La Liberté

12.07.2019

La Suède refuse de signer le traité sur les armes nucléaires



12.07.2019

La Suède ne signera pas le traité de l'ONU sur l'interdiction des armes nucléaires, a déclaré vendredi la ministre suédoise des Affaires étrangères Margot Wallström. Elle invoque l'absence d'une définition claire des armes visées par le texte.

Le traité, approuvé en juillet 2017 par 122 pays, parmi lesquels la Suède, appelle à l'interdiction des "armes nucléaires ou autres dispositifs explosifs nucléaires". Plutôt que d'être signataire de ce texte, la Suède entend obtenir le statut d'observateur.

M. Wallström a indiqué vendredi que si la Suède avait approuvé le texte, elle s'était également à l'époque inquiétée de l'absence de clarté concernant les armes visées par le traité, ainsi que des liens entre ce traité et d'autres textes, tels que le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), considéré comme la pierre angulaire de l'ordre nucléaire mondial.

Le pays scandinave reste cependant attaché à un monde sans armes nucléaires. A ce jour, 70 pays ont signé ce traité, tandis que 23 l'ont ratifié ou y ont adhéré d'une autre manière. Il entrera en vigueur dès lors qu'il aura été ratifié par 50 pays.

L'accord est considéré comme largement symbolique puisqu'aucune des neuf puissances nucléaires - Etats-Unis, Russie, Chine, Inde, Pakistan, Israël, France, Royaume-Uni, Corée du Nord - ne prévoit de s'y rallier. A l'époque, Etats-Unis, France et Royaume-Uni, membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU, avaient à plusieurs reprises critiqué l'initiative.

Un récent rapport de l'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri) a montré que si le nombre d'ogives nucléaires dans le monde a encore baissé début 2019, les pays détenant l'arme atomique lui donnent en revanche une "importance accrue" et modernisent leur arsenal.

La Suisse temporise quant à elle sur le traité. Prié contre son gré par le Parlement de signer le texte, il a décidé d'approfondir sa réflexion sur le sujet et de refaire le point sur la situation d'ici à la fin 2020. Le Conseil fédéral avait considéré que le texte pourrait fragiliser le Traité de non-prolifération nucléaire.

ats, afp

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