La Liberté

11.12.2018

Migration: l'ONU quitte Marrakech rassurée et minimisant Bolsonaro

Jair Bolsonaro a plusieurs fois exprimé son admiration pour le président américain Donald Trump (archives). © KEYSTONE/AP/ERALDO PERES
Jair Bolsonaro a plusieurs fois exprimé son admiration pour le président américain Donald Trump (archives). © KEYSTONE/AP/ERALDO PERES
L'ONU a rappelé au président élu Jair Bolsonaro ses futures obligations (archives). © KEYSTONE/EPA/JALAL MORCHIDI
L'ONU a rappelé au président élu Jair Bolsonaro ses futures obligations (archives). © KEYSTONE/EPA/JALAL MORCHIDI
Louise Arbour a répété que les 23 principes adoptés ne sont pas contraignants et que l'accord montre que les particularités régionales et nationales "peuvent toujours être adaptées". © KEYSTONE/AP/MOSA'AB ELSHAMY
Louise Arbour a répété que les 23 principes adoptés ne sont pas contraignants et que l'accord montre que les particularités régionales et nationales "peuvent toujours être adaptées". © KEYSTONE/AP/MOSA'AB ELSHAMY


11.12.2018

La réunion de Marrakech sur le Pacte mondial des migrants s'est achevée sur le sentiment d'avoir amélioré le multilatéralisme, mais face au défi de l'action et du dialogue avec les réticents. Rassurée, l'ONU a minimisé mardi l'annonce du retrait brésilien dès janvier.

Le Pacte va constituer "la référence pour toutes les prochaines initiatives" sur les déplacements internationaux, a estimé la représentante spéciale du secrétaire général de l'ONU pour la migration internationale Louise Arbour. Des personnes vont être sauvées", selon elle.

Devant la presse après deux jours de réunion, le président de la conférence, le chef de la diplomatie marocaine Nasser Bourita, a salué "un pas décisif" pour l'amélioration de la situation des 258 millions de migrants dans le monde. Aux accusations de mauvais traitements concernant son pays, il rétorque que le Maroc a régularisé 50'000 personnes depuis 2013 et contribué à réduire le trafic d'êtres humains.

Face aux Etats réfractaires ou dubitatifs, la Canadienne a elle répété que les 23 principes adoptés ne sont pas contraignants et que l'accord montre que les particularités régionales et nationales "peuvent toujours être adaptées". Après que de nombreux acteurs ont dénoncé les mensonges de certains responsables politiques, la volonté est désormais d'attirer, parmi les 29 pays qui n'étaient pas présents, les 16 qui ont rejeté ou, comme la Suisse, reporté leur décision.

"Le Pacte devra chercher à les convaincre", estime M. Bourita, alors que le prochain chef de la diplomatie brésilienne avait annoncé auparavant que son pays se retirerait de l'accord.

164 Etats mais pas la Suisse

Le gouvernement actuel avait pourtant affiché lundi au Maroc son soutien. Un responsable du Haut-Commissariat aux droits de l'homme a rappelé au président élu Jair Bolsonaro qu'un retrait n'exonérera pas son pays de ses obligations internationales concernant ces droits. Selon lui, la réunion de Marrakech a montré que "le multilatéralisme fonctionne".

Au total, 164 Etats étaient présents. Parmi les réticents et dubitatifs, l'attitude suisse aura été largement critiquée, notamment par rapport à sa politique habituelle concernant les droits humains. Mardi soir, Mme Arbour a en revanche rendu hommage à l'ambassadeur suisse Jürg Lauber, qui avait coprésidé les négociations pendant 18 mois, ciblé par l'UDC.

Après l'approbation lundi, la communauté internationale sera confrontée au défi de l'application du Pacte. "Si dans cinq ans, le débat n'est pas pris en otage", cette réunion aura été "utile", insiste M. Bourita. Le succès sera évalué sur les initiatives des Etats, du secteur privé ou de la société civile. A Marrakech, le Mexique a annoncé avec trois pays un plan régional commun. L'Afrique bénéficiera elle d'un instrument pour mieux saisir le profil des migrants.

M. Bourita a rappelé le nouveau Réseau des Nations Unies sur les migrations qui sera piloté depuis Genève par l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). Alors que l'ONU a célébré lundi soir les 70 ans de la Déclaration universelle des droits de l'homme, de nombreuses personnes auront relevé l'importance de mieux considérer les migrants.

Appel lancé par la présidente de MSF

Le Pacte rappelle que ceux-ci "sont avant tout des êtres humains", selon la présidente de l'Assemblée générale de l'ONU Maria Fernanda Espinosa Garces. "Nous avons besoin de votre soutien", a lancé mardi de son côté aux gouvernements la présidente internationale de Médecins Sans Frontières (MSF) Joanne Liu.

Le sauvetage de migrants "n'est pas négociable" et doit être autorisé, a-t-elle expliqué quelques jours après la fin du dispositif Aquarius. "La migration n'est pas un crime", a-t-elle dit.

Outre les gouvernements, les villes veulent apporter une contribution. Une proposition d'un Bureau de contact entre elles pour faciliter le contact entre les migrants et leurs proches a été lancée. Autre acteur, les femmes veulent encore que le Pacte améliore les conditions des migrantes.

L'accord porte sur de nombreuses questions, comme la facilitation du retour de travailleurs migrants chez eux. Il rappelle les obligations en termes de droits humains et de lutte contre les discriminations et la xénophobie. Il doit encore être formellement soutenu dans une semaine dans une résolution de l'Assemblée générale de l'ONU, mais ce vote constitue une formalité.

ats

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