La Liberté

24.07.2020

Stöckli: "Personne ne sait quelle tête aura le monde en juillet 21"

Ralph Stoeckli, le Chef de mission de Swiss Olympic, espère bien que les Jeux de Tokyo auront lieu. © KEYSTONE/ANTHONY ANEX
Ralph Stoeckli, le Chef de mission de Swiss Olympic, espère bien que les Jeux de Tokyo auront lieu. © KEYSTONE/ANTHONY ANEX
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24.07.2020

Ralph Stöckli, Chef de mission de Swiss Olympic, évoque pour Keystone-ATS les conséquences du report des JO, les défis et la situation des différentes préparations pour Tokyo 2021.

Les Jeux olympiques d'été de Tokyo auraient dû s'ouvrir ce vendredi. La pandémie du coronavirus a obligé le plus grand événement de sport à mettre un genou à terre. Le Comité international olympique (CIO) a été contraint à une "première": le report d'une année des Jeux.

- Ralph Stöckli, au lieu du défilé au sein de la délégation suisse lors de la cérémonie d'ouverture à Tokyo, vous vous retrouvez avec quelques jours de vacances. Quel est votre sentiment ?

- Toute l'ambiance est reliée aux émotions et il est beaucoup question de Tokyo dans mon entourage. Au cours des derniers mois, il était visible dans quelle direction l'affaire allait tourner. Maintenant, nous sommes déjà plongés profondément dans les préparatifs de l'année prochaine. Pour les athlètes, la période présente doit être diablement difficile.

- Depuis fin mars, on sait que les Jeux auront lieu une année plus tard que prévu. Quels problèmes ont découlé de ce report ?

- Nous sommes bien avancés dans les points où nous avons une influence directe: la collaboration avec nos partenaires, les planifications et les sélections. Le CIO nous a informés que les arènes sportives sont confirmées, le plan des épreuves est conservé et qu'une solution a également été trouvée pour le Village des athlètes. Les pierres d'achoppement restent les mêmes, nous avons tout reporté une année plus tard.

- Reste-t-il des points critiques ?

- Comme il y a beaucoup de choses qui ont été conservées et reportées, pour nous et aussi pour les fédérations, il est plus simple pour planifier les camps d'entraînement avant les Jeux. Cela apporte de la tranquillité dans les préparations. La grande inconnue demeure les épreuves de sélection. Nous ne savons pas quand les compétitions internationales seront à nouveau possible pour officialiser les sélections et la répartition des places olympiques.

- En tant que Comité olympique national pouvez-vous avoir de l'influence ?

- Non. Ce sont les fédérations internationales qui mènent le bal. Elles établissent les concepts, ont les idées pour le déroulement des événements. Pourront-ils avoir lieu ? Cela reste encore un grand point d'interrogation.

- Peut-on déjà évaluer les suites du report des JO ?

- Les dommages financiers pour Swiss Olympic sont restés raisonnables car nous avons trouvé de bonnes solutions avec nos partenaires. Ils se sont montrés accommodants et seront encore présents en 2021. Pour les athlètes, la situation est beaucoup plus difficile parce qu'ils avaient planifié un cycle de quatre ans. Le prolonger d'un an est un grand défi: sur le plan de l'organisation et avant tout d'un point de vue émotionnel.

- Pour les athlètes les plus âgés, un report a des répercussions sur le plan de carrière. L'escrimeur Benjamin Steffen et la championne olympique de triathlon, Nicola Spirig ont décidé de poursuivre une année de plus. Swiss Olympic a-t-il cherché le dialogue direct avec les athlètes ?

- Il y a eu des discussions personnelles; en principe, nous communiquons avec les chefs d'équipe des fédérations. Parce qu'il n'est pas simple de discuter avec 110 athlètes. Pour les cas difficiles, nous avons essayé de trouver des solutions qui incluaient un contact avec l'Aide sportive suisse. Les athlètes pourront ainsi garder leur soutien financier une année de plus.

- Il règne une ambiance tendue au sein de la Fédération de gymnastique. Le chef des entraîneurs, Bernhard Fluck, en poste depuis longtemps, ne sera plus là en 2021. Les piliers, Pablo Brägger et Oliver Hegi ont passé une grande partie de la préparation olympique loin de l'équipe réunie à Macolin. Cela ne doit pas plaire à Swiss Olympic ?

- Pour nous, il est difficile de dire si ces décisions sont justes ou fausses. Nous observons ça d'un oeil critique, mais nous ne pilotons pas les décisions en rapport avec le personnel au sein des fédérations. Cela incombe de leur responsabilité de répondre des performances de leurs athlètes. Certains ont choisi une nouvelle voie individuelle. Il n'y a pas qu'un seul chemin vers le succès.

- Le peuple japonais a montré dans les derniers sondages son scepticisme à la tenue des Jeux en 2021. Il y a aussi des voix qui annoncent que les JO n'auront pas lieu l'an prochain. Comment Swiss Olympic entrevoit une éventuelle annulation définitive ?

- Le danger existe, nous devons vivre avec. Personne ne sait quel sera le visage du monde en juillet 2021. Il est important de montrer aux athlètes et aux fédérations que nous allons tout faire pour être prêts le 23 juillet prochain avec une délégation suisse qui défilera à la cérémonie d'ouverture. Il faut créer les meilleures conditions cadres et accompagner les athlètes. Nous voulons diffuser une confiance raisonnée sur le déroulement des Jeux 2021.

ats

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