La Liberté

04.01.2019

Photographier, c'est un métier, s'insurgent les photographes

Réalisée par des apprentis médiamaticiens, la photographie officielle 2019 du Conseil fédéral n'est pas du goût des photographes qui rappellent les exigences de leur métier. © KEYSTONE/BUNDESKANZLEI/BIT
Réalisée par des apprentis médiamaticiens, la photographie officielle 2019 du Conseil fédéral n'est pas du goût des photographes qui rappellent les exigences de leur métier. © KEYSTONE/BUNDESKANZLEI/BIT


04.01.2019

La photographie officielle 2019 du Conseil fédéral laisse un goût amer aux photographes. Ils déplorent une manière de déprécier un métier et sa formation, a réagi la section Photojournalistes suisses - Impressum. Le porte-parole du gouvernement rejette les critiques.

Dans son communiqué, le Conseil fédéral n'a pas caché son enthousiasme. "Je suis fier d'eux", déclare le président Ueli Maurer en se référant aux sept apprentis médiamaticiens de l'Office fédéral de l'informatique et de la télécommunication (OFIT) qui ont réalisé la photographie avec un smartphone, ce qui était la seule condition posée.

Clic-clac avec un smartphone

Pour les photographes, cette "fierté" passe mal. Sur Facebook, ils ont réagi vendredi en soulignant qu'ils auraient "apprécié que ce soient des apprentis photographes (CFC sur 4 ans) qui effectuent (cette prise de vue) et que ces élèves soient rémunérés pour leur travail."

A leurs yeux, l'image 2019 du Conseil fédéral "donne l'impression qu'une photo se réalise par un simple clic-clac avec un smartphone et que ce travail ne vaut pas la peine d'être reconnu." Photographier est "un métier" qui demande de vraies connaissances, du matériel, du temps, de la créativité et de l'expérience, soulignent-ils.

Dans la presse, le porte-parole du Conseil fédéral avait indiqué qu'Ueli Maurer avait déjà salué à plusieurs reprises le travail des apprentis. Il ajoutait que le président les remercierait avec un repas et un souvenir.

Respecter les professions

Questionné par Keystone-ATS, Luca Delachaux, président de l'Union Suisse des Photographes Professionnels (USPP) dit pleinement soutenir le message de la section des Photojournalistes suisses - Impressum. "L'Etat doit être exemplaire dans le respect des professions établies", ajoute-t-il, en regrettant aussi que des apprentis photographes n'aient pas été sollicités.

André Simonazzi, porte-parole du Conseil fédéral, a rejeté vendredi les critiques. "Tant le déroulement du projet que le résultat obtenu par les jeunes démontrent qu'il était pertinent de tenter pour une fois une autre approche, sans que cela soit pour autant considéré comme une prise de position sur la profession de photographe", relève-t-il.

Pas de travail au rabais

Le responsable note que des élèves photographes ont pu, notamment en 2006, se livrer à cet exercice. De plus, jusqu'ici, la photographie du Conseil fédéral "a toujours été effectuée par des photographes ou des élèves photographes", affirme-t-il.

André Simonazzi conteste en outre tout "projet d'économie ou de travail au rabais". "Les apprentis n'ont pas été payés directement pour effectuer la photographie", mais ils le sont dans le cadre de leur formation avec un encadrement adéquat. Il ne donne pas de détails plus précis, estimant que les apprentis médiamaticiens ont "brillamment relevé le défi" qui leur était posé.

ats

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