La Liberté

«Nous remercions Paul-André Cadieux tous les jours!»

Les fistons sont bons, mais c'est normal, ils sortent de la volée de Paul-André Cadieux à Neuchâtel. © Thomas Delley
Les fistons sont bons, mais c'est normal, ils sortent de la volée de Paul-André Cadieux à Neuchâtel. © Thomas Delley
«Nous remercions Paul-André Cadieux tous les jours!» © Thomas Delley
«Nous remercions Paul-André Cadieux tous les jours!» © Thomas Delley
«Nous remercions Paul-André Cadieux tous les jours!» © Thomas Delley
«Nous remercions Paul-André Cadieux tous les jours!» © Thomas Delley
«Nous remercions Paul-André Cadieux tous les jours!» © Thomas Delley
«Nous remercions Paul-André Cadieux tous les jours!» © Thomas Delley
«Nous remercions Paul-André Cadieux tous les jours!» © Thomas Delley
«Nous remercions Paul-André Cadieux tous les jours!» © Thomas Delley
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25.09.2014

«Bienvenue au club!» • Au quotidien, quand on a un ou même deux gamins à la maison qui sont hockeyeurs, ça se passe comment? Isabelle, une maman, raconte. Et apparemment, pour les parents concernés, c'est plus sport que d'avoir des enfants fous de Scrabble…

Pascal Bertschy

Isabelle m'a prévenu: si c'est pour un article qui décourage les parents, elle ne dira rien. Mais non, Isabelle, je veux juste que tu me racontes ce que c'est que d'être la maman de deux jeunes hockeyeurs. Les mères porteuses, les mères au foyer, les mères célibataires ou les mères Michel qui ont perdu leur chat, je connais déjà. Ce qui m'intéresse, là, c'est toi. Et donc les mères hockey.

Isabelle a ri. A Savagnier (NE), elle et son mari Andreas sont parents de joueurs comme d'autres sont prêtres. Leur quotidien, calqué sur la passion de leurs deux fils, tient du sacerdoce. Le grand, Luka (15 ans), joue avec les Novices élite de La Chaux-de-Fonds et le petit, Jeremy (13 ans), avec les minis top du Lausanne HC. 

Les fistons sont bons, mais c'est normal, ils sortent de la volée de Paul-André Cadieux à Neuchâtel. Dans la famille, note Isabelle, nous remercions Paul-André tous les jours! Entraînement quotidien, deux matches par semaine, les garçons n'arrêtent pas. Les parents non plus. Toujours à faire le taxi, à organiser la logistique, à sauter d'un match à l'autre.

Son travail la repose

Papa Andreas adore le hockey et, par chance, est indépendant. S'il n'avait pas des horaires flexibles, dit sa petite fée rieuse, tout ça ne serait pas possible. Isabelle, de son côté, est instrumentiste à 40% dans un hôpital. Boulot exigeant et pourtant, elle y va en chantant. Le travail, tu comprends, c'est mes vacances!

Attends, Isabelle, tu suis vraiment tous les matches? Oui, quand nos fils jouent, je ne pourrais pas rester à la maison. Et tu as peur pour eux? Toujours plus! C'est beaucoup d'émotions, le hockey, et ça fiche un sacré stress! S'ils faisaient du badminton, ça irait mieux. 

Il faut un bon portemonnaie

Que faut-il pour permettre à des graines de champions de pousser? De la disponibilité, de la motivation et un portemonnaie. Ah oui, l'argent: dis-nous, maman hockey, quel est le prix de cette passion? Une fortune! Entre les équipements, les camps, les tournois, nos nuits d'hôtel, le kilométrage et le reste, on en a facile pour 25'000 francs par saison. 

Tu vas rire, Isabelle, mais une canne coûtait cent sous quand j'étais gosse. Et aujourd'hui, combien? C'est 289 francs la canne et chacun en a quatre. La paire de patins, elle, coûte 680 francs. De vraies pantoufles, le top du top! La plupart des jeunes, aujourd'hui, veulent avoir pareil que Crosby et les stars de NHL. Bon, nous, on abuse. On offre à nos fils le top mais, s'il le fallait, on pourrait les équiper pour moins cher.

On ne peut même pas manger ce qu'on veut!

Ben dis donc, Isabelle, ce n'est pas une vie. Oh! question vie, à côté du hockey, on ne fait plus rien. Sortir à la Fête des Vendanges, par exemple, oublie: le samedi, le petit a l'entraînement à Malley à 8h et le grand joue le soir à Davos. Et la meilleure, diététique oblige, c'est qu'on ne mange pas ce qu'on veut à la maison. Une fondue la veille d'un match, oublie aussi!

Andreas et toi mériteriez une médaille. Non, comme tant d'autres parents, nous avons choisi cette vie. Et ceux qui font peut-être le plus grand investissement, ce sont Luka et Jeremy. Le hockey est dur, très dur, en particulier sur le plan psychologique. A 12 ou 13 ans, tu as déjà affaire à des coaches qui te lancent: «Tu veux devenir hockeyeur? Alors travaille fort et ferme ta gueule!»

Si les petits plaquaient tout à 17 ans, maman hockey, comment réagirais-tu? Le brusque ras-le-bol, la petite amie ou je ne sais quoi, on s'y attend. Si ça arrive, Andreas et moi leur aurons au moins permis de tenter leur chance, de vivre à fond leur passion. Et pis nous, nous aurons découvert un monde. Rends-toi compte: Luka a déjà un contrat à la Chaux-de-Fonds. Un contrat, à 15 ans! Nous, un contrat, on ne sait même pas ce qu'est…

Et Isabelle a éclaté de rire, a ri de tout son bon cœur de mère OK.

 

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