La Liberté

24.05.2020

Ouverture du procès pour corruption du premier ministre israélien

Benyamin Netanyahou doit répondre d'accusations de corruption dans trois affaires différentes (archives). © KEYSTONE/EPA/ODED BALILTY
Benyamin Netanyahou doit répondre d'accusations de corruption dans trois affaires différentes (archives). © KEYSTONE/EPA/ODED BALILTY
Avant le début des procédures, des supporters du Premier ministre israélien se sont rassemblés à proximité du tribunal quadrillé par la police. © KEYSTONE/AP/Sebastian Scheiner
Avant le début des procédures, des supporters du Premier ministre israélien se sont rassemblés à proximité du tribunal quadrillé par la police. © KEYSTONE/AP/Sebastian Scheiner
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24.05.2020

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a dit se présenter la "tête haute" et a dénoncé des accusations "ridicules" à l'ouverture de son procès pour corruption. C'est le premier de l'histoire d'Israël visant un chef de gouvernement en fonction.

Après 17 mois d'une crise électorale au cours de laquelle il a joué sa "survie politique", M. Netanyahu était attendu par des centaines de manifestants au tribunal du district de Jérusalem pour une nouvelle bataille, judiciaire cette fois. A son arrivée, le Premier ministre s'est montré, sans masque sanitaire, combatif et a accusé la justice et les médias de travailler ensemble à le faire chuter.

"Je me présente à vous le dos droit et la tête haute", a-t-il déclaré. Le Premier ministre a dénoncé des accusations "ridicules" de corruption, abus de confiance et malversation pesant contre lui avant de se protéger le visage pour l'audience.

"J'ai demandé à ce que tout soit diffusé en direct afin que le public puisse tout entendre (directement) et non via le filtre des journalistes (à la solde) du procureur général", a-t-il ajouté accusant une partie de la presse de partialité.

"Le peuple est avec toi"

Avant le début des procédures, des supporters, drapeaux israéliens au vent, se sont rassemblés à proximité du tribunal quadrillé par la police. "Benjamin Netanyahu, le peuple est avec toi", scandait un homme, tandis qu'une dame brandissait une pancarte sur laquelle on pouvait lire "Procès Dreyfus 2020", en référence au retentissant scandale ayant mêlé erreur judiciaire et antisémitisme en France au tournant du 20e siècle.

Dans une autre manifestation, anti-Netanyahu cette fois, des centaines de personnes scandaient "démocratie, démocratie", accusant le Premier ministre de corruption.

Avant M. Netanyahu, Ehud Olmert, ancienne étoile du Likoud, avait déjà été inculpé -après voir démissionné- pour corruption. Il avait été reconnu coupable avant de croupir 16 mois en prison.

Trois affaires

Benjamin Netanyahu, 70 ans dont 14 au pouvoir, est accusé d'avoir reçu pour 700'000 shekels (192'500 francs) de cigares, champagne et bijoux de la part de personnalités richissimes en échange de faveurs financières ou personnelles. Selon les enquêteurs, M. Netanyahu aurait aussi tenté de s'assurer une couverture favorable par le plus grand quotidien payant d'Israël, le Yediot Aharonot.

La justice le soupçonne enfin d'avoir accordé des faveurs gouvernementales qui pourraient avoir rapporté des millions de dollars au patron de la société israélienne de télécommunications Bezeq en échange d'une couverture favorable d'un des médias du groupe, l'influent site Walla.

"En 244 ans de démocratie (depuis la révolution américaine, ndlr) il n'y a jamais eu personne inculpé pour avoir reçu une couverture favorable d'un média. Et dans mon cas, la couverture n'était même pas favorable", a plaidé dimanche M. Netanyahu. Des trois affaires, c'est cette dernière qui est la plus explosive mais peut-être aussi la plus complexe

Aucune immunité judiciaire

Après des mois de suspense, le procureur général Avichaï Mandelblit avait inculpé M. Netanyahu en novembre 2019, un "arrêt de mort politique" espéré alors par ses détracteurs. Mais "Bibi", comme le surnomment les Israéliens, a réussi à se maintenir à la tête du Likoud, à terminer en première place aux dernières législatives, à négocier un accord de partage du pouvoir avec son rival Benny Gantz et à rester Premier ministre.

En Israël, le Premier ministre ne dispose d'aucune immunité judiciaire mais, à la différence des autres élus et des fonctionnaires, il n'a pas à démissionner ou à se retirer le temps du procès. Il pourrait aussi, à tout moment d'ici le verdict, "négocier une peine" avec le procureur comme l'y autorise le droit israélien.

ats, afp

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