La Liberté

20.09.2021

Un nouveau chef du gouvernement tunisien sera nommé

Le 25 juillet, Kaïs Saïed a limogé le premier ministre, suspendu les activités du Parlement et s'est arrogé aussi le pouvoir judiciaire (archives). © KEYSTONE/AP/Slim Abid
Le 25 juillet, Kaïs Saïed a limogé le premier ministre, suspendu les activités du Parlement et s'est arrogé aussi le pouvoir judiciaire (archives). © KEYSTONE/AP/Slim Abid
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20.09.2021

Près de deux mois après s'être arrogé les pleins pouvoirs, le président tunisien Kaïs Saeïd a annoncé lundi qu'il nommerait un nouveau chef du gouvernement. Il va cependant garder en place les mesures d'exception qu'il avait décrétées le 25 juillet.

"Ces mesures d'exception se poursuivront et un chef du gouvernement sera nommé, mais sur la base de provisions de transition répondant à la volonté du peuple", a déclaré M. Saïed lors d'un discours retransmis par la télévision nationale depuis Sidi Bouzid, berceau de la révolte tunisienne de 2011.

M. Saïed, dont le discours au siège du gouvernorat de Sidi Bouzid a été interrompu à plusieurs reprises par une foule scandant "le peuple veut la dissolution du Parlement", a en outre annoncé qu'il allait faire adopter "une nouvelle loi électorale" sans en dévoiler les contours.

Le 25 juillet, M. Saïed a limogé le premier ministre, suspendu les activités du Parlement et s'est arrogé aussi le pouvoir judiciaire, pour un mois renouvelable avant de prolonger ces mesures le 24 août, "jusqu'à nouvel ordre".

Il a évoqué par la suite une réforme à venir de la constitution de 2014, qui a instauré un système hybride, ni présidentiel ni parlementaire, source de conflits récurrents entre les deux pouvoirs.

"Péril imminent"

Théoricien du droit, Kaïs Saïed se présente depuis son élection surprise à une large majorité fin 2019 comme l'interprète ultime de la constitution. Il s'est appuyé sur l'article 80, qui envisage des mesures exceptionnelles en cas de "péril imminent" à la sécurité nationale, pour justifier les décisions prises le 25 juillet.

Nombre de Tunisiens les ont accueillies avec enthousiasme, car, exaspérés par leur classe politique, ils attendent des actes forts contre la corruption et l'impunité dans un pays en graves difficultés sociales et économiques.

Mais opposants, partis politiques, magistrats et avocats ont dit craindre une "dérive autoritaire". Le parti d'inspiration islamiste Ennahdha, principal rival de M. Saïed et qui disposait du plus grand nombre de sièges dans le Parlement gelé, a exprimé "son rejet catégorique" de "toute suspension de l'application de la constitution" ou "changement du système politique".

Des représentants de la société civile en Tunisie ont dénoncé un recul "clair et net" des libertés depuis que M. Saïed s'est arrogé les pleins pouvoirs.

ats, afp

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