La Liberté

La Suède en quête d’un gouvernement

11.09.2018

Suède » L’extrême droite n’est pas devenue la deuxième force politique du pays. La gauche et le centre droit sont au coude-à-coude. La Constitution d’un gouvernement pourrait se révéler très complexe.

Plusieurs semaines de négociations seront nécessaires pour former un gouvernement en Suède, où les coalitions de gauche et de droite ont quasiment fait match nul lors des élections législatives de dimanche, marquées par une nouvelle progression de l’extrême droite.

Après dépouillement de la quasi-totalité des bulletins de vote, le bloc de gauche – le Parti social-démocrate au pouvoir, les Verts et le Parti de gauche – était crédité de 40,6% des suffrages, alors que l’Alliance de droite, formée par les chrétiens-démocrates, les libéraux, les modérés et le Parti du centre, obtenait 40,3%.

Le parti des Démocrates de Suède (SD), formation eurosceptique et hostile à l’immigration, recueille quant à lui 17,6% des voix, contre 12,9% lors des précédentes élections en 2014. En sièges, il passe de 49 à 62. Les coalitions de gauche et de droite en obtiennent respectivement 144 et 143.

Si le score du SD est en deçà des attentes de ses dirigeants, qui envisageaient un score de 20%, il devrait permettre au parti d’avoir un rôle d’arbitre dans la composition du prochain gouvernement.

Quelques minutes après l’annonce des résultats partiels, Jimmie Åkesson, chef de file des Démocrates de Suède, s’est posé en vainqueur du scrutin et s’est dit disposé à discuter avec les autres partis, tout particulièrement avec la droite.

«Nous allons disposer d’une grande influence sur ce qui va se passer en Suède dans les semaines, les mois et les années à venir», a-t-il dit lors d’un rassemblement de ses partisans.

Jimmie Åkesson, dont le parti est entré au parlement en 2010, avait déjà fait savoir qu’il s’opposerait à tout gouvernement qui ne prendrait pas en compte ses inquiétudes sur la politique migratoire.

Il a appelé Ulf Kristersson, chef de file de l’Alliance de droite, à choisir entre le soutien des Démocrates de Suède pour que l’alliance puisse gouverner ou à se résigner à accepter un nouveau mandat de quatre ans du premier ministre social-démocrate Stefan Lofven.

Kristersson a appelé à la démission du premier ministre, estimant que le gouvernement minoritaire au pouvoir avait «fait son temps», mais a repoussé tout accord avec Åkesson.

Il est peu probable que les Démocrates de Suède fassent leur entrée au gouvernement, les blocs de droite et de gauche ayant exclu cette hypothèse lors de la campagne électorale. ats/afp

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