La Liberté

23.02.2021

Les plateformes numériques de travail multipliées par 5 en 10 ans

L'OIT veut une action internationale pour protéger davantage les travailleurs des plateformes numériques (archives). © KEYSTONE/GAETAN BALLY
L'OIT veut une action internationale pour protéger davantage les travailleurs des plateformes numériques (archives). © KEYSTONE/GAETAN BALLY
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23.02.2021

Les plateformes numériques de travail ont été multipliées par cinq en dix ans, selon l'Organisation internationale du travail (OIT). Celle-ci a appelé mardi à Genève à une concertation politique internationale sur leur réglementation.

Il faut d'urgence se confronter à cette situation, a dit à la presse le directeur général de l'OIT Guy Ryder. Certains pays ont montré que les gouvernements et les partenaires sociaux pouvaient oeuvrer pour mieux protéger les travailleurs actifs sur ces plateformes.

Celles-ci offrent de nouvelles possibilités d'emploi, y compris pour les plus vulnérables, affirme l'organisation dans son rapport sur l'emploi et les questions sociales. Mais les Etats doivent oeuvrer pour que les entreprises concernées soient durables.

Problème, les personnes qui travaillent avec ces plateformes doivent souvent payer des frais et une partie de leur labeur n'est souvent pas rémunérée. Selon M. Ryder, il est "extrêmement difficile" d'évaluer leur nombre, tant les statuts sont différents.

Intelligence artificielle ciblée

Selon des investigations menées auprès de 12'000 travailleurs, l'OIT affirme que les défis sont liés aux conditions de travail, à la régularité de celui-ci et des revenus, et au manque d'accès à la protection sociale et à la liberté syndicale. La moitié des personnes employées par les plateformes ou autoentrepreneurs gagnent moins de deux dollars (environ 1,80 franc) par heure.

L'OIT cible également le décalage salarial entre hommes et femmes, que la pandémie "n'a fait qu'exposer encore plus" comme d'autres difficultés. Concurrence déloyale, manque de clarté sur les données et les prix, et commissions élevées sont notamment dénoncés.

L'OIT déplore aussi que répartition et évaluation du travail soient de plus en plus effectuées par l'intelligence artificielle (IA). "Tous les travailleurs, quel que soit leur statut professionnel, doivent être en mesure d'exercer leurs droits fondamentaux au travail", affirme M. Ryder.

Revenus aux Etats-Unis et encore en Chine

Les coûts et les bénéfices des plateformes numériques ne sont pas répartis de manière égale dans les différents pays. Au total, 96% des investissements sont observés en Asie, dans le nord du continent américain et en Europe. Et 70% des revenus se concentrent aux Etats-Unis et en Chine.

Autre problème, les entreprises sont souvent établies dans le nord et les travailleurs dans le sud, rémunérés à des conditions bien inférieures par rapport à celles des pays riches, environ 60% de moins. De nombreux gouvernements, groupes et syndicats ont commencé à affronter cette question, mais de manière différente, déplore l'organisation.

Et selon l'OIT, tous les travailleurs doivent s'appuyer sur un statut clair et la responsabilité de l'IA pour les travailleurs et les entreprises devrait être reconnue. Les autoentrepreneurs actifs avec des plateformes numériques doivent pouvoir être associés à la négociation collective. Les travailleurs sur celles-ci doivent accéder aux tribunaux et obtenir une protection sociale, toujours selon l'organisation.

ats

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