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Les femmes dans la rue, le candidat anti-avortement dans le viseur

Les manifestantes craignent un recul sur le droit à l'avortement si l'ultra-libéral Javier Milei l'emporte en octobre. © KEYSTONE/EPA/ENRIQUE GARCIA MEDINA
Les manifestantes craignent un recul sur le droit à l'avortement si l'ultra-libéral Javier Milei l'emporte en octobre. © KEYSTONE/EPA/ENRIQUE GARCIA MEDINA


Publié le 29.09.2023


Plusieurs milliers d'Argentines ont manifesté jeudi pour défendre le droit à l'avortement. Ce droit, légal dans le pays depuis trois ans, est "en danger" en cas de victoire du candidat anti-avortement à la présidentielle d'octobre, Javier Milei, estiment-elles.

La manifestation aux dominantes de vert, couleur devenue symbole de la lutte pour l'avortement, a parcouru le centre de Buenos Aires de la place de Mai, siège de la présidence, jusqu'au Parlement, pour marquer la Journée mondiale pour le droit à l'avortement.

"On se rassemble pour défendre les droits des femmes, parce qu'on craint un recul, selon le résultat des élections", a déclaré Martha Gazzano, une psychologue de 47 ans, marchant aux côtés de sa fille de 15 ans. Javier Milei, un économiste ultra-libéral et libertaire de 52 ans, a secoué la politique argentine en arrivant mi-août en tête de la primaire présidentielle, sorte de "répétition générale" du scrutin du 22 octobre.

A ce jour, il est en tête des intentions de vote et disputerait un second tour face à Sergio Massa, ministre de l'Economie et candidat de la coalition gouvernementale (centre-gauche). Javier Milei a exprimé à plusieurs reprises son opposition à l'avortement, qu'il qualifie d'"assassinat aggravé par ascendant". "Evidemment la femme a les droits sur son corps, mais l'enfant n'est pas son corps", estime-t-il.

"Sortez les chapelets de nos ovaires"

Toutefois, il a indiqué qu'il s'en remettrait à un référendum s'il était élu président. L'Argentine a légalisé en janvier 2021 l'avortement jusqu'à la 14ème semaine. En Amérique latine, l'IVG étaient seulement autorisé à Cuba et en Uruguay, pays pionniers, et plus récemment en Colombie et au Mexique.

Au Brésil, pays de 203 millions habitants, la Cour suprême a commencé à examiner un recours réclamant la dépénalisation de l'avortement jusqu'à la douzième semaine de grossesse, l'IVG n'étant autorisé que dans de rares exceptions dans ce pays très religieux, avec notamment un essor des églises évangéliques.

Des rassemblements pour le droit à l'IVG se sont tenus aussi au Chili, où il n'est toléré qu'en cas de viol ou de danger pour la vie de la mère, ou encore au Venezuela. A Caracas, une centaine d'activistes se sont rassemblés autour du Parlement brandissant des banderoles multicolores aux messages tels que : "Sortez les chapelets de nos ovaires, dépénalisez l'avortement maintenant !" ou "Ce sont des filles, pas des mères".

"Graves séquelles"

"Je reçois des patientes qui interrompent leur grossesse dans des conditions dangereuses et beaucoup finissent par avoir des graves séquelles", a témoigné auprès de l'AFP Pedro Gutiérrez, gynécologue-obstétricien de 54 ans. "Les femmes, en particulier les plus pauvres, sont les plus touchées par la criminalisation de l'avortement (...) elles sont obligées d'avorter dans des conditions dangereuses et malsaines", a ajouté Claudia Rodriguez, 53 ans, du collectif des mères en lutte.

A Lima, un demi-millier de femmes portant des foulards verts ont défilé jusqu'au palais de justice. "Au Pérou, l'avortement, même en cas de viol, est criminalisé. En d'autres termes, les femmes et les jeunes filles sont contraintes de poursuivre des grossesses qui sont le résultat d'un crime odieux", a dénoncé Liz Meléndez, directrice de l'organisation féministe Flora Tristan.

ats, afp

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