La Liberté

16.05.2019

"Thoune est une bonne adresse"

Andres Gerber estime notamment que la stabilité est la clé des succès du FC Thoune, malgré son budget limité. © KEYSTONE/PETER SCHNEIDER
Andres Gerber estime notamment que la stabilité est la clé des succès du FC Thoune, malgré son budget limité. © KEYSTONE/PETER SCHNEIDER
Andres Gerber est arrivé à Thoune en 2003. D'abord en tant que joueur, puis en tant que directeur sportif à succès. © KEYSTONE/PETER SCHNEIDER
Andres Gerber est arrivé à Thoune en 2003. D'abord en tant que joueur, puis en tant que directeur sportif à succès. © KEYSTONE/PETER SCHNEIDER
Luca Zuffi, aujourd'hui au FC Bâle, est l'une des premières réussites du recrutement thounois. © KEYSTONE/LAURENT GILLIERON
Luca Zuffi, aujourd'hui au FC Bâle, est l'une des premières réussites du recrutement thounois. © KEYSTONE/LAURENT GILLIERON
Renato Steffen avait été recruté par Thoune à Soleure, en 1re Ligue. Il est passé ensuite par Young Boys, Bâle et évolue désormais à Wolfsburg en Bundesliga. © KEYSTONE/PETER SCHNEIDER
Renato Steffen avait été recruté par Thoune à Soleure, en 1re Ligue. Il est passé ensuite par Young Boys, Bâle et évolue désormais à Wolfsburg en Bundesliga. © KEYSTONE/PETER SCHNEIDER
Recruté à Winterthour en Challenge League, l'ailier de Young Boys Christian Fassnacht est également un bon exemple de réussite pour Thoune. © KEYSTONE/ANTHONY ANEX
Recruté à Winterthour en Challenge League, l'ailier de Young Boys Christian Fassnacht est également un bon exemple de réussite pour Thoune. © KEYSTONE/ANTHONY ANEX
Avant d'être vendu pour près d'un million de francs à Lausanne à l'hiver 2018, Simone Rapp a évolue un an et demi à Thoune, qui l'avait recruté à Wohlen en Challenge League. Il joue maintenant à Saint-Gall. © KEYSTONE/ANTHONY ANEX
Avant d'être vendu pour près d'un million de francs à Lausanne à l'hiver 2018, Simone Rapp a évolue un an et demi à Thoune, qui l'avait recruté à Wohlen en Challenge League. Il joue maintenant à Saint-Gall. © KEYSTONE/ANTHONY ANEX
Marvin Spielmann est la dernière plus-value du FC Thoune. Recruté à Wil, il s'apprête à quitter le club pour Young Boys l'été prochain. © KEYSTONE/PETER SCHNEIDER
Marvin Spielmann est la dernière plus-value du FC Thoune. Recruté à Wil, il s'apprête à quitter le club pour Young Boys l'été prochain. © KEYSTONE/PETER SCHNEIDER


16.05.2019

Thoune disputera la finale de la Coupe de Suisse contre Bâle dimanche. Une réussite de plus pour le "petit" club bernois aux moyens limités. Le directeur sportif Andres Gerber détaille sa méthode.

Il est probablement le directeur sportif le plus coté de Suisse. Seul Christoph Spycher, double champion avec Young Boys et autrement plus de moyens, peut éventuellement lui contester ce titre honorifique. Mais avec Thoune et ses onze millions de francs de budget, Andres Gerber donne l'impression de réaliser des exploits année après année. Cette saison, non seulement il joue le podium de Super League, mais aussi la finale de la Coupe de Suisse contre Bâle dimanche. Keystone-ATS a tenté de débusquer son secret.

Andres Gerber, Thoune en Super League, est-ce toujours un miracle permanent?

"C'est une bonne question. Disons que la situation est toujours la même: nous avons un plus petit budget et moins de possibilités que les autres clubs. Peut-être que le mot "miracle" est un peu fort. Mais en tout cas, nous montrons que l'on peut réussir avec peu de moyens."

Quelle est votre recette?

