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Une nouvelle décennie «électrisante»

De type 1 (hybrides plug-in) ou type 2 (électrique), le chargeur électrique s’adapte… et finalement, c’est la puissance du courant à disposition qui détermine la vitesse de charge. © J.-J. Robert
De type 1 (hybrides plug-in) ou type 2 (électrique), le chargeur électrique s’adapte… et finalement, c’est la puissance du courant à disposition qui détermine la vitesse de charge. © J.-J. Robert
06.11.2019

Constructeurs, distributeurs d’électricité et fournisseurs de services multiplient leurs prestations

Jean-Jacques Robert

eMobilité » La nouvelle décennie approchant, les dernières tendances de l’automobile se précisent. A défaut de certitude pour remplacer les moteurs à explosion et combustion, l’industrie automobile se jette à l’eau et promet une nouvelle décennie routière pour le moins électrique.

La vague verte de cette 2e décennie du XXIe siècle est pour beaucoup dans cet envol vers l’utilisation de carburant non fossile. Les bilans de CO2 sont sujets à interprétation en raison notamment des méthodes d’analyse et de la source de l’électricité fournie. Dans ce contexte, la Suisse est bien notée avec ses près de 60% d’électricité fournis par la force hydraulique. Reste que si tout le parc automobile suisse passait à l’électricité, les experts prédisent une augmentation de 25% de la production. Et là, la notion verte risquerait d’en prendre un coup!

Normes 2020 visées

Pour l’heure ce sont les nouvelles normes 2020, et surtout la moyenne des 95 g CO2/km (130 actuellement), qui poussent les constructeurs et importateurs à mettre sur le marché des véhicules à énergie alternative. Ceux-ci ne représentent pour l’heure que moins de 8% du marché helvétique (moins de 3% pour les 100% électrique). En y ajoutant les véhicules à piles à combustible, le but avoué des milieux professionnels de la branche automobile est d’atteindre le cap des 10% l’an prochain. Reste que pour satisfaire cette nouvelle vague d’«e-mobilité», d’importantes adaptations des infrastructures de recharge sont à prévoir.

Dans ce concert menant à l’électrification progressive des transports suisses, les importateurs ne sont pas en mesure de faire face à une aussi importante demande. La marque Tesla avait anticipé le mouvement à l’attention de ses clients, mais les infrastructures actuelles sont largement insuffisantes. Dès lors, l’appui des communautés publiques et de divers acteurs de l’économie est effectif pour faire face à cette probable forte demande en recharge électrique des véhicules. Cette augmentation pourrait être substantielle dans la décennie à venir quel que soit le mode d’évolution de la mobilité qui s’imposera.

Un des mieux lotis

La Suisse est l’un des pays européens les mieux lotis en moyens de recharge du parc automobile. Près de 75% des bornes de recharge sont constituées par des installations privées de petite envergure, mais face à la nécessité de rationaliser et d’imposer des bornes rapides, l’économie privée s’investit en proposant des solutions clefs en main pour les propriétaires, les lieux publics et les stations-service.

Dans le cadre d’une gestion globale de la distribution d’électricité ou de carburants non fossiles, le Touring Club Suisse fait par exemple office de pionnier dans le domaine, grâce notamment à sa collaboration avec Energie360°. Cette entreprise propriété de la ville de Zurich est spécialisée dans la mise en place et la gestion de tous projets touchant aux énergies «propres». Dans son sillage gravitent des sous-traitants SwissCharge (gestion et facturation), Gofast (réseau de recharge) ou Protoscar (conseils en électromobilité). Le service public (Office fédéral de l’énergie) collabore avec une cinquantaine d’entreprises dont les quatre plus grands distributeurs helvétiques que sont GreenMotion, Move, Swisscharge et Plug’n Roll pour offrir un réseau de recharge propre à favoriser l’électrification du parc automobile helvétique.

Partenariats quasi forcés

Face à l’ampleur promise de l’électrification des véhicules les marques automobiles sont quasi contraintes de réaliser des partenariats. Ceux-ci sont effectifs tant au niveau du développement des bornes de recharge que de la gestion de la distribution de l’électricité. C’est ainsi que Honda Europe collabore avec l’entreprise suisse Evtec pour le développement de chargeurs bidirectionnels très sophistiqués, alors que son partenariat avec le distributeur d’électricité suédois Vattenfall permet de proposer des contrats d’énergie flexibles destinés aux utilisateurs de véhicules électriques en Europe.

L’aventure de l’eMobilité n’en est qu’à ses préliminaires. Tous les acteurs du marché automobile font le forcing dans ce sens en multipliant solutions et technologies sophistiquées. Le principal problème à résoudre face aux véhicules conventionnels reste l’autonomie et le temps de recharge. L’avenir est en marche et la situation actuelle n’est pas sans rappeler les premiers pas de l’automobile au début du XXe siècle. Les bugs ne sont apparus qu’à l’usage. Le problème principal de la mobilité du XXIe siècle est que presque toutes les solutions proposées, les plus sophistiquées soient-elles, ne mènent pas à la diminution du trafic! Et c’est bien que là le bât blesse.


L’électricité progresse, mais l’hydrogène aussi

Pour les voitures hybrides (Plug-in) ou tout électriques, la problématique de la recharge électrique est facile à résoudre avec la recharge sur le courant alternatif domestique (CA). Cette solution nécessite beaucoup de patience avec des recharges se comptant en heures et même dizaines d’heures. L’autre solution préconisée à domicile est l’installation de recharges à courant continu (CC), plus rapide puisque le courant n’a pas besoin d’être converti et dispose notamment d’un ampérage de base plus costaud (en principe 32A). Ces installations de base sont proposées à partir de 3000 francs. Pour ce qui est de la vitesse de charge proposée en quelques minutes, il faut disposer d’appareils beaucoup plus «musclés» disposant d’au moins 64 ampères. Elles se trouvent en fonction surtout dans les stations-service sous le label coffee & charge.

Pionnier dans le domaine de la pile à combustible, Hyundai est très actif en Suisse. Outre son modèle All-New Nexo, ce sont quelque 1600 camions H2-Xcient qui débarqueront en Suisse à partir de l’année prochaine et dont il faudra assurer l’approvisionnement. Les deux uniques stations suisses délivrant de l’hydrogène sont à l’Empa à Dübendorf et à Hunzenschwil/AG. Une nouvelle directive de l’Association suisse de normalisation (SNV) intitulée «Guide pour la mise en place de stations-service à hydrogène SNG 10000: 2019» devrait contribuer à multiplier les sources de production et d’approvisionnement dans un futur proche. JJR

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