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Dieu & Fils au Musée romain

Lampe à huile ornée d’un chrisme, symbole chrétien formé des lettres grecques X et P enlacées, soit les lettres initiales du nom du Christ. © Musée Bible+Orient/Fondation BIBLE+ORIENT, Fribourg Suisse
Lampe à huile ornée d’un chrisme, symbole chrétien formé des lettres grecques X et P enlacées, soit les lettres initiales du nom du Christ. © Musée Bible+Orient/Fondation BIBLE+ORIENT, Fribourg Suisse
Un graffiti se moquant d’un chrétien. Tracé vers 200 sur un mur d’un palais du Palatin à Rome, ce dessin satirique montre un crucifié de dos, affublé d’une tête d’âne. Un personnage le salue en levant le bras, ce qui peut aussi évoquer une prière. © Museo Palatino, Parco archeologico del Colosseo, Rome/AKG-IMAGES
Un graffiti se moquant d’un chrétien. Tracé vers 200 sur un mur d’un palais du Palatin à Rome, ce dessin satirique montre un crucifié de dos, affublé d’une tête d’âne. Un personnage le salue en levant le bras, ce qui peut aussi évoquer une prière. © Museo Palatino, Parco archeologico del Colosseo, Rome/AKG-IMAGES
L’un des premiers signes de christianisme sur l’actuel sol suisse: deux gobelets trouvés dans la tombe d’une jeune fille, dont l’un porte la formule chrétienne vivas in deo «vis en Dieu», Avenches, IVe siècle de notre ère. © Site et Musée romains d’Avenches/Aventicum-Site et Musée romains d’Avenches
L’un des premiers signes de christianisme sur l’actuel sol suisse: deux gobelets trouvés dans la tombe d’une jeune fille, dont l’un porte la formule chrétienne vivas in deo «vis en Dieu», Avenches, IVe siècle de notre ère. © Site et Musée romains d’Avenches/Aventicum-Site et Musée romains d’Avenches
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Publié le 22.11.2021

L’institution présente une exposition sur la naissance des religions judéo-chrétiennes

Lausanne-Vidy » Le Musée romain de Lausanne-Vidy donne un éclairage historique sur l’émergence des religions judéo-chrétiennes. L’exposition Dieu & Fils. Archéologie d’une croyance est à découvrir jusqu’au 2 octobre 2022. L’exposition réunit de nombreuses pièces datées de 1200 avant notre ère jusque vers 800 après. Elle couvre les périodes hébraïques, puis chrétiennes, et se termine avec l’émergence de la troisième voie musulmane, a expliqué Laurent Flutsch, directeur du musée, à Keystone-ATS.

Comment ces croyances sont-elles nées et se sont-elles répandues? Et pourquoi, parmi tant de divinités vénérées sur la planète, les cultes conjugués d’un modeste dieu local nommé Yahvé, puis d’un Israélite crucifié, se sont-ils peu à peu imposés en Occident?

Recherches récentes

Pour répondre à ces questions, le musée lausannois s’est associé au musée Bible+Orient de l’Université de Fribourg et s’est appuyé sur les recherches les plus récentes. «Nous avons une approche purement historique, qui peut contrevenir à certaines certitudes qui viennent des écritures sacrées», souligne Laurent Flutsch. Le musée essaie de montrer comment les circonstances historiques ont entraîné des écrits bibliques, qui ont en partie déformé la réalité. «Jésus est un personnage qui a existé. Ce n’est pas un mythe», rappelle Laurent Flutsch. Mais l’idée de la résurrection – qui n’est pas nouvelle à cette époque – relève de la mythologie.

L’exposition dévoile une série d’objets égyptiens, assyriens ou judéopalestiniens. Dont une probable représentation en terre cuite de Yahvé, datant des VIIIe ou IXe siècle avant J.-C., un objet très rare.

Le musée aborde «de manière respectueuse» cette histoire «touffue et foisonnante» qui a commencé près du Jourdain, observe le directeur. «Nous abordons le phénomène religieux comme un phénomène culturel passionnant et important. On ne dit rien qui ne soit pas déjà documenté, publié», précise-t-il.

«Nous espérons que cette exposition va plaire aussi bien aux croyants qu’aux non-croyants», ajoute-t-il. Dieu & Fils montre comment le culte chrétien a commencé à se répandre dans le monde occidental et oriental. Même s’il a mis parfois du temps à être accepté. Vers 700, au bord du lac de Zurich, des églises s’étaient reconverties en temples païens, s’amuse l’archéologue.

Aujourd’hui, l’héritage judéo-chrétien est omniprésent dans notre environnement profane, ajoute Laurent Flutsch. «Même si on est mécréant, si on s’appelle Jean-Luc, qu’on passe parfois par Saint-François et qu’on a une croix sur son passeport, on est dedans jusqu’aux oreilles», dit-il. ATS

Jusqu’au 2 octobre 2022 au Musée romain de Lausanne-Vidy.

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