La Liberté

22.04.2019

Sur une gendarmerie, des tags appelant les "flics" au suicide

Les relations entre forces de l'ordre et "gilets jaunes" sont extrêmement tendues depuis des semaines (image d'illustration). © Keystone/AP/MICHEL EULER
Les relations entre forces de l'ordre et "gilets jaunes" sont extrêmement tendues depuis des semaines (image d'illustration). © Keystone/AP/MICHEL EULER


22.04.2019

Des tags appelant les forces de l'ordre au suicide ont été découverts lundi sur la façade de la gendarmerie du Finistère, a-t-on appris auprès des gendarmes. Samedi, des slogans similaires avaient été lancés lors de la manifestation des "gilets jaunes" à Paris.

"Flics suicidé à moitié pardonnés", "suicidez-vous", "la police vous protège sa crève les yeux", ont écrit le ou les auteurs sur la façade de la gendarmerie de Landivisiau, avec des fautes d'orthographe reprises dans le présent texte, selon des photos sur le site du quotidien Le Télégramme.

Des enquêteurs d'investigation criminelle se sont rendus sur les lieux et, après le passage des enquêteurs, les tags ont été effacés très rapidement. D'après les premiers éléments, les inscriptions ont, semble-t-il, été écrites dans la nuit.

"Pas humain"

Les tags étaient accompagnés de l'inscription "ACAB", acronyme utilisé par les activistes d'extrême gauche signifiant en anglais "tous les flics sont des bâtards", et de "A" cerclés, un symbole anarchiste.

La maire de Landivisiau Laurence Claisse (divers droite) s'est rendue sur place. "Inadmissible, ce sont des insultes, des menaces et un non-respect pour ces hommes qui nous protègent, ce n'est pas humain de marquer ça", a déclaré l'édile.

Enquête à Paris

Les tags inscrits sur la gendarmerie finistérienne font écho aux slogans "suicidez-vous, suicidez-vous" lancés aux forces de l'ordre samedi à Paris lors de la 23e journée de mobilisation des "gilets jaunes", suscitant l'indignation. La police est touchée par une vague de suicides sans précédent depuis le début de l'année.

Dimanche le parquet de Paris a annoncé l'ouverture d'une enquête dans cette affaire pour "outrage à personne dépositaire de l'autorité publique commis en réunion".

Ces slogans ont été vivement condamnés par la classe politique et les syndicats de policiers. "On atteint le paroxysme de la haine. Ces propos sont intolérables et inacceptables", a dénoncé Frédéric Lagache, délégué général du syndicat Alliance, le premier syndicat chez les gardiens de la paix.

D'autres syndicats policiers ont aussi dénoncé une "ignominie" et un "scandale". Ils ont appelé les autorités à mettre un terme à cette "déferlante haineuse anti-flic".

La classe politique, du parti de la majorité présidentielle LREM au Parti socialiste en passant par Les Républicains (LR, droite), a aussi manifesté son indignation. "Honte à ceux qui se sont livrés à une telle ignominie!", a tweeté le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner.

ats, blg, afp

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