La Liberté

12.12.2018

Le Grand Conseil fribourgeois vote un crédit pour 2019-2022

Le Groupe E est l'un des actionnaires de la société Capital Risque Fribourg (archives). © KEYSTONE/THOMAS DELLEY
Le Groupe E est l'un des actionnaires de la société Capital Risque Fribourg (archives). © KEYSTONE/THOMAS DELLEY


12.12.2018

Le Grand Conseil fribourgeois a donné unanimement son aval mercredi à un crédit total d'un peu plus de 5,1 millions de francs pour soutenir les entreprises en création pour la période 2019-2022. L'occasion d'aborder la problématique des jeunes pousses (start-up).

Le décret a recueilli l'unanimité des députés présents, avec une discussion qui a duré près de 90 minutes. Le financement du soutien aux entreprises en création est prévu dans la loi sur la promotion économique, un texte révisé en mai. Le mot innovation était sur toutes les lèvres des députés qui sont intervenus lors du débat.

Le rapporteur de la commission ad hoc Thomas Rauber (PDC) a décrit les instruments, la Fondation Seed Capital Fribourg (SCF) et Capital Risque Fribourg (CRF), comme indispensables. La première propose des prêts d’amorçage pour le développement de prototypes et d'études de marché ainsi que l’établissement de plans d’affaires (business plan).

100'000 francs manquent

Les besoins annuels pour financer les "prêts d'amorçage" sont estimés à 600'000 francs. Il est prévu d'allouer ce montant pour trois ans et de le limiter à 500'000 francs en 2019. Thomas Rauber, à l'instar d'Eric Collomb (PDC), a regretté l'absence de 100'000 francs pour l'an prochain, montant intégré au budget en octobre déjà.

Eric Collomb a déposé un amendement pour inscrire ces 100'000 francs supplémentaires, amendement refusé par 54 voix contre 47, aucune abstention. La députée socialiste Solange Berset, opposée comme l'ensemble de son parti, a déploré que l'on puisse envisager la chose, alors que "bien des besoins existent dans d'autres domaines".

Ce point a constitué la seule pierre d'achoppement du débat, des députés déplorant que le canton se montre trop frileux, comme le PLR Romain Collaud. Ce dernier a souhaité dans la foulée que les sommes allouées soient doublées pour la période suivante, ajoutant que ces instruments étaient des investissements et non des charges.

Maintenir la dynamique

Le conseiller d'Etat Olivier Curty (UDC), en charge de l'économie, a souligné la nécessité de pérenniser les mécanismes et d'entretenir la dynamique qui crée des emplois directs et indirects ainsi que des recettes fiscales à terme. Selon lui, il y a lieu de rechercher davantage de cohérence entre les deux instruments.

Les prêts d'amorçage viennent soutenir la phase la plus risquée de la création d'entreprises, celle où il est difficile de trouver un financement. Les moyens alloués en 2010 ont été épuisés en 2015. Le Conseil d'Etat a autorisé une rallonge par deux fois 350'000 francs pour 2017 et 2018, prélevée sur le budget de la promotion économique.

La carence passagère de près de deux ans a entraîné la perte de 10 des 12 projets annoncés. Aux 2,3 millions pour quatre ans doivent venir s'ajouter une somme d'un peu plus de 2,8 millions de francs. Celle-ci, non contestée, consiste en la participation de l'Etat de Fribourg dans l'augmentation de capital prévue pour la société CRF.

Deuxième phase

L'entité a été créée en 1998 pour prendre des parts dans de jeunes entreprises du canton. Le soutien apporté ici aux start-up constitue l'étape qui suit la création d'une entreprise, une fois que cette dernière dispose de la personnalité juridique, d'une direction ad hoc et d'un plan d'affaires.

CRF compte comme actionnaire principal l'Etat de Fribourg, qui en détiendra 47% (contre 45% pour l'heure) une fois l'opération de recapitalisation sous toit. Les autres actionnaires sont la Banque cantonale de Fribourg, le Groupe E (énergie) et la Caisse de pension du personnel de l'Etat de Fribourg (CPPEF).

L'augmentation de capital porte sur un peu plus de 5,6 millions de francs pour porter le montant total à 12 millions, non sans l'avoir auparavant réduit d'un peu plus de 1,1 million pour assainir les pertes reportées. La CPPEF n'y prendra pas part en raison de sa stratégie d'investissement.

La part de l'Etat figure dans le budget 2019, adopté par le législatif il y a un mois. Le montant d'un peu plus de 5,1 millions de francs pour la période 2019-2022 constitue un plafond. Si les besoins devaient se révéler moins importants, le Conseil d'Etat veut prolonger d'un an la période d'utilisation du crédit d'engagement.

ats

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