La Liberté

04.06.2019

Sous pression, les géants de la tech plongent à la Bourse

"Google sait à peu près tout ce qu'il y a à savoir sur ses utilisateurs", a commenté Jack Gold, analyste pour le consultant J. Gold Associates, au sujet du groupe aux 6,7 milliards de dollars de bénéfices au premier trimestre. © KEYSTONE/AP/VIRGINIA MAYO
"Google sait à peu près tout ce qu'il y a à savoir sur ses utilisateurs", a commenté Jack Gold, analyste pour le consultant J. Gold Associates, au sujet du groupe aux 6,7 milliards de dollars de bénéfices au premier trimestre. © KEYSTONE/AP/VIRGINIA MAYO


04.06.2019

Facebook et Google ont lourdement chuté en Bourse lundi. Les autorités américaines de la concurrence fourbissant leurs armes contre les géants américains, déjà critiqués de toutes parts pour leur puissance et accusés d'étouffer la concurrence.

A la clôture de Wall Street, la maison mère de Google, Alphabet, a perdu 6,12% et Facebook 7,51%. Entraînés dans leur sillage, le géant du commerce en ligne Amazon a reculé de 4,64% et Apple de 1,01%.

Déjà dans le collimateur de la Federal Trade Commission (FTC) américaine, qui mène depuis un an des investigations sur ses pratiques en matière de respect de la vie privée et des données des utilisateurs, Facebook pourrait voir la liste de ses soucis s'allonger avec, en plus, des investigations sur les questions de concurrence.

D'après le Wall Street Journal, la FTC et le ministère de la Justice (DoJ) qui se partagent le rôle d'autorité de la concurrence aux Etats-Unis, se sont en effet répartis la tâche quant aux investigations sur les deux géants: Facebook pour la FTC, Google pour le DoJ. Le DoJ songe également à se pencher sur Apple, et la FTC sur Amazon, d'après d'autres informations de presse.

Vente d'activités?

"Google sait à peu près tout ce qu'il y a à savoir sur ses utilisateurs", a commenté Jack Gold, analyste pour le consultant J. Gold Associates, au sujet du groupe aux 6,7 milliards de dollars de bénéfices au premier trimestre. Au-delà du moteur de recherche star, ces affaires sont le signal que les ennuis se précisent pour les colosses de la Silicon Valley. Elles pourraient donner le top départ à "une tendance anti-monopolistique", a estimé Ken Berman, de la société de courtage Gorilla Trades.

Le plus gros risque pour les entreprises visées dans ce genre de dossiers est que les autorités exigent des ventes d'activités pour les faire maigrir et amoindrir leur puissance. Elles peuvent aussi déboucher sur de fortes amendes et/ou des procès devant les tribunaux.

Google et Facebook rejettent régulièrement toute idée de monopole, affirmant notamment que les internautes peuvent utiliser un autre moteur de recherche ou un autre réseau social. Mais désormais, "la question est de savoir si quelqu'un peut être capable de rivaliser" avec Google, affirme Jack Gold. Le groupe détient une large part du marché de la pub en ligne et son système mobile Android équipe la majorité des smartphones dans le monde.

Selon le cabinet eMarketer, Google va s'arroger cette année 37,2% des revenus liés à la publicité digitale, et Facebook 22,1%.

Pas une surprise

Le fait que Google et Facebook soient à ce point dans le collimateur des autorités américaines n'est pas vraiment une surprise, tant les appels au démantèlement et les critiques tous azimuts contre les géants de la tech se multiplient ces derniers mois des deux côtés de l'échiquier politique, alors que la course à la Maison Blanche est déjà lancée.

La candidate à la primaire démocrate Elizabeth Warren a proposé en mars de disloquer les géants de la tech. Ils ont acquis, selon elle, "trop de pouvoir". Deux mois plus tard, le co-fondateur de Facebook, Chris Hughes, qui a quitté l'entreprise depuis, a appelé à s'attaquer à la position monopolistique du groupe qui revendique 2,7 milliards d'utilisateurs mensuels sur l'ensemble de ses plateformes, en forçant le réseau social à se séparer d'Instagram et de WhatsApp.

De l'autre côté de l'Atlantique, la Commission européenne a de son côté infligé le 20 mars pour la troisième fois en moins de deux ans une forte amende à Google, l'accusant de nouveau de pratiques anticoncurrentielles dans l'Union européenne.

ats, afp

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