La Liberté

06.08.2018

Les travaux de récupération sont en cours après le crash du Ju-52

Selon l'expert en aviation Sepp Moser, il faudra un véritable travail de détective pour déterminer les causes du crash d'un Ju-52 samedi dans les Grisons. © KEYSTONE/CANTONAL POLICE OF GRISONS
Selon l'expert en aviation Sepp Moser, il faudra un véritable travail de détective pour déterminer les causes du crash d'un Ju-52 samedi dans les Grisons. © KEYSTONE/CANTONAL POLICE OF GRISONS
Les opérations de récupération après le crash d'un avion de collection de type Ju-52 au Piz Segnas, dans les Grisons, sont en cours. Ils devraient durer au moins jusqu'à mardi soir. © KEYSTONE/EPA KEYSTONE/ENNIO LEANZA
Les opérations de récupération après le crash d'un avion de collection de type Ju-52 au Piz Segnas, dans les Grisons, sont en cours. Ils devraient durer au moins jusqu'à mardi soir. © KEYSTONE/EPA KEYSTONE/ENNIO LEANZA


06.08.2018

Après le crash d'un Ju-52 qui a fait 20 morts samedi dans les Grisons, les secouristes sont à pied d'oeuvre pour récupérer les victimes et les débris. Jusqu'à la fin des opérations, l'espace aérien restera fermé. L'enquête s'annonce difficile.

Les travaux de récupération vont probablement durer au moins jusqu'à mardi soir, a indiqué lundi à Keystone-ATS le Ministère public de la Confédération. Les autorités compétentes n'ont pas donné plus d'informations.

Dimanche déjà, les autorités sur place avaient fait savoir que les corps seraient rapatriés. La récupération des débris de l'épave s'effectue avec l'aide des forces aériennes. Ce sont les seuls vols autorisés au-dessus de la zone de l'accident. L'espace aérien sur le flanc ouest du Piz Segnas reste fermé, a dit lundi à Keystone-ATS une porte-parole de l'Office fédéral de l'aviation civile (OFAC).

La fermeture de l'espace aérien est la procédure habituelle en cas de catastrophe aérienne. "Les secouristes doivent pouvoir travailler sans être dérangés", relève la porte-parole. L'espace aérien sera rouvert une fois les opérations de récupération terminées.

"Tante Ju" clouée au sol

L'appareil qui s'est écrasé était un avion de collection de type Junkers JU-52, plus connu sous le nom de "Tante Ju". Les deux autres appareils de ce genre encore en état de voler vont rester au sol jusqu'à nouvel ordre. La décision ne provient pas des autorités, comme c'est parfois le cas aussi longtemps que les causes d'un accident ne sont pas connues. C'est Ju-Air qui l'a prise, l'association propriétaire des appareils qui organise les excursions à leur bord.

Contactée lundi par Keystone-ATS, Ju-Air ne tient plus à s'exprimer pour l'heure. Selon son site internet, les vols déjà réservés et les bons gardent leur validité.

Les deux appareils restant aux mains de Ju-Air sont les seuls de ce modèle, Junkers JU-52, à être immatriculés en Suisse, a précisé l'Office fédéral de l'aviation civile. Pas plus de 4800 avait été construits dès les années 30.

Enquête difficile

Vu sa date de construction, l'avion n'était pas équipé d'une boîte noire ou d'autres appareils d'enregistrement. Selon le journaliste spécialiste de l'aviation Sepp Moser, cela devrait compliquer l'enquête, mais pas la rendre impossible.

Les enquêteurs peuvent faire des déductions à partir des débris, des dépositions des témoins oculaires, des analyses des corps. Divers documents comme ceux qui consignent l'état de santé du pilote ou les informations sur l'entretien de l'appareil peuvent aussi être utiles.

Procédure standardisée

Selon M. Moser, qui est lui-même pilote, l'enquête se déroulera selon la procédure internationale standardisée, prescrite par l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI). Elle fixe des règles précises concernant le déroulement et les méthodes afin que des enseignements puissent être tirés des enquêtes.

Première étape: établir un "inventaire méticuleux" sur les lieux de l'accident, a expliqué M. Moser lundi à Keystone-ATS. Tous les corps et les débris doivent être numérotés, documentés et photographiés avant d'être évacués. "Ensuite seulement on peut commencer à réfléchir pourquoi par exemple un morceau de métal est tordu", ajoute le journaliste.

Le Service suisse d'enquête de sécurité (SESE) a commencé à enquêter sur les causes de l'accident. Aucune information n'était disponible lundi sur l'avancement de l'enquête.

Pire catastrophe depuis 2001

Lundi, le gouvernement grison a fait part de sa tristesse et transmis ses condoléances aux familles des victimes. La veille, le président de la Confédération, Alain Berset, avait fait part de sa sympathie, au nom du Conseil fédéral, via Twitter.

Le crash de samedi, qui a fait 20 victimes, est le plus grave accident aérien survenu en Suisse ces dernières années. La précédente catastrophe aérienne d'ampleur sur sol helvétique remontait à 2001. Le crash d'un appareil de la compagnie Crossair dans une forêt près de Bassersdorf (ZH) avait fait 24 morts.

ats

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