La Liberté

09.06.2019

Marche de soutien anti-IVG en Argentine à un médecin condamné

La question de l'avortement divise le pays, fortement influencé par l'Eglise catholique. Ici une manifestation contre la légalisation de l'avortement en mars 2019 (archives). © KEYSTONE/AP/TOMAS F. CUESTA
La question de l'avortement divise le pays, fortement influencé par l'Eglise catholique. Ici une manifestation contre la légalisation de l'avortement en mars 2019 (archives). © KEYSTONE/AP/TOMAS F. CUESTA
Un projet de loi visant à légaliser l'IVG a été présenté devant le Congrès le 29 mai. Des dizaines de milliers de femmes, arborant les foulards verts de la cause pro-IVG, s'étaient mobilisées dans la capitale pour soutenir le texte (archives). © KEYSTONE/AP/TOMAS F. CUESTA
Un projet de loi visant à légaliser l'IVG a été présenté devant le Congrès le 29 mai. Des dizaines de milliers de femmes, arborant les foulards verts de la cause pro-IVG, s'étaient mobilisées dans la capitale pour soutenir le texte (archives). © KEYSTONE/AP/TOMAS F. CUESTA


09.06.2019

Plusieurs centaines de militants opposés à l'avortement ont manifesté samedi à Buenos Aires. Ils ont marché en soutien à un médecin condamné par la justice pour avoir empêché une jeune fille violée d'avorter.

Leandro Rodriguez Lastra, gynécologue dans la province de Rio Negro (sud), a été condamné en mai, mais sa peine ne sera connue que mi-juillet. Le praticien, qui continue d'exercer, était présent à la manifestation. "C'est sûr, c'est sûr, Leandro innocent !", ont scandé les manifestants, dont de nombreuses femmes. Certaines brandissaient des poupées représentant des foetus ou des images religieuses.

"Ce que nous voyons c'est qu'un médecin est condamné et pénalisé pour avoir sauvé, non seulement la vie d'une mère, mais aussi celle d'un bébé de 22 semaines et demie. C'est une atrocité (...) et malheureusement, il ne nous reste rien d'autre à faire que de sortir dans la rue et de manifester", a déclaré à l'AFP Fernando Secin, un médecin venu défendre son collègue.

Derrière un banderole proclamant "Sauver des vies n'est pas un délit", les manifestants, moins nombreux que lors d'autres mobilisations anti-IVG récentes, arboraient des foulards bleu ciel, symbole de ralliement des opposants à la légalisation de l'avortement en Argentine.

Souhait d'avorter non respecté

En janvier 2017, la jeune femme âgée de 19 ans s'était présentée dans un hôpital de la province de Rio Negro disant qu'elle pensait être enceinte et qu'elle souhaitait avorter. Les médecins lui avaient dit de revenir pour des analyses en mars. Début avril, la jeune femme avait été reçue par le gynécologue.

Selon le témoignage du médecin, la jeune fille lui avait confié avoir pris une pilule abortive délivrée par une ONG. Le médecin lui avait alors administré un médicament stoppant le processus d'avortement. La jeune femme avait été hospitalisée et avait accouché deux mois plus tard.

A plusieurs reprises, elle avait exprimé aux médecins son souhait d'interrompre sa grossesse. La loi actuellement en vigueur en Argentine autorise l'avortement dans des cas spécifiques de viol, de risques pour la santé de la mère. Mais, dans les faits, des provinces ou des médecins s'y opposent, et des fillettes de 10 ou 11 ans se heurtent à un refus des autorités de pratiquer un avortement.

Pays divisé

La question de l'avortement divise le pays, fortement influencé par l'Eglise catholique. En 2018, un texte légalisant l'IVG avait été adopté par les députés argentins, mais rejeté par les sénateurs.

Un nouveau projet de loi a été présenté devant le Congrès le 29 mai. Des dizaines de milliers de femmes, arborant les foulards verts de la cause pro-IVG, s'étaient mobilisées dans la capitale pour soutenir le texte.

ats, afp

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