La Liberté

02.01.2019

Le stand-up paddle dérange les oiseaux à grande distance

Les paddlers sont visibles loin à la ronde, et les oiseaux peinent à s'habituer à leurs mouvements imprévisibles, selon les ornithologues (archives). © KEYSTONE/PETER KLAUNZER
Les paddlers sont visibles loin à la ronde, et les oiseaux peinent à s'habituer à leurs mouvements imprévisibles, selon les ornithologues (archives). © KEYSTONE/PETER KLAUNZER


02.01.2019

Le stand-up paddle dérange les oiseaux à grande distance. Seuls les bateaux à moteur font pire, selon une recherche effectuée en Allemagne. Un rapport de la Station ornithologique suisse à Sempach (LU) arrive aux mêmes conclusions.

Comparativement à d'autres activités nautiques comme le bateau à rames ou à voile, le paddle, ou planche à rame, a un potentiel de dérangement supérieur sur les oiseaux d'eau, indique un travail de master réalisé en Allemagne par Matthias Bull. Il cite par exemple un cas sur le Lac de Constance où des oiseaux ont été effrayés par un seul paddler à 1,5 kilomètre de distance.

Un rapport de la station de Sempach va dans le même sens: un seul sportif sur sa planche peut faire peur à des milliers d'oiseaux à plus d'un kilomètre. Des réactions en chaîne peuvent s'ensuivre, les espèces d'oiseaux sensibles déclenchant la fuite d'autres espèces moins sensibles.

Il y a une différence par rapport à un bateau où les occupants sont assis. "Le problème est qu'avec le paddle, la silhouette de l'être humain est visible loin à la ronde", a expliqué à Keystone-ATS Livio Rey, porte-parole de la Station ornithologique suisse. La distance à partir de laquelle les oiseaux prennent la fuite est donc plus grande.

Ce sport étant à la mode et de plus en plus pratiqué toute l'année, la problématique s'aggrave, notamment lorsque des oiseaux sont dérangés en hiver, alors qu'ils ne devraient pas gaspiller de l'énergie, souligne le spécialiste.

Et lorsqu'ils sont effrayés de manière réitérée, il arrive qu'ils évitent ensuite le secteur, avec les conséquences que l'on peut imaginer pour certaines espèces sensibles dont l'espace vital est déjà restreint.

Les oiseaux ne s'habituent pas

Selon M. Rey, les oiseaux s'habituent plutôt bien aux bateaux de ligne ayant des parcours fixes. Ce n'est pas le cas en revanche pour les mouvements imprévisibles des paddlers. La Station ornithologique suisse plaide donc pour une interdiction sur les sites d'importance pour les oiseaux d'eau, avec une zone tampon de plus d'un kilomètre autour.

Il y a suffisamment d'endroits où le paddle ne pose pas de problème, ajoute Livio Rey. Le problème est l'information des adeptes. Contrairement aux randonneurs en montagne qui disposent de panneaux informatifs sur les comportements à adopter, rien de tel n'existe pour le paddle.

La Station ornithologique entend par conséquent prendre contact avec les autorités et organisations concernées afin de déterminer la meilleure manière d'améliorer la sensibilisation des usagers.

ats

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