La Liberté

04.06.2019

Xamax peut tourner la page, mais les questions demeurent

Christian Binggeli, ici faisant la fête avec les supporters xamaxiens dimanche soir, va prendre un peu de recul sur le sportif. © KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT
Christian Binggeli, ici faisant la fête avec les supporters xamaxiens dimanche soir, va prendre un peu de recul sur le sportif. © KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT
Stéphane Henchoz a sauvé Xamax. Mais il n'a pas tout aimé de sa première expérience sur un banc de Super League. © KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT
Stéphane Henchoz a sauvé Xamax. Mais il n'a pas tout aimé de sa première expérience sur un banc de Super League. © KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT
Dimanche, c'est le tir au but décisif de Geoffroy Serey Dié qui a assuré le maintien de Neuchâtel Xamax. © KEYSTONE/CHRISTIAN MERZ
Dimanche, c'est le tir au but décisif de Geoffroy Serey Dié qui a assuré le maintien de Neuchâtel Xamax. © KEYSTONE/CHRISTIAN MERZ
Auteur d'un arrêt capital sur le tir au but de Zveroti, Laurent Walthert a été submergé par l'émotion dimanche. © KEYSTONE/CHRISTIAN MERZ
Auteur d'un arrêt capital sur le tir au but de Zveroti, Laurent Walthert a été submergé par l'émotion dimanche. © KEYSTONE/CHRISTIAN MERZ


04.06.2019

Si Neuchâtel Xamax a obtenu son maintien en Super League après un barrage fou contre Aarau, le chantier demeure important. La page Henchoz appartient au passé, alors que l'avenir interroge déjà.

"Je n'ai pas dormi de la nuit". Au téléphone avec Keystone-ATS, lundi à la mi-journée, Christian Binggeli avait une petite voix mais l'impression du devoir accompli. "Le sentiment que j'ai, c'est que nous sommes sauvés, même si certains ont pu dire que je voulais descendre, a insisté le président. Il était vital pour nous de rester en Super League, notamment en matière de budget."

Le 4-0 infligé à Aarau sur sa pelouse du Brügglifeld, le tir au but de Zverotic arrêté par Laurent Walthert, l'essai décisif de Geoffroy Serey Die. Toute cette journée de dimanche restera pendant longtemps dans les mémoires neuchâteloises. Irrationnel, mais d'autant plus beau. Une manière de bien clôturer une saison particulière, celle du retour dans l'élite pour Xamax.

"Il y a eu des mensonges"

L'année écoulée n'aura pas été simple. L'euphorie a rapidement laissé place à la morosité. "Après la défaite 4-1 contre Young Boys en décembre, des joueurs bernois comme Steve von Bergen m'ont dit que notre équipe n'avait plus d'âme", se rappelle Binggeli. Les Rouge et Noir reviennent donc de loin, personne n'est là pour le nier. Et un peu à la surprise de tous, au vu de la gestion du comité xamaxien.

Avec la nomination de Stéphane Henchoz à la place de Michel Decastel en février, les ennuis ont commencé. Le président de la remontée a semblé ne plus avoir les épaules assez larges pour assumer ce rôle dans l'élite. La communication avec Henchoz a rapidement beaucoup moins bien passé, une fois que la Commission sportive du club a décidé de lui faire savoir qu'il ne comptait pas sur lui la saison prochaine. Cela aurait pu coûter le maintien.

Dimanche, l'entraîneur a réglé ses comptes: "Avec tout ce qui n'a pas été dit depuis février, tous les mensonges qu'il y a eu, les joueurs sont doublement méritants. Nous n'avons pas été aidés, on nous a coupé l'herbe sous le pied." Jamais le futur entraîneur de Sion n'a cité son président. Mais c'est bien à lui qu'il faisait référence.

Binggeli répond

"L'erreur que nous avons faite, rétorque Binggeli, c'est que nous ne lui avons pas dit dès le début que nous voulions changer de modèle. Lorsque je l'ai informé, cela lui a fait un gros coup. Puis, il y a quinze jours, nous nous sommes vus et nous avons convenu que nous irions au bout des choses. Et hier (réd: dimanche), je lui ai serré la main. Je l'ai laissé travailler en paix. Je jure que je ne lui ai mis aucun bâton dans les roues, il a eu tout ce qu'il voulait."

Ce n'est un secret pour personne: la communication interne passait mal ces dernières semaines. "Avec Stéphane Henchoz, nous nous sommes promis qu'on se soutenait, a tenu à rajouter le patron xamaxien. Je comprends qu'il ait été déçu, mais il a maintenant un bon poste." Fin de l'histoire.

Et début d'une nouvelle pour le club neuchâtelois. De sa première saison en Super League, il aura tiré certaines conclusions. Notamment la nécessité d'avoir un recrutement plus structuré et un modèle de club plus à même de se stabiliser à ce niveau. "Il fallait changer de vision", rappelle Binggeli, toujours séduit par ce que fait Thoune. Avec l'ambition de recruter des joueurs avec le niveau de la Super League.

Toujours président?

Le chantier demeure important à Xamax. Il a toutefois été anticipé, avec l'annonce dès le mois d'avril des arrivées de Joël Magnin (ex-coach de la réserve d'YB) et de Frédéric Page (qui vient de la formation) aux postes d'entraîneur et directeur sportif. Le second nommé est appelé à superviser tout ce qui a trait au terrain. Les décisions sportives seront portées par lui, alors que Binggeli prendra plus de recul.

Invité lundi matin dans La Matinale de la RTS, ce dernier a d'ailleurs admis vouloir prendre le temps de la réflexion. Quittera-t-il son poste? "Je ne sais pas, j'ai besoin de quelques jours", a-t-il répondu. Le capital du club, qu'il détient à 100% avec son fils, pourrait d'ailleurs être ouvert.

En un an, Christian Binggeli et Neuchâtel Xamax ont connu beaucoup de remous. Ils ont pris en pleine face les exigences du football de haut niveau. Et s'ils se sont sauvés par les poils cette saison, rien ne dit que la prochaine sera plus simple.

ats

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