La Liberté

26.05.2019

Retour en dates et chiffres sur une fête qui traverse les âges

L'origine de la Fête des Vignerons se perd dans la nuit des temps. Mais c'est en 1797 qu'elle prit véritablement forme à Vevey. Entre 4 à 5 fois par siècle, la ville de la Riviera vibre au rythme de la manifestation, comme ici en 1977 (archives). © KEYSTONE/STR
L'origine de la Fête des Vignerons se perd dans la nuit des temps. Mais c'est en 1797 qu'elle prit véritablement forme à Vevey. Entre 4 à 5 fois par siècle, la ville de la Riviera vibre au rythme de la manifestation, comme ici en 1977 (archives). © KEYSTONE/STR
Durant la fête, l'arène se remplit de milliers de figurants. En 1999, ils étaient 5200 dont 670 écuyers (archives). © KEYSTONE/PATRICK AVIOLAT
Durant la fête, l'arène se remplit de milliers de figurants. En 1999, ils étaient 5200 dont 670 écuyers (archives). © KEYSTONE/PATRICK AVIOLAT
Deux gradins de 8000 places accueillaient les visiteurs en 1999. En 2019, l'arène pourra accueillir jusqu'à 20'000 spectateurs. A titre de comparaison, la capacité était de 2000 places en 1797 (archives). © KEYSTONE/FABRICE COFFRINI
Deux gradins de 8000 places accueillaient les visiteurs en 1999. En 2019, l'arène pourra accueillir jusqu'à 20'000 spectateurs. A titre de comparaison, la capacité était de 2000 places en 1797 (archives). © KEYSTONE/FABRICE COFFRINI
Autrefois comme aujourd'hui, les participants répètent intensément avec le grand rendez-vous estival (archives). © KEYSTONE/STR
Autrefois comme aujourd'hui, les participants répètent intensément avec le grand rendez-vous estival (archives). © KEYSTONE/STR
Le ranz des vaches, ici interprété par l'armailli soliste Patrick Menoud en 1999, est toujours un moment fort de la Fête des vignerons (archives). © KEYSTONE/PATRICK AVIOLAT
Le ranz des vaches, ici interprété par l'armailli soliste Patrick Menoud en 1999, est toujours un moment fort de la Fête des vignerons (archives). © KEYSTONE/PATRICK AVIOLAT
L'histoire de la Fête des Vignerons est liée à celle de la Confrérie des Vignerons. Ici son Abbé-président François Margot avant la cérémonie de proclamation début mai. © KEYSTONE/VALENTIN FLAURAUD
L'histoire de la Fête des Vignerons est liée à celle de la Confrérie des Vignerons. Ici son Abbé-président François Margot avant la cérémonie de proclamation début mai. © KEYSTONE/VALENTIN FLAURAUD


26.05.2019

Environ cinq fois par siècle, Vevey accueille la Fête des vignerons. Un théâtre à ciel ouvert qui célèbre les traditions viticoles et le cycle de la nature. Retour en dates et chiffres sur une fête qui se tient cet été et dont l'origine se perd dans la nuit des temps.

L'histoire de la Fête des vignerons est mystérieuse, mais une chose est sûre, elle est liée à celle de la Confrérie des vignerons. Une association "d'origine très certainement médiévale qui regroupait des propriétaires de vignes voulant faire contrôler le bon travail de leurs cultures", explique traditions-vivantes.ch, site recensant le patrimoine culturel immatériel helvétique.

Au 17e siècle, la Confrérie des vignerons, appelée alors Abbaye de l'agriculture, organise chaque année un cortège à travers la bourgade de Vevey, sur les bords du Léman. Le défilé, qui attire de plus en plus de monde, se tient après l'assemblée générale durant laquelle le travail des vignerons-tâcherons est évalué.

Vers 1770, la Confrérie décide de mettre l'accent sur le perfectionnement de la viticulture et d'encourager ceux qui y consacrent leur temps. Les meilleurs vignerons-tâcherons sont alors primés. C'est cette cérémonie du couronnement qui transforme l'ancienne parade en Fête des vignerons, rapporte la Confrérie. Une cérémonie qui se tient cette année le 18 juillet, journée de la première représentation.

Première Fête

Date-clé: 1797 et première véritable Fête des vignerons. Le défilé est découpé en quatre saisons et on érige à Vevey une estrade de 2000 places sur la place du Marché. A titre de comparaison, l’arène de 2019 pourra accueillir jusqu’à 20'000 spectateurs.

Dès 1819, tous les thèmes sont en place à savoir la vie aux champs, sur les pâturages et dans les vignes, la glorification de la patrie, la mythologie gréco-latine et chrétienne, détaille le dictionnaire historique de la Suisse.

Cette même année, on introduit un moment-clé auquel le public est très attaché: le Ranz des vaches, fameux air armailli alors chanté en choeur. Deux représentations sont données et les 2000 places assises valent entre 1 et 3 francs.

En 1833, on double la mise: ce sont 4000 places assises qui sont mises à disposition et deux représentations. En 1851, on passe à 8000 places assises et trois représentations avant d'atteindre en 1865, 10'500 places avec trois représentations. Les gens se pressent pour assister au ballet des saisons, la bourgeoisie moyenne se déplace en nombre et certains regrettent une perte de proximité.

Premier solo

Au fil des ans, la manifestation évolue, prend de l'envergure, propose des nouveautés. L'année 1889 marque les esprits lorsque pour la première fois, un armailli chante en solo le Ranz des vaches au centre de l'arène. C'est la première fois également que la fête dégage un bénéfice.

Parmi les nouveautés de la cuvée 1905, notons que les femmes y sont accueillies sans restrictions. Un poète et homme de théâtre, René Morax, conçoit un scénario et bouleverse l'ordre des saisons en ouvrant le spectacle sur l'hiver.

C'est Gustave Doret qui en compose la partition, tout comme celle de 1927. On lui doit le fameux "Petit chevrier". "Je chante et souvent mon coeur me fait peine", entonne le jeune garçon.

Retour aux sources

La quatrième fête du XXe siècle, en 1977, retourne aux sources. Henri Debluë, le librettiste, reprend l'ordre des saisons du XIXe et débute par le printemps. Les auteurs mêlent mythologie et symboles chrétiens. D'un budget de 20,7 millions de francs, l'imposante manifestation boucle sur un bénéfice de 5 millions.

Vingt-deux ans plus tard, en 1999, la Fête des vignerons explose les compteurs: 16'000 places, 17 représentations, un budget de 54 millions et un bénéfice de plus de 4 millions. Le directeur artistique, François Rochaix, réinterprète librement la tradition héritée. Un nouveau personnage, Arlevin, le roi-tâcheron de la Fête, fait son apparition.

Pour cette édition 2019, qui se tient du 18 juillet au 11 août, ce sont vingt représentations qui sont annoncées. Le spectacle, conçu par Daniele Finzi Pasca, raconte l'histoire d'une année dans la vigne au travers d'un dialogue entre une fillette et son grand-père. Quelque 5500 figurants sont à pied d'oeuvre pour une manifestation d'un budget de près de 100 millions.

www.fetedesvignerons.ch

ats

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