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La ZAD du Mormont passe au tribunal

Des sympathisants ont effectué une séance d'"actigym" lors du premier procès des activistes de la Zad du Mormont lundi matin devant le Tribunal d'arrondissement de La Côte à Nyon. © KEYSTONE/LAURENT GILLIERON
Des sympathisants ont effectué une séance d'"actigym" lors du premier procès des activistes de la Zad du Mormont lundi matin devant le Tribunal d'arrondissement de La Côte à Nyon. © KEYSTONE/LAURENT GILLIERON
Deux zadistes du Mormont ont fait face à la justice lundi matin à Nyon, soutenus par plusieurs dizaines de sympathisants. © KEYSTONE/LAURENT GILLIERON
Deux zadistes du Mormont ont fait face à la justice lundi matin à Nyon, soutenus par plusieurs dizaines de sympathisants. © KEYSTONE/LAURENT GILLIERON
Alors que les zadistes encourent de la prison ferme, l'avocate d'un des militants, Saskia von Fliedner, a plaidé l'acquittement. © KEYSTONE/LAURENT GILLIERON
Alors que les zadistes encourent de la prison ferme, l'avocate d'un des militants, Saskia von Fliedner, a plaidé l'acquittement. © KEYSTONE/LAURENT GILLIERON
Pendant les audiences, un "faux procès" a été organisé devant le tribunal, avec notamment Holcim dans le rôle de l'accusé. © KEYSTONE/LAURENT GILLIERON
Pendant les audiences, un "faux procès" a été organisé devant le tribunal, avec notamment Holcim dans le rôle de l'accusé. © KEYSTONE/LAURENT GILLIERON
Environ 350 personnes ont défilé lundi soir à Nyon en soutien aux zadistes du Mormont jugés durant la semaine. © KEYSTONE/LAURENT GILLIERON
Environ 350 personnes ont défilé lundi soir à Nyon en soutien aux zadistes du Mormont jugés durant la semaine. © KEYSTONE/LAURENT GILLIERON
Deux zadistes du Mormont ont fait face à la justice lundi matin à Nyon, soutenus par plusieurs dizaines de sympathisants. © KEYSTONE/LAURENT GILLIERON
Deux zadistes du Mormont ont fait face à la justice lundi matin à Nyon, soutenus par plusieurs dizaines de sympathisants. © KEYSTONE/LAURENT GILLIERON
Alors que les zadistes encourent de la prison ferme, l'avocate d'un des militants, Saskia von Fliedner, a plaidé l'acquittement. © KEYSTONE/LAURENT GILLIERON
Alors que les zadistes encourent de la prison ferme, l'avocate d'un des militants, Saskia von Fliedner, a plaidé l'acquittement. © KEYSTONE/LAURENT GILLIERON
Pendant les audiences, un "faux procès" a été organisé devant le tribunal, avec notamment Holcim dans le rôle de l'accusé. © KEYSTONE/LAURENT GILLIERON
Pendant les audiences, un "faux procès" a été organisé devant le tribunal, avec notamment Holcim dans le rôle de l'accusé. © KEYSTONE/LAURENT GILLIERON


Publié le 17.01.2022
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Les deux premiers procès des zadistes du Mormont se sont déroulés lundi à Nyon (VD). Les activistes, qui encourent de la prison ferme, et leurs avocats ont bataillé face au Ministère public pour tenter de convaincre le Tribunal, qui rendra son verdict lundi prochain.

En clôture d'une des deux audiences, l'accusé a directement interpellé le procureur général Eric Cottier, venu soutenir l'accusation pour cette journée inaugurale. Il a dénoncé "l'acharnement" du patron du Ministère public à vouloir punir des militants qui tentent d'alerter l'opinion publique à la crise écologique.

La Zone à défendre (ZAD) du Mormont, qui s'opposait à l'extension de la carrière du cimentier Holcim, "pointait les problèmes du béton et du système capitaliste", a-t-il rappelé. "La propriété privée d'une multinationale a plus d'importance à vos yeux que les ravages écologiques", a encore lancé le zadiste à l'intention d'Eric Cottier.

Appliquer le droit

Le procureur général a affirmé qu'il n'avait rien contre les zadistes, mais que le droit devait être appliqué. Il a ainsi demandé au juge Daniel Stoll de s'en tenir "aux questions purement pénales", sans vouloir faire un procès politique. "Ce n'est pas au Tribunal de faire la balance sur ce qui devrait se faire au Mormont", a-t-il dit.

Eric Cottier a demandé l'exécution des ordonnances pénales, rédigées juste après l'évacuation de la colline du Mormont, et qui sanctionnent notamment les activistes par des peines de prison ferme (2 mois dans les affaires jugées lundi).

Il a expliqué que ces sanctions avaient été notamment dictées par le comportement des zadistes, dont la plupart ont refusé de collaborer et, dans un premier temps, de décliner leur identité. "On a le droit de se taire, mais cela n'est pas sans conséquence", a-t-il martelé.

Droits fondamentaux

De son côté, la défense a plaidé l'acquittement ou, du moins, une amende "d'un montant symbolique." L'avocate Saskia von Fliedner a critiqué "la violation crasse du droit" par le Ministère public, qui n'a pas pris en compte le retrait de la plainte d'Holcim. Selon elle, la violation de domicile ne peut ainsi pas être retenue.

Et d'autant plus que son client n'a pas occupé la maison abandonnée sur la colline du Mormont ou la carrière d'Holcim. "Il est resté passivement accroché sur une corde à l'orée de la forêt et n'a pas résisté lors de son interpellation par la police", a soutenu Saskia von Fliedner.

L'autre avocat du prévenu, Gaspard Genton, a insisté sur la protection de la liberté de réunion et d'expression. "Ce sont des droits fondamentaux. Une manifestation pacifique comme la ZAD ne doit pas être soumise à une sanction pénale, encore moins à une peine de prison. Cela serait grossièrement contraire au droit international", a-t-il affirmé.

L'avocat a aussi noté que l'occupation du Mormont avait permis de mettre la question du béton "à l'agenda politique". Il a cité divers objets parlementaires, notamment au Grand Conseil, et le récent lancement de l'initiative populaire "Sauvons le Mormont."

Manifestation

Ces deux premiers procès, dont le verdict sera connu lundi prochain à 11h00, sont suivis mardi et mercredi par cinq autres audiences. Elles sont les premières d'une longue série, sachant qu'une quarantaine d'autres zadistes seront jugés ultérieurement.

En marge de ces trois journées de procès, un collectif de soutien a organisé plusieurs actions en ville de Nyon. Une manifestation aux flambeaux a réuni environ 350 personnes lundi soir. Le cortège, précédé de la banderole "ZAD partout, justice nulle part", est parti du tribunal pour rejoindre le centre-ville.

En matinée pendant les audiences, une centaine de sympathisants ont assisté devant le tribunal à une pièce de théâtre sur un "faux procès", mettant en scène plusieurs figures de la ZAD, comme Holcim, Eric Cottier mais aussi la conseillère d'Etat Béatrice Métraux.

Ce programme alternatif, qui se poursuit jusqu'à mercredi, comprend également des discours et tables rondes. Des stands de nourriture ont aussi été montés derrière la gare.

ats

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