La Liberté

14.12.2018

Macron appelle les "Gilets jaunes" au retour au calme

Pour Emmanuel Macron, les revendications des "Gilets jaunes" n'ont pas "vocation à durer dans la rue". © KEYSTONE/AP/BOB EDME
Pour Emmanuel Macron, les revendications des "Gilets jaunes" n'ont pas "vocation à durer dans la rue". © KEYSTONE/AP/BOB EDME
Malgré les appels d'Emmanuel Macron, les "Gilets jaunes" maintiennent la pression sur le gouvernement. © KEYSTONE/EPA/CAROLINE BLUMBERG
Malgré les appels d'Emmanuel Macron, les "Gilets jaunes" maintiennent la pression sur le gouvernement. © KEYSTONE/EPA/CAROLINE BLUMBERG


14.12.2018

Emmanuel Macron a appelé vendredi les "Gilets jaunes" à revenir au calme et à l'ordre et à utiliser les prochaines échéances électorales plutôt que l'occupation du domaine public pour se faire entendre, à la veille d'un cinquième samedi consécutif de manifestations.

Le président français a estimé avoir répondu à la colère des "Gilets jaunes" en annonçant au début de la semaine des mesures en matière de pouvoir d'achat et en organisant un dialogue au niveau des territoires.

"Je ne crois pas que notre démocratie puisse accepter de fonctionner avec un dialogue qui ne se fait que par l'occupation du domaine public, que par des éléments de violence, parce qu'ils ne sont jamais maîtrisés", a-t-il poursuivi à l'issue du Conseil européen à Bruxelles.

Emmanuel Macron a estimé que la raison et l'intérêt général devaient conduire à s'inscrire dans ce dialogue et le processus démocratique, plutôt que de considérer que les revendications des "Gilets jaunes" avaient "vocation à durer dans la rue".

Temps du dialogue

Si des Français considèrent que leur vision du pays n'est pas pleinement portée, "ils devraient le traduire" lors des prochaines élections, notamment européennes et municipales, a-t-il fait valoir. "Mais je pense qu'aujourd'hui notre pays a besoin de calme, il a besoin d'ordre, il a besoin de retrouver un fonctionnement normal."

Une vision partagée par le collectif des "gilets jaunes libres", considéré comme plus modéré et qui appelle à une "trêve". Il estime en effet que "le temps du dialogue est venu", après quatre samedis de mobilisation, dont trois émaillés de spectaculaires violences et dégradations.

"Ne pas lâcher"

Les mesures dévoilées lundi par le chef de l'Etat - notamment une hausse de 100 euros des revenus au niveau du Smic, et une exemption de la hausse de la CSG pour les retraités gagnant moins de 2000 euros par mois -, tout comme les appels à "suspendre" le mouvement après l'attentat du marché de Noël à Strasbourg, n'ont cependant guère entamé la détermination des "gilets jaunes".

"C'est le moment où, justement, il ne faut pas lâcher", a exhorté jeudi Eric Drouet, un des initiateurs du mouvement, dans une vidéo sur Facebook. "Ce que Macron a fait lundi, c'est un appel à continuer, parce qu'il commence à lâcher quelque chose et, venant de lui, c'est inhabituel."

Sur Facebook, principal canal de mobilisation de ce mouvement, les nombreux appels à un "acte V" réunissent toujours plusieurs milliers de "participants".

Une quinzaine d'organisations de gauche, dont l'Espace des Luttes LFI, le Parti de gauche, le syndicat Solidaires et l'association Attac, ont également appelé à garnir les rangs des manifestants à Paris. Les précédents samedis, les gilets jaunes avaient manifesté sur les Champs-Elysées.

8000 forces de l'ordre à Paris

Le dispositif policier dans la capitale sera "assez semblable" à celui de samedi dernier, avec 8000 forces de l'ordre déployées et appuyées notamment par 14 véhicules blindés à roues, a indiqué le préfet de police Michel Delpuech.

De nouveau, des fouilles auront lieu en amont, notamment sur les routes, dans les gares et les transports en commun menant à Paris. Les accès aux institutions (Palais de l'Elysée, Hôtel Matignon, Assemblée nationale, ministère de l'Intérieur, etc.) seront protégés.

Pour "l'acte IV", qui avait rassemblé 136'000 personnes et avait été marqué par des dégâts et affrontements dans plusieurs villes, comme Paris, Bordeaux et Toulouse, 89'000 forces de l'ordre avait été déployées.

ats, reu, afp

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