La Liberté

03.12.2021

Le pape préside une prière oecuménique avec des migrants à Chypre

Le pape François a célébré une messe devant des milliers de fidèles et fort d'un important dispositif de sécurité. © KEYSTONE/AP/Alessandra Tarantino
Le pape François a célébré une messe devant des milliers de fidèles et fort d'un important dispositif de sécurité. © KEYSTONE/AP/Alessandra Tarantino
Le pape François a célébré une messe devant des milliers de fidèles et fort d'un important dispositif de sécurité. © KEYSTONE/AP/Alessandra Tarantino
Le pape François a célébré une messe devant des milliers de fidèles et fort d'un important dispositif de sécurité. © KEYSTONE/AP/Alessandra Tarantino
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03.12.2021

Le pape François a présidé une prière oecuménique vendredi avec des migrants dans une église de Nicosie, dénonçant les "préjugés" contre eux, après une grande messe célébrée dans le stade de la capitale chypriote devant des milliers de personnes.

"Votre présence, frères et soeurs migrants, est très significative pour cette célébration", a dit le pape de 84 ans dans l'église de la Sainte-Croix, au deuxième jour de sa visite dans l'île méditerranéenne divisée.

Des dizaines de personnes, dont une majorité d'étrangers, se sont pressées devant l'église de la Sainte-Croix à Nicosie, située à quelques mètres de la zone tampon administrée par l'ONU.

Jeudi, le président chypriote Nicos Anastasiades avait indiqué que le pape allait transférer de Chypre en Italie 50 migrants - une annonce non confirmée par le Vatican -, et certains avaient l'espoir de pouvoir faire partie du groupe.

Bassel Ismail, un réfugié syrien d'une vingtaine d'années, à Chypre depuis environ sept mois attendait avec sa femme et son bébé. "Nous sommes venus voir le pape et peut-être il nous amènera avec lui au Vatican (...) On veut rejoindre mon frère" de 12 ans en Italie, a-t-il dit.

"Bénédiction"

Plus tôt, dans le stade de Nicosie où étaient rassemblées quelque 7000 personnes selon les organisateurs, le pape a appelé à renouveler la "fraternité" face "à nos propres obscurités et aux défis auxquels nous sommes confrontés dans l'Eglise et dans la société".

"Si nous ne nous rassemblons pas, nous ne dialoguons pas (...) nous ne pourrons pas guérir pleinement de nos aveuglements", a-t-il lancé, en présence du président chypriote Nicos Anastasiades et d'un important dispositif de sécurité.

Appelés à rester "toujours unis", les fidèles ont écouté le pape en agitant des drapeaux libanais, argentins ou encore philippins.

La paix par le dialogue

Parmi les fidèles, des membres de la communauté catholique latine de Chypre, composée d'environ 25'000 membres, aujourd'hui majoritairement des travailleurs immigrés asiatiques et des réfugiés africains. Dans le stade, Janine Daou, 39 ans, a fait le voyage depuis le Liban "malgré les difficultés économiques", afin de "demander de l'aide" au pape pour son pays.

Ce voyage est aussi marqué par le dialogue avec les orthodoxes, séparés de l'Eglise catholique depuis le schisme de 1054 entre Rome et Constantinople. Vendredi matin, le saint-père a été reçu par l'archevêque Chrysostome II, primat de l'Eglise locale.

"J'espère sincèrement que nous aurons davantage d'occasions de nous rencontrer, de mieux nous connaître, de briser de nombreux préjugés", a-t-il déclaré.

Jeudi, le pontife argentin avait lancé un vibrant appel à l'"unité", déplorant la "terrible lacération" de l'île divisée depuis l'invasion turque de 1974.

"Le chemin de la paix, qui guérit les conflits (...), est balisé par un mot: dialogue", a déclaré le pape, alors que les pourparlers avec l'autoproclamée République turque de Chypre Nord (RTCN, reconnue uniquement par Ankara) pour la réunification de l'île sont au point mort depuis 2017.

Prière oecuménique

Aux portes d'une région minée par les conflits et la crise migratoire, le pape a de nouveau mis en garde le continent européen contre "les murs de la peur" et les "intérêts nationalistes". Il a appelé vendredi à "ouvrir les yeux" devant l'"esclavage" et la "torture", que subissent les migrants dans les camps, dressant un parallèle avec la Seconde Guerre mondiale.

"Cela nous rappelle l'histoire du siècle dernier, des nazis, de Staline, et on se demande comment cela a pu se passer. Mais ce qui s'est passé autrefois est en train d'arriver aujourd'hui sur les côtes voisines (...) Il y a des lieux de torture, des gens qui sont vendus. Je le dis car c'est ma responsabilité d'ouvrir les yeux", a déclaré le pape dans une longue improvisation au cours d'une prière oecuménique avec des migrants dans la capitale chypriote.

35e voyage

Après la venue de Benoît XVI en 2010, il s'agit de la deuxième visite d'un pape sur l'île méditerranéenne, dans laquelle François voit "un véritable point de rencontre entre différentes ethnies et cultures".

A travers ce voyage - son 35e à l'étranger depuis son élection en 2013 - le souverain pontife entend braquer à nouveau les regards sur la question migratoire, enjeu majeur à Chypre et dans la région, sur fond de tensions au sein de l'Union européenne.

La République de Chypre dit enregistrer le plus grand nombre de primo-demandeurs d'asile en Europe et affirme que quelque 10'000 migrants en situation irrégulière sont arrivés au cours des dix premiers mois de l'année, la plupart depuis le nord de l'île.

ats, afp

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