La Liberté

29.03.2020

Les "précaires" du tennis craignent de ne pas s'en sortir

Pour les joueurs et joueuses placés au-delà de la 100e place des classements ATP et WTA, la situation est dramatique. © KEYSTONE/AP/Fernando Vergara
Pour les joueurs et joueuses placés au-delà de la 100e place des classements ATP et WTA, la situation est dramatique. © KEYSTONE/AP/Fernando Vergara
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29.03.2020

Déjà condamnés à la précarité la majeure partie de l'année, de nombreux joueurs au classement modeste craignent de ne joindre les deux bouts avec l'arrêt des tournois en raison du coronavirus.

Un risque qu'entend dénoncer Sofia Shapatava, 375e joueuse mondiale, qui plaide la cause des "sans-grade" de son sport auprès de la Fédération internationale de tennis (ITF).

La Géorgienne réclame une aide pour les centaines de joueurs qui ont perdu leur gagne-pain avec l'interruption des circuits masculin et féminin pour trois mois.

"Les joueurs classés au-delà de la 250e place ne seront plus capables de s'acheter de la nourriture d'ici deux ou trois semaines", prévient Shapatava auprès de l'AFP.

La joueuse de 31 ans se montre pessimiste quant à sa requête. "Honnêtement, je ne pense pas" que l'ITF y répondra favorablement, a-t-elle dit.

"Ils m'ont répondu qu'ils étaient très occupés et qu'ils reviendraient vers moi dès que possible. Mais, après cet e-mail, ils ne m'ont plus répondu", regrette-t-elle.

Elle a lancé la semaine dernière une pétition appelant à un soutien financier de l'ITF, qui a réuni à ce jour près de 1000 signatures.

"Mon sport va mourir"

"J'ai lancé cette pétition pour aider les joueurs de tennis à être écoutés par l'ITF, après avoir parlé à beaucoup de personnes que je connais de leurs plans pour les trois prochains mois et réalisé que certains ne pourraient même pas s'acheter à manger", a écrit la Géorgienne sur son blog.

"Mon problème, c'est que mon sport va mourir. Tel qu'il est, il va mourir parce que les joueurs classés au-delà du 150e rang mondial ne pourront pas jouer", a-t-elle continué.

Shapatava, professionnelle depuis 16 ans, participe principalement à des tournois secondaires de l'ITF, un univers bien lointain des Grands chelems et des multi-millionnaires Serena Williams et Roger Federer.

Elle a remporté 354'000 dollars dans sa carrière en près de 1500 rencontres disputées, simple et double combinés.

Depuis janvier, elle a joué à Andrézieux-Bouthéon, dans la Loire, ainsi que quatre tournois aux Etats-Unis: Midland (Michigan), Nicholasville (Kentucky), Rancho Santa Fe (Californie) et Las Vegas (Nevada). Pour, au total, seulement 3300 dollars glanés.

Pourtant, par rapport à beaucoup d'autres, Shapatava est bien nantie.

Les classements, ATP pour les hommes et WTA pour les femmes, comptent chacun plus de 1000 joueurs.

Parmi les nombreuses joueuses, figure par exemple la Russe Ksenia Kolesnikova, classée 1292e avec seulement 3 points à la WTA , qui n'a remporté que 105 dollars en 2020.

ats, afp

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