La Liberté

13.12.2019

Le gouvernement ne veut pas interdire l'expérimentation animale

Le Conseil fédéral s'oppose à l'initiative contre l'expérimentation animale (archives). © KEYSTONE/GAETAN BALLY
Le Conseil fédéral s'oppose à l'initiative contre l'expérimentation animale (archives). © KEYSTONE/GAETAN BALLY


13.12.2019

L'initiative contre l'expérimentation animale va trop loin, aux yeux du Conseil fédéral. Elle aurait des répercussions négatives sur la santé, la recherche et l'économie. Le gouvernement propose au Parlement de rejeter ce texte sans contre-projet.

Lancée par des citoyens saint-gallois en 2017, l'initiative veut interdire l'expérimentation animale et la recherche sur l'être humain. A la place, les initiants appellent à développer des méthodes alternatives plus éthiques et moins coûteuses. Le texte veut également interdire l'importation de tous produits, dont le développement a impliqué des expériences sur des animaux.

Protection suffisante

S'il partage l'objectif du comité d'initiative de réduire les souffrances animales, le Conseil fédéral estime cependant que l'initiative va trop loin. Le droit en vigueur est assez sévère pour protéger l'être humain et l'animal dans la recherche, juge-t-il dans un communiqué.

Actuellement, la recherche sur l'homme et l'animal n'est admise que s'il n'existe aucune alternative, comme des simulations sur ordinateur ou des modèles de cellules. De plus, la Confédération encourage depuis longtemps les alternatives.

En 2018, elle a collaboré avec les hautes écoles et l'industrie pharmaceutique pour créer un centre de compétences, visant à renforcer les principes 3R (Replace, Reduce, Refine). Ceux-ci ont pour objectif de promouvoir les méthodes de substitution à l’expérimentation animale, de réduire le nombre d’expériences sur les animaux et de limiter les contraintes qui leur sont imposées.

Encore indispensable

L’expérimentation animale est par ailleurs encore indispensable, affirme encore le Conseil fédéral. Et ce que ce soit pour faire de la recherche fondamentale, tester les produits chimiques et pharmaceutiques destinés à améliorer la santé de l’homme et de l’animal ou mener des études pour la protection de l’environnement.

L'interdiction d'importation des initiants rendrait en outre très précaire l'approvisionnement en médicaments, produits phytosanitaires ou chimiques et compléments alimentaires. Les Suisses ne pourraient plus non plus profiter des avancées scientifiques réalisées à l'étranger.

Dernier point: l'interdiction d'importation est incompatible avec les engagements et traités internationaux que la Suisse a entre autres avec l'Union européenne. L'initiative serait très difficile à mettre en oeuvre et nécessiterait la mise en place de contrôles complexes et coûteux du mode de production des produits importés, conclut le gouvernement.

ats

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