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Le triomphe d’une idée simple

Michael Näf, ingénieur en informatique, est l’inventeur de Doodle. © Charles Ellena
Michael Näf, ingénieur en informatique, est l’inventeur de Doodle. © Charles Ellena
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24.10.2017

Site de planification et de sondage, Doodle met les agendas à la page depuis 10 ans

Internet » Le site de planification et de sondage Doodle décollait véritablement il y a dix ans, grâce à une formule simple mais efficace. Au point de devenir un exemple de réussite pour les start-up suisses et d’attirer l’attention de Tamedia.

L’idée de Doodle a émergé dans la tête de Michael Näf. L’ingénieur en informatique cherche à organiser un souper pour lequel il doit multiplier les télé- phones. «Trouver une date a nécessité beaucoup de temps et était très compliqué. Cela m’a donné l’impulsion pour réfléchir à la manière d’organiser ce processus de façon plus performante», confie-t-il.

Un bricolage initial

L’Argovien d’origine s’attelle d’abord surtout à «bricoler» Doodle, qui atteint peu à peu plusieurs centaines de milliers d’utilisateurs. Alors collaborateur scientifique et enseignant à l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ), il a comme collègue Paul Sevinç.

Les deux informaticiens fondent en 2007 Inturico Engineering, société mère de Doodle. Basée à Zurich, l’entreprise se professionnalise pour pouvoir croître. Doodle bénéficie notamment d’un coaching de la Commission fédérale pour la technologie et l’innovation.

L’emploi de Doodle – mot anglais qui signifie en français «gribouillage» ou «griffonnage» – se veut simple et efficace. Les personnes souhaitant organiser un rendez-vous ou un événement envoient un courriel avec un lien vers un sondage. Les invités peuvent alors cocher les dates qui leur conviennent. Les créneaux les plus plébiscités sont ensuite clairement visibles.

Cette simplicité d’utilisation permet au site de se faire rapidement un nom. «C’est très viral», analyse Jean-Marie Ayer, professeur d’entrepreneuriat et d’innovation à la Haute Ecole de gestion de Fribourg. «Vous l’utilisez une fois, puis vos amis ayant pris part au sondage font  de même avec d’autres groupes.»

Le service de base est gratuit, financé par la publicité. La start-up propose aussi dès 2009 des services payants pour les particuliers et les entreprises.

Ce modèle d’affaires moins courant en Suisse peut susciter quelques réticences chez les investisseurs au vu des besoins financiers et risques importants liés à la création d’une large ba se d’ut i l i sat eu rs, selon M. Ayer. La programmation et les logiciels sont plutôt destinés au secteur professionnel, avec des ventes à plus petite échelle et des licences élevées, note-t-il.

Doodle – qui ne communique pas sur ses résultats financiers – atteint son seuil de rentabilité en 2010. En mai 2011, Tamedia prend une participation de 49% dans la jeune pousse. Le site est alors disponible en 29 langues et totalise 8 millions d’utilisateurs tous les mois.

En octobre, le planificateur d’événements se classe au 3e  rang du top 100 des start-up les plus prometteuses de Suisse de l’Institut pour les jeunes entreprises (IFJ). «Ses fondateurs ont su développer une plateforme simple et très efficace. Ils ont réussi à exploiter l’effet de viralité et à vendre la publicité ciblée qui allait avec», explique Jordi Montserrat, directeur de venturelab, qui a lancé le top 100 en 2011.

Tamedia reprend finalement l’intégralité de Doodle en novembre 2014. Michael Näf et Paul Sevinç vendent leurs parts et se retirent du conseil d’administration pour se consacrer à d’autres activités liées aux jeunes pousses. Alors disponible en 17 langues, la plateforme de rendez-vous compte quelque 20 millions d’utilisateurs mensuels.

La société ouvre en 2015 un nouveau bureau à Berlin pour croître encore à l’international. La Suisse, l’Allemagne, la France et les Etats-Unis font partie de ses plus importants débouchés. Doodle emploie aujourd’hui 35 personnes et revendique plus de 26 millions d’utilisateurs, dans 11 langues sur le site. L’offre active en langues a varié au fur et à mesure que les navigateurs internet permettaient une traduction automatique.  ATS

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