La Liberté

Michel Layaz, Assurément

L’homme de lettres en sa bibliothèque. © Corinne Stoll/Photomontage LIB
L’homme de lettres en sa bibliothèque. © Corinne Stoll/Photomontage LIB
07.01.2017

Né à Fribourg, l’auteur de Louis Soutter, probablement est lauréat de l’un des Prix suisses de littérature, qui lui sera remis à Berne le mois prochain

Thierry Raboud

Lauriers » Une belle cuvée! L’Office fédéral de la culture a annoncé hier le nom des sept lauréats des Prix suisses de littérature, sélectionnés sur la base d’un ouvrage paru l’an passé. En français, outre l’intrigant Allegra (Ed. La Table ronde) de Philippe Rahmy et le superbe Inventaire des lieux (Ed. Art & Fiction) de Laurence Boissier, le jury a aussi eu le bon goût d’honorer le Fribourgeois Michel Layaz pour son ouvrage Louis Soutter, probablement (Ed. Zoé). Un roman qui évoque la vie mouvementée du peintre morgien en croisant biographie et fiction. Ce n’est pas la première fois que l’écrivain d’origine broyarde désormais domicilié à Epalinges (VD) voit son talent récompensé. Mais ce prix fédéral, doté de 25 000 francs qui lui seront remis le 16 février prochain en présence du ministre de la Culture Alain Berset, confère pour une fois à son travail un écho qui dépasse les frontières. Interview.

En quoi cette distinction fédérale vous réjouit-elle particulièrement?

Michel Layaz: C’est un peu banal de le dire, mais je suis évidemment très honoré. L’idée de ce prix est de pouvoir traverser les barrières linguistiques. J’ai déjà quelques bouquins traduits en allemand et en italien, mais ce serait l’occasion d’aller plus loin.

Surtout, cela fait un certain nombre d’années que j’écris et je trouve que, d’un point de vue institutionnel, les choses vont mieux. Alain Berset possède un réel intérêt pour les beaux-arts et pour la littérature contemporaine; c’est nouveau d’avoir un ministre pour qui la culture n’est pas qu’un divertissement! Il y a un vrai effort qui est fait pour la valoriser au niveau fédéral, avec une certaine prise de conscience que la culture fait partie de notre identité, la constitue, y participe. On prend cela plus au sérieux, c’est réjouissant.

Pourquoi avoir voulu écrire 
sur Louis Soutter?

Le domaine de l’image m’intéresse depuis l’adolescence, et reste très présent dans mon quotidien. J’ai vu beaucoup d’expositions, je me suis même occupé d’une galerie d’art pendant une dizaine d’années. A cet égard, Louis Soutter est une figure qui m’a toujours beaucoup troublé, dérangé, intrigué. Avec cette impression d’être désarmé face à cette œuvre pour laquelle j’ai toujours éprouvé une grande fascination. J’étais hanté par son travail, et il a fallu que l’appel de l’écriture devienne assez fort pour que je me confronte d’un peu plus près à cette œuvre. En me plongeant dans sa biographie, je me suis rendu compte à quel point sa vie était extraordinairement romanesque. C’est une matière magnifique, hors du commun, dans laquelle je sentais que j’allais pouvoir me débattre.

Pourquoi s’en tenir au domaine du «probable»?

Le terme est très important pour moi. En réunissant un maximum d’indices et de faits avérés sur sa vie, je me suis rendu compte qu’il restait beaucoup d’incertitudes et de blancs. A partir de ces informations, j’ai voulu imaginer la manière dont les choses ont pu s’être passées. Il s’agissait de signifier ce probable dans le titre, avec cette ironie du sort que le «probablement», pour beaucoup de lecteurs, est devenu un «assurément»… C’est le pouvoir de la fiction: faire croire aux choses. Je ne suis pas historien de l’art, mais il était important pour moi de faire entrer Soutter dans le champ littéraire.

Alors que beaucoup d’artistes vivent dans la précarité (lire p. 29), vous allez bénéficier d’un soutien financier conséquent. En quoi cela va-t-il vous aider dans votre travail de création?

Dans ma situation, j’ai l’impression d’avoir de la chance, même si la chance, ça se construit, ça se provoque. J’ai un travail d’enseignant, à l’Institut littéraire de Bienne et dans une école de commerce où je peux bénéficier d’une direction très souple à mon égard. Mon taux d’engagement peut varier d’année en année, en fonction de mes projets d’écriture. Je prévois donc de convertir cet argent en temps, afin de pouvoir consacrer un semestre ou une année entièrement à l’écriture.

 


Du dialecte soleurois mais pas d’italien

Depuis 2012, l’Office fédéral de la culture décerne des Prix suisses de littérature honorant un ouvrage précis, ainsi qu’un Grand Prix couronnant l’ensemble d’une œuvre. Le lauréat qui succédera à Alberto Nessi sera connu le 16 février prochain, à la Bibliothèque nationale de Berne. Cette année, outre les ouvrages en français de Layaz, Rahmy et Boissier, le jury a sélectionné, pour l’allemand, des romans d’Annette Hug, Jens Nielsen, Dieter Zwicky et Ernst Burren (en dialecte soleurois pour sa part). Etrangement, aucun écrivain de langue italienne ne vient cette fois agrémenter la liste. TR

Laurence Boissier et Jens Nielsen seront en dédicace 
le 16 mai prochain à la BCU de Fribourg (19h).

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