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«Abby» a réalisé son rêve de gosse

David Aebischer a forcé les portes de l’équipe nationale à 20 ans. Il a participé à quelques exploits de l’équipe de Suisse jusqu’en décembre 2007. © Alain Wicht/La Liberté
David Aebischer a forcé les portes de l’équipe nationale à 20 ans. Il a participé à quelques exploits de l’équipe de Suisse jusqu’en décembre 2007. © Alain Wicht/La Liberté
24.01.2015

Hockey sur glace • A 18 ans, David Aebischer faisait déjà preuve d’une maturité incroyable. Il a réussi sa conquête de l’Amérique du Nord en restant toujours humble.

Patricia Morand

Avec un papa (Joseph) et un oncle (Bruno Roschi, ancien gardien de Gottéron) hockeyeurs, David Aebischer n’a pas eu à rechercher bien loin une activité sympa lorsqu’il était gosse. Il a découvert la discipline relativement jeune et s’en est rapidement épris. Durant ses classes juniors, il était souvent le premier devant la patinoire de Saint-Léonard pour l’entraînement matinal.

> La carrière de David Aebischer en images <

L’ado avait la tête sur les épaules et savait parfaitement où il allait. Ainsi, lors de sa première interview, en mai 1996, à son retour des européens des M18, il évoquait son grand rêve: jouer un jour en NHL. Il ne s’agissait pas de paroles lancées au hasard. Entre deux gorgées d’eau minérale au café du coin, le jeune gardien détaillait son projet avec une maturité forçant le respect. Une année plus tard, il était «drafté» par Colorado Avalanche, le club de son idole Patrick Roy. Il avait réalisé son rêve.

Le Fribourgeois a également écrit quelques beaux chapitres de son histoire avec l’équipe de Suisse. A 20 ans, il a brillamment relevé le défi que lui a proposé Ralph Krueger alors que la sélection nationale était mal embarquée dans «ses» mondiaux de Zurich et Bâle (mai 1998). Lors de l’annonce de sa titularisation, il ne s’en émouvait même pas. Et lorsqu’il lançait avec aplomb «Un jour, j’aimerais gagner la Coupe Stanley», cela ne choquait personne. Ces dernières années, sa volonté affirmée de retrouver de l’embauche en NHL alors que les portes semblaient définitivement fermées sonnait différemment. Une obstination touchante.

La belle aventure de David Aebischer m’a permis de mieux le connaître et de découvrir d’autres facettes du hockey ou de la vie, tout simplement, avant qu’internet ne permette de jeter un œil outre-Atlantique en une fraction de seconde.

Il y a eu ce premier voyage, en décembre 1998, à Hershey en Pennsylvannie. Aebischer avait une chambre chez l’habitant et parcourait des milliers de kilomètres pour le compte du championnat de ligue américaine en car. Même le 31 décembre et jusqu’à 2 heures du matin le jour du Nouvel-An! A Hershey, j’ai fait connaissance avec Bob Hartley. Nos chemins se sont encore croisés en Amérique du Nord, ou à Fribourg en 2005 et à Zurich en 2011… Du coup, le soir du titre national 2012 avec ses Lions, le technicien canadien a pris du temps pour livrer ses états d’âme.

David Aebischer n’a jamais perdu l’humilité reçue en héritage. Pour les membres de son fan club en visite à Denver où les envoyés spéciaux de «La Liberté», il a donné un peu de son temps. Sans se cacher, lorsque les Américains le prenaient pour un Suédois, ou plus discrètement lorsqu’il était connu. Mais toujours avec le sourire. Même lorsque les temps semblaient plus difficiles, à Montréal ou à Lugano.

Le gardien a porté très haut et très loin les couleurs du sport fribourgeois. Personne ne semble en mesure, aujour- d’hui, de prendre sa succession… Il y a donc toutes les raisons de se réjouir de son parcours et d’apprécier les bons souvenirs à leur juste valeur. Une page se tourne.

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