La Liberté

14.02.2020

Le président allemand s'en prend aux Etats-Unis de Donald Trump

Le président allemand a dénoncé la politique du "Great again" voulue par Donald Trump (archives). © KEYSTONE/EPA/MICHAEL REYNOLDS
Le président allemand a dénoncé la politique du "Great again" voulue par Donald Trump (archives). © KEYSTONE/EPA/MICHAEL REYNOLDS
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14.02.2020

Le président allemand Frank-Walter Steinmeier a critiqué vendredi l'égoïsme national propagé selon lui par l'actuelle administration américaine. Cette attitude contribue selon lui à la compétition relancée entre grandes puissances et rend le monde moins sûr.

"Notre principal allié, les Etats-Unis, refusent sous l'administration actuelle l'idée même d'une communauté internationale", a dénoncé M. Steinmeier dans un discours prononcé en ouverture de la Conférence sur la sécurité de Munich, grand rendez-vous international annuel sur les questions de défense.

"Les pays sont invités à placer leurs propres intérêts au-dessus de ceux de tous les autres, 'Great again' même aux dépens des voisins et des partenaires", a-t-il raillé à propos du slogan du président américain Donald Trump "Make America Great Again" (Rendre sa grandeur à l'Amérique).

Dynamique "destructrice"

"Nous sommes témoins aujourd'hui d'une dynamique toujours plus destructrice de la politique mondiale", a estimé le président allemand, qui n'a pas de pouvoir exécutif, mais dont la voix est écoutée car il incarne la conscience morale de l'Allemagne.

"Année après année, nous nous éloignons de l'objectif d'une coopération internationale visant à créer un monde pacifique. L'idée d'une compétition des grandes puissances (...) imprègne la réalité sur toute la planète", a-t-il regretté.

L'Allemagne, qui compte depuis la fin de la Deuxième guerre mondiale surtout sur le parapluie militaire américain pour sa défense, est préoccupée et largement tétanisée par le repli américain accéléré depuis l'arrivée au pouvoir de Donald Trump.

Le président américain n'a cessé en outre d'accuser la première économie européenne de ne pas assez dépenser dans le secteur militaires malgré de confortables excédents budgétaires, et de se comporter en "parasite" de l'armée américaine.

Forte participation

Les Etats-Unis seront largement représentés à Munich par le secrétaire d'Etat Mike Pompeo, flanqué de ses collègues de la Défense et de l'Energie, Mark Esper et Dan Brouillette. La présidente de la Chambre des représentants Nancy Pelosi et le sénateur Mitt Romney, seul sénateur républicain à avoir voté pour la destitution de M. Trump, seront aussi présents.

Les ministres des Affaires étrangères chinois Wang Yi, russe Sergueï Lavrov et iranien Mohammad Zavad Zarif feront aussi le voyage. Le vice-ministre nord-coréen des Affaires étrangères, Kim Son Gyong, a par contre annulé sa participation.

Au total, une quarantaine de chefs d'Etat ou de gouvernement et une centaine de ministres sont attendus à Munich jusqu'à dimanche pour le "Davos de la sécurité". Parmi eux, le président français Emmanuel Macron, qui assistera pour la première fois à cette conférence.

Avec Viola Amherd

La Suisse est quant à elle représentée par la conseillère fédérale Viola Amherd. La ministre de la défense doit s'entretenir avec plusieurs de ses homologues étrangers, notamment avec ses homologues autrichien, estonien, finlandais, italien et ukrainien.

Ces rencontres porteront tant sur des questions de coopération bilatérale que sur la situation sécuritaire actuelle, indique vendredi le Département fédéral de la défense (DDPS).

ats, afp

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