La Liberté

23.02.2019

Le football romand se pose des questions

Raffaele Poli, Christian Binggeli, Christian Constantin et Constantin Georges en plein débat © KEYSTONE/ANTHONY ANEX
Raffaele Poli, Christian Binggeli, Christian Constantin et Constantin Georges en plein débat © KEYSTONE/ANTHONY ANEX
Christian Binggeli, président de Neuchâtel Xamax FCS © KEYSTONE/ANTHONY ANEX
Christian Binggeli, président de Neuchâtel Xamax FCS © KEYSTONE/ANTHONY ANEX
Christian Constantin et Constantin Georges © KEYSTONE/ANTHONY ANEX
Christian Constantin et Constantin Georges © KEYSTONE/ANTHONY ANEX


23.02.2019

Le football romand a le blues. Le dernier titre obtenu par un club francophone remonte à 1999. Est-il possible que cela change? Une table ronde a tenté de faire le point jeudi soir à Neuchâtel.

A l'invitation du Centre International d'Etude du Sport (CIES) et d'Arcinfo, quatre acteurs et connaisseurs du football romand ont livré leur analyse de la situation et nourri le débat. Christian Constantin (président du FC Sion), Christian Binggeli (président de Neuchâtel Xamax FCS), Constantin Georges (directeur général de Servette) et Raffaele Poli (directeur de l'observatoire du football au CIES) ont ainsi tenté de proposer des pistes de réflexion devant quelque 250 spectateurs.

Depuis le sacre du Servette en 1999, un seul club romand est parvenu à finir sur le podium du championnat, à savoir Sion, 3e en 2006. Les titres depuis l'an 2000 sont revenus au FC Bâle (12), au FC Zurich (3), à Grasshopper (2), à Saint-Gall (1) et aux Young Boys (1), qui devraient en toute logique récidiver ce printemps.

Désaffection du public

"Il n'y a pas de miracle, les trophées vont aux régions économiquement fortes", a expliqué Christian Constantin. "Et avec nos 22 millions de bugdet, nous sommes des pauvres", a-t-il poursuivi. "Si tu es pauvre, nous on est au social", a rétorqué son homologue de Xamax, Christian Binggeli, dont le club a péniblement rassemblé une enveloppe budgétaire de 8 millions. "Les résultats sont liés à l'argent, on le constate au quotidien", a-t-il affirmé.

Raffaele Poli a remarqué que l'identification des supporters et de la population locale était plus forte en Suisse alémanique, surtout à Bâle, Saint-Gall et Lucerne. "Les clubs représentent quelque chose de plus important pour les gens qu'en Suisse romande. Nous avons de ce côté de la Sarine énormément souffert des différentes faillites de nos clubs, qui ont entraîné une certaine désaffection du public."

Les intervenants ont également pointé du doigt un changement de mentalité parmi la population. "A Genève, avec notre bassin de population, on devrait avoir une moyenne de 30'000 personnes au stade. Or, il n'y a presque personne. Mais les offres en matière de loisirs et de distraction sont tellement plus nombreuses qu'il y a vingt ans. Cela vaut d'ailleurs aussi pour Zurich", a expliqué Constantin Georges.

Former puis transférer

"Les gens changent. Maintenant, les jeunes partent en week-end avec easyJet à Berlin ou ailleurs. On doit essayer de s'adapter à cette nouvelle donne", a ajouté Christian Constantin. Christian Binggeli a pour sa part évoqué "une saturation de football à la TV", susceptible de retenir le public de se rendre au stade.

La question des droits télévisés a aussi été abordée. "On ne peut pas régater avec les grands championnats dans ce domaine. La Suisse a un rôle de tremplin. Les clubs doivent former des joueurs puis les transférer, c'est le seul modèle économique viable. Dès qu'un jeune perce et a du talent, il part, c'est impossible de le retenir", dixit Raffaele Poli.

"Le dernier en 2e division allemande touche 10 millions de droits TV", a glissé Christian Constantin. Les clubs suisses ne peuvent que rêver face à de tels chiffres...

Cette table ronde n'a pas permis de dégager des recettes miraculeuses pour que le football romand retrouve ses lettres de noblesse. On peut d'ailleurs douter de leur existence. Il n'était cependant pas inutile de faire le point de la situation.

ats

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