La Liberté

16.02.2019

Baisse de mobilisation pour l'acte 14 des «gilets jaunes»

Entre le gouvernement français occupé à faire la promotion de son grand débat et les "gilets jaunes" qui dénoncent une consultation de façade, le dialogue de sourds se poursuit. © KEYSTONE/EPA/CHRISTOPHE PETIT TESSON
Entre le gouvernement français occupé à faire la promotion de son grand débat et les "gilets jaunes" qui dénoncent une consultation de façade, le dialogue de sourds se poursuit. © KEYSTONE/EPA/CHRISTOPHE PETIT TESSON
Manifestants marchant vers les Invalides à Paris © KEYSTONE/EPA/JULIEN DE ROSA
Manifestants marchant vers les Invalides à Paris © KEYSTONE/EPA/JULIEN DE ROSA


16.02.2019

Trois mois de manifestations, un début de lassitude dans l'opinion et une mobilisation en recul selon les autorités: les "gilets jaunes" ont défilé samedi dans plusieurs villes de France pour l'acte 14 et continué de défier le gouvernement.

A Paris, traditionnelle place forte de la contestation, plusieurs milliers de personnes ont rejoint l'esplanade des Invalides dans l'après-midi après avoir marché dans un calme relatif depuis les Champs-Elysées, a constaté une journaliste de l'AFP.

A 14h00, le ministère de l'Intérieur dénombrait 10'200 manifestants en France dont 3000 à Paris. Des chiffres en recul par rapport à la semaine précédente, où 12'100 manifestants avaient été recensés par le ministère dont 4000 à Paris.

Les chiffres de mobilisation sont régulièrement contestés par les "gilets jaunes". "On est 15'000, ça veut dire que le mouvement redouble", a affirmé Jérôme Rodrigues, présent dans le cortège et devenu un symbole des violences policières depuis qu'il a perdu un oeil fin janvier.

Pas d'incident majeur

Malgré quelques brefs épisodes de tensions, le cortège parti de la Place de l'Etoile vers 11h00 a marché dans la capitale sans incident majeur, aux cris de "Tout le monde déteste la police" ou "Castaner nique ta mère".

"On a fait presque toutes les manifs. On voit bien que le service public se casse la gueule", explique Marion, infirmière à La Courneuve (Seine-Saint-Denis), qui qualifie de "poudre aux yeux" le grand débat lancé par Emmanuel Macron.

A Bordeaux, le cortège, parti des bords de la Garonne, rassemblait également plusieurs milliers de personnes, confortant la capitale de Nouvelle-Aquitaine comme l'un des bastions du mouvement.

"Beaucoup de gens ont peur"

"Beaucoup de gens ne viennent pas ou plus parce qu'ils voient les images, ils ont peur. J'ai plein d'amis qui préfèrent rester chez eux, mais continuent toujours de soutenir le mouvement", affirme Virginie, 42 ans, conseillère dans la grande distribution.

Première fois pour Nicole 66 ans, venue de Saint-Genès-de-Fronsac (Gironde). Malgré la "peur de la foule, d'être blessée", elle tient à manifester parce que "s'en prendre aux petites retraités, c'est terrible".

"Ca n'a pas commencé sous Macron, mais avant, sous Sarkozy, Hollande. Moi en cinq ans, ma retraite elle a progressivement perdu 150 euros", dit-elle.

Ailleurs en France

Au moins 2000 manifestants s'étaient rassemblés à Pontivy (Morbihan), le point de ralliement de la région Bretagne. Plusieurs milliers de "gilets jaunes" manifestaient également à Toulouse, autre bastion du mouvement, derrière une banderole clamant leur détermination: "Seule la mort nous arrêtera".

La manifestation nantaise, à laquelle ont pris part 1600 manifestants selon une source policière, a été émaillée d'incidents avec des jets de peinture, de pavés, de bouteilles en verre et de fusées, tags sur la préfecture, selon celle-ci.

Tandis qu'à Lyon, plusieurs milliers de manifestants s'étaient rassemblés dans le centre, des "gilets jaunes" tentaient de bloquer le trafic sur l'autoroute A7 à la sortie sud de la ville, provoquant des difficultés de circulation.

Pour les trois mois de leur mouvement, les "gilets jaunes" ont également réinvesti les ronds-points en Meurthe-et-Moselle, notamment à Pont-à-Mousson ou Essey-lès-Nancy.

Le soutien populaire s'effrite

"Les démonstrations de violence (lors des manifestations) doivent cesser", avait exhorté mercredi le chef de l'Etat Emmanuel Macron, dont les cortèges réclament régulièrement la démission.

Lancée le 17 novembre, cette contestation inédite pour le pouvoir d'achat voit le large soutien populaire dont elle bénéficiait s'effriter : pour la première fois, une majorité de Français (56%) souhaitent que la mobilisation s'arrête, selon un sondage Elabe diffusé mercredi.

Entre le gouvernement occupé à promouvoir son grand débat pour tenter de sortir de la crise et les manifestants qui dénoncent une consultation de façade, le dialogue de sourds se poursuit.

ats, afp

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