La Liberté

14.10.2017

Un comité interpartis contre l'interdiction de la burqa

Le conseiller aux Etats Andrea Caroni (PLR/AR) estime qu'une interdiction de la burqa ne ferait que générer de la bureaucratie et limiter la liberté et la sphère privée des individus (archives). © KEYSTONE/LUKAS LEHMANN
Le conseiller aux Etats Andrea Caroni (PLR/AR) estime qu'une interdiction de la burqa ne ferait que générer de la bureaucratie et limiter la liberté et la sphère privée des individus (archives). © KEYSTONE/LUKAS LEHMANN


14.10.2017

Un comité interpartis a été créé pour lutter contre l'initiative anti-burqa, qui a formellement abouti. Ce comité, qui compte sept membres tous partis confondus, a été formé par le conseiller aux Etats Andrea Caroni (PLR/AR).

On y trouve notamment le conseiller aux Etats Hans Stöckli (PS/BE) et les conseillers nationaux Barbara Schmid-Federer (PDC/ZH) et Claudio Zanetti (UDC/ZH). Andrea Caroni s'oppose à cette initiative "par conviction libérale", dit-il dans un entretien publié samedi par Le Temps. "L'Etat n'a pas à légiférer sur les vêtements des citoyens".

Selon lui, cette loi ne réglerait pas les problèmes qu'elle prétend combattre. Elle ne ferait que générer de la bureaucratie et limiter la liberté et la sphère privée des individus. "Les initiants jouent le jeu des extrémistes: comme eux, ils cherchent à créer des tensions en agitant des symboles", dénonce le libéral-radical.

Le conseiller aux Etats dénonce aussi l'hypocrisie des partisans de l'initiative: "Soudain, des cercles conservateurs, qui ne se préoccupent d'ordinaire jamais d'égalité entre les sexes, prétendent se battre pour la liberté d'une poignée de touristes féminines des pays du Golfe". L'élu balaie aussi l'argument de la sécurité: "On n'a jamais vu en Europe un attentat commis par une femme en burqa".

Nuisible au fédéralisme

Face aux sondages qui montrent que les Suisses sont plutôt favorables à l'interdiction de la burqa, Andrea Caroni défend le fédéralisme. Le Tessin a dit "oui" à une interdiction de la burqa, mais Glaris, un canton plutôt conservateur, a dit "non", rappelle-t-il. "Laissons les femmes décider et laissons les cantons décider".

L'initiative populaire "Oui à l’interdiction de se dissimuler le visage" a formellement abouti. Sur les 106'457 signatures déposée, 105'553 sont valables, indiquait vendredi la Chancellerie fédérale.

Le texte du Comité d'Egerkingen prévoit que personne ne devrait avoir le droit de dissimuler son visage dans l'espace public, dans des lieux accessibles à tous (excepté les lieux de culte) ou dans lesquels sont fournies des prestations accessibles à tout un chacun. Il serait aussi interdit de contraindre quelqu'un à se dissimuler le visage en raison de son sexe.

ats

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