La Liberté

Benalla joue la carte de l’apaisement

20.09.2018

France » L’ancien chargé de mission du président Macron a voulu se montrer sous son meilleur jour. Mais ses explications peinent à convaincre.

Ceux qui s’attendaient à des invectives en auront été pour leurs frais. Hier, c’est un Alexandre Benalla courtois et bien disposé qui s’est présenté devant la commission d’enquête du Sénat. L’ex-collaborateur du chef de l’Etat, a été mis en examen pour avoir malmené des manifestants en marge des défilés parisiens du 1er Mai,

Sur le fond, Benalla a suivi la même stratégie, consistant à minimiser autant que possible son rôle auprès du président de la République. Il était «chargé de mission, c’est-à-dire le niveau le plus bas», a-t-il tenu à préciser, malgré un salaire s’élevant tout de même à 6000 euros net par mois.

Rentrant dans le détail, l’homme par qui le scandale est arrivé a détaillé l’étendue de son champ de compétences. «Mes missions étaient au nombre de quatre, a-t-il énuméré. Organisation des déplacements nationaux, organisation des événements au palais, organisation des déplacements privés, et une tâche de coordination des services de sécurité.» Avant d’ajouter: «Je m’occupais également d’une cinquième mission, pour laquelle personne ne se bouscule: le service des présents diplomatiques, c’est-à-dire la gestion des cadeaux que le président de la République peut offrir à ses hôtes étrangers.»

En revanche, il a nié avoir «jamais été le garde du corps d’Emmanuel Macron», que ce soit pendant la campagne présidentielle ou après son accession à l’Elysée. «Je faisais l’interface entre le candidat et un certain nombre de personnes. J’étais un facilitateur, j’avais donc forcément une proximité physique avec lui, mais je n’étais pas son garde du corps», a-t-il martelé, sans vraiment convaincre ses interlocuteurs.

De même, Benalla a peiné à justifier un certain nombre de prérogatives qui lui étaient accordées, et qui cadrent mal avec son statut de simple chargé de mission. Au final, le jeune homme de 27 ans s’est montré plutôt à l’aise, compte tenu de l’importance de l’enjeu. Mais il a peiné à convaincre qu’il jouait un rôle aussi subalterne – et éloigné des grands enjeux liés à la sécurité du président – qu’il a bien voulu le dire.

Benjamin Masse, Paris

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