La Liberté

15.10.2018

May: même traitement pour l'Irlande du Nord et tout le Royaume-Uni

Pour Theresa May, toute solution qui prévoit une différence de traitement entre l'Irlande du Nord et le reste du Royaume-Uni est inacceptable. © KEYSTONE/EPA/ANDY RAIN
Pour Theresa May, toute solution qui prévoit une différence de traitement entre l'Irlande du Nord et le reste du Royaume-Uni est inacceptable. © KEYSTONE/EPA/ANDY RAIN


15.10.2018

"Nous ne pouvons pas laisser ce désaccord faire dérailler un bon accord", a déclaré la Première ministre britannique Theresa May. Elle s'exprimait à la Chambre des communes avant un Conseil européen essentiel qui s'ouvrira mercredi à Bruxelles.

La Grande-Bretagne et l'Union européenne ne doivent pas laisser leur désaccord sur la frontière irlandaise les exposer à un échec des négociations sur les conditions de leur divorce, a déclaré lundi Theresa May.

Le scénario d'une absence d'accord entre Londres et l'UE dans les négociations sur le Brexit est "plus probable que jamais", estime lundi le président du Conseil européen Donald Tusk à la veille d'un sommet à Bruxelles.

"Responsables comme nous le sommes, nous devons préparer l'UE à un scénario sans accord, qui est plus probable que jamais", écrit M. Tusk dans son invitation aux dirigeants européens, publiée lundi soir, tout en appelant à "ne pas abandonner".

La Grande-Bretagne et l'UE ne sont pas parvenues à s'entendre sur la question de la frontière entre la République d'Irlande et l'Irlande du Nord, au terme de nouvelles négociations-marathon organisées dimanche.

Pause jusqu'à mercredi

Pour Theresa May, toute solution qui prévoit une différence de traitement entre l'Irlande du Nord et le reste du Royaume-Uni est inacceptable. Les deux parties ont souhaité marquer une pause dans les négociations, jusqu'au sommet de mercredi.

L'Union européenne croit toujours possible de parvenir à un accord négocié avec Londres pour la sortie du Royaume-Uni, mais se prépare aussi à un échec, ont annoncé lundi les ministres des Affaires étrangères de plusieurs pays européens à leur arrivée à une réunion à Luxembourg.

La veille, d'intenses discussions de dernière minute à Bruxelles n'ont pas suffi à débloquer ces négociations entre Londres et Bruxelles, qui continuent de buter sur la question du sort de la frontière irlandaise après le Brexit, avant un sommet européen qui s'ouvrira mercredi à Bruxelles.

"C'est évidemment une période difficile (...) Il y a une ou deux questions en suspens, mais je pense que nous pouvons y arriver", a affirmé lundi à Luxembourg le ministre britannique Jeremy Hunt, qui souligne que "d'énormes progrès" ont déjà été réalisés.

La question irlandaise

Le petit parti nord-irlandais DUP a toutefois compliqué les arbitrages que la Première ministre britannique Theresa May va devoir mener pour parvenir à un accord. "Je ne vois pas quel accord obtiendrait la majorité" lors d'un vote au Parlement britannique, a déclaré lundi le porte-parole du DUP sur le Brexit Sammy Wilson au journal Belfast Newsletter.

"Donc il est probablement inévitable que nous aboutissions à un scénario sans accord", a-t-il affirmé. Le DUP constitue l'appoint indispensable pour la majorité absolue à la chambre des députés.

Chef de file des conservateurs partisans du Brexit, l'ancien ministre des Affaires étrangères Boris Johnson a dénoncé les propositions de l'UE comme "un choix entre la casse du Royaume-Uni ou son asservissement" et a prôné de les "rejeter maintenant".

"Nous sommes prêts à toute éventualité. Néanmoins, même si le temps presse maintenant, nous pensons qu'il est encore possible de parvenir à un accord entre la Commission et le Royaume-Uni et nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour y parvenir dans les prochains jours", a assuré le chef de la diplomatie allemande Heiko Maas.

'Frustrant et décevant'

"Nous continuons à travailler dur pour un accord, mais notre travail de préparatifs en vue de toutes les éventualités se poursuit et s'intensifie", pour le cas d'une absence d'accord, a confirmé le porte-parole de la Commission européenne Margaritis Schinas.

Les dirigeants des 27 partenaires du Royaume-Uni doivent décider de la marche à suivre lors d'un dîner de travail mercredi avant le sommet européen à 28 avec Mme May.

Il est probable qu'ils délivreront un double message: les négociations se poursuivent, mais l'UE doit se préparer à l'hypothèse d'une séparation sans accord, "non parce qu'un accord ne serait plus possible, mais parce ce que le compte à rebours est engagé", a confié à l'AFP un négociateur européen.

Le chef de la diplomatie espagnole Josep Borell s'est voulu confiant lundi. "Rien ne va se passer avant le sommet. Nous n'aurons pas d'accord cette semaine, mais il ne faut pas dramatiser. Il reste encore du temps. Nous avons encore un mois. Il m'est difficile de croire que nous ne pourrons pas parvenir à un accord", a-t-il déclaré.

Mais les Irlandais se montrent inquiets après l'échec des négociations du week-end. "C'est frustrant et décevant d'un point de vue irlandais, car l'Irlande est le pays qui est le plus exposé aux retombées de Brexit", a souligné le chef de la diplomatie irlandaise Simon Coveney. "Pour nous, il s'agit de tenir les engagements qui ont déjà été pris. C'est ce que je n'arrête pas de dire, ce que le gouvernement irlandais n'arrête pas de dire", a-t-il expliqué.

ats, afp

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