La Liberté

27.01.2021

Risques de déconnexion des marchés avec la réalité (FMI)

Un risque de correction sur les marchés n'est pas exclu, a averti le FMI, qui note un "décalage persistant" entre les marchés misant sur une reprise économique et un soutien politique continu, et la réalité d'une économie mondiale encore très affectée par la pandémie (archives). © KEYSTONE/EPA/FRANCK ROBICHON
Un risque de correction sur les marchés n'est pas exclu, a averti le FMI, qui note un "décalage persistant" entre les marchés misant sur une reprise économique et un soutien politique continu, et la réalité d'une économie mondiale encore très affectée par la pandémie (archives). © KEYSTONE/EPA/FRANCK ROBICHON
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27.01.2021

Un risque de correction sur les marchés n'est pas exclu, a mis en garde le FMI, notant le "décalage persistant" entre les marchés misant sur une reprise économique et un soutien politique continu, et la réalité d'une économie mondiale très affectée par la pandémie.

Prendre des risques, oui, mais "pas de risques excessifs", a recommandé Tobias Adrian, conseiller financier du Fonds monétaire international (FMI) lors d'une conversation virtuelle avec Fabio Natalucci, responsable du rapport sur la stabilité financière mondiale (GFSR) dont la dernière mouture a été publiée mercredi.

L'an passé, le S&P 500, secteur de l'information technologique a grimpé de 42% à Wall Street, Amazon s'appréciant de 76%, Apple de 82% et Facebook de 33%.

"Avec des investisseurs qui misent sur le soutien durable des pouvoirs publics et des marchés qui semblent de plus en plus complaisants devant la hausse continue des valorisations des actifs, les dirigeants doivent être préparés aux risques d'une correction des marchés", souligne les auteurs du GFSR.

L'institution de Washington a révisé en hausse ses prévisions de croissance mondiale pour 2021, à 5,5%, à la faveur de l'accélération de la vaccination contre le Covid-19, des aides gouvernementales massives combinées à des taux d'intérêt historiquement bas.

Mais elle souligne aussi la grande incertitude entourant ces perspectives et s'alarme sur le fait que cette inconnue ne semble pas perturber les marchés.

"Les investisseurs semblent garder confiance dans les perspectives de croissance pour 2021, misant sur le soutien continu des pouvoirs publics qui compensera d'éventuelles déceptions à court terme", explique le Fonds.

Dans un billet de blog accompagnant la publication de ce rapport, Tobias Adrian, conseiller financier du FMI, et Fabio Natalucci, responsable du GFSR, constatent que les risques pour la stabilité financière ont été maîtrisés "jusqu'à présent".

Mais "cela ne doit pas être considéré comme acquis", notent-ils, d'autant que la pandémie a mis en exergue des "vulnérabilités" telles que "l'augmentation de la dette des entreprises, les fragilités dans le secteur des institutions financières non bancaires, l'augmentation de la dette souveraine, la baisse de la rentabilité de certaines banques".

Une vaccination équitable, la priorité absolue

Les auteurs du GFSR notent en particulier qu'un retard dans l'accès aux vaccins et thérapies se traduirait par une reprise mondiale incomplète et "mettrait en péril le système financier mondial".

Pour le démontrer, Fabio Natalucci rappelle que les pays émergents, au cours de la période 2017-2019, "ont représenté environ 65% de la croissance mondiale" et environ 40% en excluant la Chine.

"Le moindre retard dans la lutte contre la pandémie dans ces pays peut être de mauvais augure pour l'économie mondiale", insiste le Fonds.

Et de donner l'exemple d'une interruption des chaînes d'approvisionnement qui pourrait nuire à la rentabilité des entreprises, "même dans les régions où la pandémie est maîtrisée".

"Et parce que la croissance est un ingrédient indispensable à la stabilité financière, une reprise inégale et partielle risque de mettre en péril la santé du système financier", concluent-ils.

Au cours de la conversation, Fabio Natalucci a insisté sur le fait que "la distribution équitable des vaccins est la priorité numéro 1".

Une distribution inéquitable ne ferait qu'accroître inégalité et pauvreté, a-t-il mis en garde.

Et si la reprise économique était désynchronisée avec des pays avancés rehaussant leur taux d'intérêt, cela pourrait compromettre le besoin de refinancement de la dette d'un certain nombre de pays émergents, a expliqué M. Natalucci.

L'an passé, la propagation de la pandémie partout dans le globe avait obligé les pays du monde entier à prendre des mesures de confinement mettant un coup d'arrêt à la croissance.

Le PIB mondial s'est contracté de 3,5%, selon la dernière estimation du FMI qui avait redouté en juin 2020 un effondrement allant jusqu'à 5,2%.

ats, awp, afp

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