"C'est complexe. D'un côté, puisque nous avons moins de possibilités, c'est plus facile pour nous. Il y a moins d'attentes qu'à Saint-Gall ou à Lucerne. Mais nous avons une autre pression: si ça ne va pas, nous avons tout de suite de gros problèmes. Si l'on était relégué, notre budget devrait être retranché de moitié. Mais pour en revenir à la recette de notre stabilité, elle provient d'un travail. Nous ne faisons pas dans le "bling-bling". Il y a du sérieux et surtout de la continuité, avec un staff qui est présent depuis des années. Sur le terrain, on a des joueurs comme Dennis Hediger, Guillaume Faivre, Nelson Ferreira qui sont tous là depuis sept ou huit ans, voire plus. Notre président (ndlr: Markus Lüthi) est en place depuis plus de dix ans, moi je suis au club depuis seize ans."

Donc si on amenait des gens de l'extérieur, ça ne pourrait pas fonctionner?

"Cela dépend. Si c'est comme à Bâle il y a deux ans, quand le président, le directeur sportif et l'entraîneur changent en même temps, cela ne peut pas marcher. Les autres clubs ont beaucoup trop d'instabilité. Et puis, l'identification avec le club, les fans, la région est très forte ici, contrairement à ailleurs. Cela contribue aussi à notre réussite. Mais nous avons aussi une bonne équipe ! Nous avons aussi des bons joueurs, ce ne sont pas que des inconnus."

Cela vient justement de votre travail. Décrivez-nous le modèle du FC Thoune.

"Il s'agit d'un côté d'avoir des piliers comme Hediger ou Ferreira et de l'autre des joueurs qui viennent de Challenge League. Ces derniers ont le potentiel, mais n'ont pas encore eu la possibilité de le démontrer. Pour eux, il est plus facile de faire des progrès dans le contexte thounois. Nous avons une tranquillité que les autres clubs en Suisse n'ont pas."

Pour ramener de l'argent dans les caisses, vous comptez sur la vente de joueurs?

"Oui. Mais nous ne prenons jamais un joueur dans l'unique but de le revendre. Ce n'est pas ainsi que l'on peut le mettre dans de bonnes conditions. Nous le prenons, car nous sommes convaincus que c'est un bon élément pour Thoune, à la fois sur et en-dehors du terrain. Et puis s'il fait des progrès, alors on pourra le vendre, comme cela a été le cas avec Fassnacht, Lauper ou maintenant Spielmann. Cet argent est nécessaire pour notre fonctionnement."

Vous parlez beaucoup de la mentalité des joueurs. C'est ça l'élément-clé?

"Je suis toujours un peu surpris quand je regarde comment les autres clubs construisent leur équipe. On a parfois l'impression qu'ils ne prennent que des noms. Moi, pendant ma carrière de joueur, j'ai été bon quand je me sentais bien avec les autres. Quand j'avais Stefan Rehn à côté de moi, un super type, j'étais bien. Tu as besoin de personnes comme ça. C'est une part du secret. Il faut essayer de faire attention à l'humain."

Quelle est votre méthode de détection, de recrutement?

"C'est un mélange de plusieurs choses. Je suis directeur sportif depuis 10 ans et j'ai pu constituer un réseau important. Les clubs, les agents connaissent le FC Thoune, ils savent comment je fonctionne et ce que je cherche. Si on me propose une diva, ils savent que ça ne m'intéresse pas. Et les membres du staff ont tous fait une carrière qui leur permet de connaître des gens qui peuvent aussi les alerter. Cela facilite les choses. Nous n'avons pas des scouts, juste une personne qui va regarder quelques matchs. Et puis nous savons à qui nous pouvons faire confiance. Après, il peut y avoir une part de hasard. Par exemple, Renato Steffen jouait avec Soleure contre notre deuxième équipe."

N'avez-vous pas peur qu'un jour, ce type de joueurs soit la cible d'autres clubs?

"Non, car nous sommes devenus une bonne adresse. Les agents et surtout les joueurs veulent passer par Thoune. Ils savent que c'est possible de progresser ici. D'autant plus que nous payons des bons salaires. Il y a peut-être un peu plus de concurrence sur la Challenge League, mais on ne propose pas vraiment la même chose. Le contexte thounois, tranquille, plaide aussi pour nous."

Vous n'avez pas besoin de convaincre, donc?

"Non, car nous avons des exemples qui parlent pour nous. Il y en a plus ou moins dix qui sont convaincants, de Zuffi à Spielmann."

ats

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