La Liberté

29.04.2019

"Prudence" face à Huawei, dit un ministre britannique

Le réseau 5G est la future génération ultrarapide de l'internet mobile (image symbolique). © KEYSTONE/EPA/JEROME FAVRE
Le réseau 5G est la future génération ultrarapide de l'internet mobile (image symbolique). © KEYSTONE/EPA/JEROME FAVRE


29.04.2019

Le ministre britannique des Affaires étrangères, Jeremy Hunt, a appelé dimanche son gouvernement à faire preuve "de prudence". Il faut bien réfléchir avant d'entrouvrir les portes du réseau 5G du Royaume-Uni à l'équipementier chinois Huawei.

"Nous avons raison d'avoir un certain degré de prudence vis-à-vis du rôle des grandes entreprises chinoises en raison du degré de contrôle que l'État chinois est en mesure d'exercer sur elles", a déclaré Jeremy Hunt dimanche soir au Daily Telegraph. Le réseau 5G est la future génération ultrarapide de l'internet mobile.

"Cela ne veut pas dire que (le) rôle (de ces entreprises) est automatiquement malveillant", a poursuivi M. Hunt. "Mais il y a des points comme la loi de 2017 qui dispose que toutes les entreprises chinoises, quel que soit leur actionnariat, doivent coopérer avec les services de renseignements chinois en toute occasion". Des éléments à "soupeser très attentivement" avant toute décision finale.

Celle-ci sera rendue officielle d'ici le mois de juin, selon un porte-parole du gouvernement.

Technologie "à améliorer"

Huawei est soupçonné d'espionnage pour le compte de Pékin par les Etats-Unis, qui l'ont exclu du déploiement de la 5G sur leur sol et tentent de convaincre leurs alliés occidentaux d'en faire autant. Huawei nie ces allégations.

L'ambassadeur chinois au Royaume-Uni, Liu Xiaoming, a de son côté défendu l'équipementier et encouragé le Royaume-Uni à "prendre une décision indépendante, fondée sur ses intérêts nationaux", dans une tribune publiée dans The Sunday Telegraph.

"Les préoccupations concernant la sécurité sont compréhensibles", a-t-il estimé. La 5G, en tant que technologie "nouvelle", n'est "pas parfaite et doit encore être améliorée". Mais "les risques", qui "doivent être pris au sérieux", peuvent être "gérés" si "les entreprises et les pays collaborent", a-t-il assuré.

Réserves affichées

Selon des fuites publiées dans The Telegraph la semaine dernière, Londres devrait autoriser un accès limité à Huawei. Le groupe ne serait ainsi pas impliqué dans le coeur du réseau mais sur des infrastructures moins sensibles, comme les antennes.

Ce feu vert aurait été donné le 23 avril, lors d'une réunion du Conseil de sécurité nationale (National Security Council, NSC), composé de ministres et de hauts responsables de la sécurité, et présidé par Theresa May.

Cette dernière aurait validé la participation de Huawei malgré les réserves affichées par plusieurs membres du gouvernement, dont M. Hunt, le ministre de l'Intérieur Sajid Javid, celui de la Défense, Gavin Williamson, et celui du Commerce International, Liam Fox.

ats, afp

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