations d'électricité de la Russie vers la Finlande, qui représentent un peu moins de 10% de la consommation du pays nordique, ont été suspendues à minuit dans la nuit de vendredi à samedi.

Les exportations de la Russie vers la Finlande "sont à zéro actuellement", a confirmé à l'AFP Timo Kaukonen, un responsable du gestionnaire du réseau électrique, Fingrid. Mais la demande est pourvue via des importations significatives venues de Suède.

Selon l'entreprise RAO Nordic, filiale à Helsinki du groupe russe InterRAO, cette suspension est toutefois liée à des impayés constatés depuis une semaine, dont elle n'a pas précisé les causes exactes.

Imbroglio turc

La Finlande, qui partage une frontière de 1300 kilomètres et un passé douloureux avec la Russie, a dit s'attendre à des mesures comme des attaques informatiques ou des violations de frontières. "Nous sommes préparés à différents types d'actions (...) mais il n'y a pas d'information indiquant que la Russie initierait une action militaire contre la Finlande", a affirmé samedi la Première ministre Sanna Marin.

Outre l'hostilité russe, un autre écueil a émergé vendredi, lorsque le président turc Recep Tayyip Erdogan a affiché son hostilité à cet élargissement de l'Alliance atlantique - qui compte actuellement 30 membres dont la Turquie.

Le chef de l'Etat turc a notamment reproché aux deux pays nordiques de servir d'"auberge aux terroristes du PKK", le Parti des travailleurs du Kurdistan, considéré comme une organisation terroriste par Ankara, mais aussi par l'Union européenne et les Etats-Unis.

Invitées à une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'Otan qui a débuté à Berlin samedi, la Suède et la Finlande vont avoir des entretiens bilatéraux avec la Turquie pour tenter de surmonter cette hostilité de dernière minute.

"Confiant"

"Je suis confiant dans le fait qu'à la fin nous trouverons une solution" avec la Turquie, a déclaré le chef de la diplomatie finlandaise Pekka Haavisto à son arrivée dans la capitale allemande. L'unanimité étant exigée, Ankara se retrouve en position de bloquer le processus d'intégration, soutenu par les autres membres de l'Otan.

"La grande majorité du peuple turc est contre l'adhésion de ces pays qui soutiennent l'organisation terroriste PKK", a répété Mevlut Cavusoglu, le ministre turc des Affaires étrangères, samedi à Berlin. Mais il a laissé la porte ouverte à un compromis: "Ce sont des questions dont nous devons parler bien sûr avec nos alliés de l'Otan ainsi qu'avec les pays" concernés, a-t-il ajouté.

"La Finlande et la Suède sont nos partenaires les plus proches", a réaffirmé dans un tweet le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg. A Helsinki, le parti social-démocrate au pouvoir a donné samedi son feu vert à l'adhésion lors d'un vote des instances dirigeantes.

"Nous espérons pouvoir envoyer nos candidatures cette semaine, ensemble avec la Suède. Ils ont leur propre processus mais j'espère que nous prendrons les décisions au même moment", a affirmé la Première ministre.

ats, blg, afp

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