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Une ville à la campagne

Roman » A sa chérie, la philosophe Sophie Toumarkine, l’architecte Pierre Laffitte a choisi d’offrir une ville nouvelle, patrie des sciences et des arts à la campagne. Ce sera Sophia-Antipolis, érigé sur le plateau de Valbonne, vers Nice, où il n’y a rien. Ou presque. C’est ce «presque» qu’éclaire Nina Leger dans son «roman topographique» Antipolis.

Ça débute dans le bouillonnement des sentiments qui unissent Sophie Toumarkine et Pierre Laffitte. Ils résonnent avec les flots d’idées de l’architecte, nourris des envies de sa femme qui rêve d’un théâtre en plein air. Il en résulte une écriture en cascades, déversant l’esprit de nouveauté à pleins torrents. Mais le site retenu, officiellement vierge, a déjà des occupants. Ce sont des harkis, affectés à d’humbles tâches forestières dans une France qui a consenti à les accueillir à la fin de la guerre d’Algérie. Avec eux, l’auteure dit que le territoire est un palimpseste. Rappelant des curiosités telles que cette mairie-église surnommée «la lessiveuse», surprenante et malcommode, elle indique qu’Antipolis, qui efface ses harkis, est appelée à s’effacer elle aussi, comme ces aïeux dont on retrouve les ossements au gré des chantiers. DANIEL FATTORE

Nina Leger, Antipolis, Ed. Gallimard, 179 pp.

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Publié le 16.04.2022

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