La Liberté

19.02.2019

Les militaires en alerte aux frontières pour bloquer l'aide

L'aide humanitaire, ici l'américaine USAID, à destination du Venezuela est bloquée à la frontière colombienne. © KEYSTONE/AP/FERNANDO VERGARA
L'aide humanitaire, ici l'américaine USAID, à destination du Venezuela est bloquée à la frontière colombienne. © KEYSTONE/AP/FERNANDO VERGARA


19.02.2019

L'armée vénézuélienne s'est dite mardi en alerte face à toute violation des frontières du Venezuela pour l'entrée de l'aide humanitaire stockée aux portes du pays, rejetant les appels à désavouer le président Maduro lancés par Donald Trump et l'opposant Juan Guaido.

Entouré du haut-commandement militaire, le ministre de la Défense, Vladimir Padrino, a réaffirmé la "loyauté sans faille" de l'armée envers le chef de l'Etat vénézuélien et tourné le dos à l'offre d'"amnistie" promise à nouveau lundi soir par le chef du Parlement.

Reconnu président par intérim par une cinquantaine de pays, Juan Guaido a envoyé mardi un message sur Twitter à chacun des chefs militaires des postes-frontière: "Le 23 février, vous devez choisir entre servir Maduro et servir la Patrie", leur a-t-il écrit.

Il a également demandé à ses partisans d'écrire à chaque soldat "en argumentant, sans violence, sans insulte" pour expliquer les "raisons pour lesquelles ils doivent se ranger derrière les millions (de Vénézuéliens) qui demandent l'entrée de l'aide".

"Tissu de mensonges"

Le ministre de la Défense a assuré que les militaires ne céderaient pas au "chantage" et a qualifié de "tissu de mensonges" la présentation par Donald Trump et Juan Guaido de "cette prétendue aide humanitaire" comme une confrontation entre l'armée et les Vénézuéliens.

"L'armée restera déployée et en alerte le long des frontières, comme l'a ordonné notre commandant en chef (Nicolas Maduro) pour empêcher toute violation de l'intégrité du territoire", a-t-il averti.

Plusieurs dizaines de tonnes de vivres et de médicaments envoyées par les Etats-Unis sont stockées dans la ville colombienne de Cucuta, près du pont frontalier de Tienditas, barré par les autorités vénézuéliennes. Un deuxième centre de stockage doit entrer en service dans le nord du Brésil, et un avion en provenance de Miami avec de l'aide américaine est attendu mardi sur l'île néerlandaise de Curaçao.

Fraternité

L'arrivée de l'aide est une question sensible dans le pays, en proie à des pénuries de nourriture et de médicaments, et une hyperinflation record, qui ont poussé à l'exil plus de deux millions de Vénézuéliens depuis 2015, selon l'ONU.

Juan Guaido a appelé à de nouvelles manifestations samedi pour exiger l'entrée de l'aide humanitaire, catégoriquement refusée par Nicolas Maduro qui y voit les prémices d'une intervention militaire américaine. Ce dernier rejette la responsabilité des pénuries sur les sanctions américaines.

Tout en disant préférer "une transition pacifique", Donald Trump a répété lundi que "toutes les options" étaient sur la table, y compris armée, et menacé les chefs militaires vénézuéliens qui soutiennent Maduro. "Vous perdrez tout", a-t-il prévenu.

Forcer le blocus

Selon l'opposition, des bénévoles, parmi les 700'000 volontaires qui se sont inscrits, se rendront en bus aux frontières du pays pour aller chercher l'aide. Pour autant, rien n'a été divulgué sur la tactique qu'elle compte mettre en oeuvre pour forcer le blocus militaire.

Cette aide, au menu mardi d'une session du Parlement, où l'opposition est majoritaire, est également au centre de l'échiquier diplomatique.

Après une rencontre avec Juan Guaido mardi, les ambassadeurs de France, du Royaume-Uni, d'Italie, d'Espagne et d'Allemagne, ont annoncé 18 millions dollars d'aide, outre l'envoi par la France de 70 tonnes de médicaments et de vivres.

"La France est à la hauteur de ce défi et de cette fraternité envers le peuple du Venezuela", a déclaré Romain Nadal, l'ambassadeur de France, qui a promis plus d'aide dans le cadre de l'Union européenne (UE) et sur le plan bilatéral.

Nicolas Maduro a lui annoncé l'acheminement mercredi de 300 tonnes de médicaments achetés à la Russie, alliée de Caracas, qui s'ajouteront aux 933 tonnes achetées à la Chine, la Russie et Cuba, arrivées selon lui la semaine dernière dans le pays.

Juan Guaido a choisi la date symbolique du 23 février pour l'entrée de l'aide, un mois tout juste après son autodéclaration comme président par intérim, à la suite de la décision du Parlement de déclarer Nicolas Maduro comme "usurpateur" considérant qu'il a été réélu frauduleusement.

Vendredi, un concert avec des artistes internationaux aura lieu à Cucuta, organisé par le milliardaire britannique Richard Branson afin de recueillir des dons. Un autre concert, organisé par le pouvoir chaviste, aura lieu au même moment, du côté vénézuélien.

ats, afp

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