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Macron-Le Pen, rien n’est joué

Les deux candidats entament la dernière ligne droite avec le débat de mercredi en ligne de mire

Le débat télévisé de mercredi pourrait marquer un tournant, comme cela avait été le cas il y a cinq ans lors du même débat Macron-Le Pen. (AP Photo/Francois Mori) © KEYSTONE
Le débat télévisé de mercredi pourrait marquer un tournant, comme cela avait été le cas il y a cinq ans lors du même débat Macron-Le Pen. (AP Photo/Francois Mori) © KEYSTONE
Publié le 19.04.2022

Temps de lecture estimé : 3 minutes

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Présidentielle en France » Dernière ligne droite pour les deux finalistes de la présidentielle française avant le second tour du 24 avril: le président sortant Emmanuel Macron et la candidate d’extrême droite Marine Le Pen ferraillaient à distance hier en tentant de déstabiliser l’adversaire, deux jours avant leur face-à-face télévisé très attendu.

Rien n’est joué et si le président candidat centriste est toujours donné vainqueur, dans une fourchette de 53 à 55,5% contre 44,5 à 47% pour Marine Le Pen, il n’est pas à l’abri d’un faux pas ou d’une importante mobilisation de l’électorat anti-Macron. Une éventuelle forte abstention ajoute encore à l’incertitude du second tour.

Le débat télévisé de mercredi pourrait marquer un tournant, comme cela avait été le cas il y a cinq ans lors du même débat Macron-Le Pen que cette dernière avait mal géré. Cette fois, la candidate d’extrême droite estime être mieux préparée et se dit «extrêmement sereine».

Marine Le Pen confiante

Après la pause du dimanche de Pâques, Mme Le Pen est revenue hier sur le terrain avec un déplacement dans le Calvados. «Je viens chercher la force du peuple» et «je suis très confiante, je pense que je vais gagner», a-t-elle lancé. «Je souhaite que le débat se déroule sereinement. Nous n’avons pas du tout les mêmes idées, la même vision du pays, de ce que doit être l’économie, vers qui elle doit être tournée», a-t-elle indiqué lors d’un long bain de foule sous un soleil printanier.

La candidate du Rassemblement National (RN) compte soumettre au référendum son projet de révision constitutionnelle sur l’immigration et l’inscription de la «priorité nationale». Concernant le voile, elle souhaite son interdiction dans l’espace public. Mais prise à partie, elle a admis que le voile constituait un «problème complexe». Ce n’est plus sa priorité dans la lutte contre l’islamisme.

Durant l’entre-deux-tours, elle a tenu deux grandes conférences de presse sur des sujets régaliens, les institutions et la diplomatie, est beaucoup intervenue dans les médias et a fait un seul meeting, à Avignon, jeudi soir.

Le pouvoir d’achat

Face aux soutiens engrangés par son adversaire, de gauche comme de droite, ou émanant de la société civile, elle maintient la thématique du pouvoir d’achat plutôt que son premier cheval de bataille, l’immigration, et s’efforce de convaincre la frange populaire de l’électorat.

Pour Emmanuel Macron, le débat de demain soir sera «un moment de clarification». «Je crois que j’ai un projet qui gagne à être connu et j’ai le sentiment que du côté de l’extrême droite il y a un projet qui mérite d’être clarifié», a-t-il déclaré dans un entretien diffusé dimanche par la chaîne de télévision TF1.

Sur la forme, «l’enjeu est d’être persuasif et convaincant sans prendre un ton trop professoral», souligne son entourage.

Tirant les leçons de 2017 où elle était arrivée au débat fatiguée, après avoir multiplié les déplacements, Marine Le Pen voulait se limiter pour le début de semaine à une incursion hier matin en Normandie, sur le thème «A la rencontre des Français: mission convaincre». Avant de s’accorder une journée et demie de retraite dans l’Ouest pour potasser ses dossiers.

ats/afp

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