La Liberté

14.09.2018

Skywork: le CEO distribue les bons et les mauvais points

Le patron de Skywork, Martin Inäbnit a formulé ses doléances à l'égard de l'aéroport Berne-Belp lors de sa première apparition en public après le grounding de la compagnie. © KEYSTONE/ANTHONY ANEX
Le patron de Skywork, Martin Inäbnit a formulé ses doléances à l'égard de l'aéroport Berne-Belp lors de sa première apparition en public après le grounding de la compagnie. © KEYSTONE/ANTHONY ANEX


14.09.2018

Le directeur général (CEO) de la compagnie aérienne Skywork, dont la faillite a été prononcée début septembre, s'est exprimé vendredi pour la première fois en public à propos de la débâcle de son entreprise.

Face à la presse, Martin Inäbnit a loué le modèle de partenariat élaboré avec l'aéroport de Lugano-Agno et tiré à boulets rouges sur celui conclu avec l'aérodrome de Berne-Belp.

Lugano n'aurait pas permis de sauver Skywork, mais cela aurait constitué "un grand pas en avant", a déclaré le Bernois. Selon lui, au Tessin on a reconnu qu'une collaboration où les risques sont répartis entre plusieurs partenaires, alors qu'à Berne, on en est loin.

Le patron du transporteur bernois a dit ne vouloir jeter la pierre personne, mais a souligné les difficultés rencontrées à Berne-Belp. Il n'a pas hésité à affirmer que les investisseurs de Skywork ont "subventionné massivement" chaque ticket au départ de Berne depuis 2014.

Avec la faillite de Skywork, l'aéroport de la capitale fédérale a perdu son principal client. Les responsable de Berne-Belp s'étaient empressés d'assurer que l'absence de la compagnie, qui représentait près de 60% de l'ensemble du trafic, ne remettait pas en cause l'existence de l'aéroport, malgré l'effondrement des recettes.

M. Inäbnit a affirmé qu'il était "pour le moins curieux" de voir l'exploitant aéroportuaire dégager chaque année des bénéfices, alors que Skywork ne parvenait pas à être rentable. "Skywork ne pouvait pas continuer d'assumer la rentabilité de l'aéroport", a-t-il lancé.

Revenant sur l'échec des négociations avec ses "partenaires potentiels", l'ex-pilote de Crossair a confirmé avoir été en pourparlers notamment avec Zeitfracht, intéressé par une reprise. Mais le groupe allemand a renoncé à son projet le 27 août, ce qui a débouché trois jours plus tard sur la mise à pied de la flotte de Skywork.

Billets vendus jusqu'au grounding

La plateforme de réservation est restée en fonction jusqu'à l'annonce du grounding, et des billets ont été vendus pour des vols que l'entreprise savait ne pas être en mesure d'honorer.

Le patron de Skywork a défendu cette pratique, arguant que si le système avait été désactivé plus tôt, cela aurait causé de grandes inquiétudes, forçant la compagnie à régler en espèces son approvisionnement en carburant et les services aéroportuaires, ce qui aurait encore plus grevé les liquidités.

En octobre 2017, la flotte de Skywork s'était déjà retrouvée clouée au sol en raison de sa situation financière. Elle avait récupéré sa licence d'exploitation trois jours plus tard après avoir fourni des gages de solvabilité à la Confédération.

Après la faillite de la compagnie tessinoise Darwin Airline, elle avait fait une demande de concession pour reprendre la ligne Lugano-Genève et était entrée en négociations avec l'aéroport de Lugano, ses autorités de tutelle et principaux actionnaires. Le 23 août, Skywork annonçait la reprise de la desserte à compter du 28 octobre, à raison de deux rotations par jour, du lundi au vendredi.

Fondée en 1983 à Berne comme école d'aviation, Skywork exploitait jusqu'à 20 lignes selon les saisons avec des appareils de 30 à 50 places.

ats, awp

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