La Liberté

Hubert Audriaz fête ses 75 ans!

Hubert Audriaz fête ses 75 ans!
Hubert Audriaz fête ses 75 ans!
135e Soirée des rois de la Landwehr avec Hubert Audriaz, en janvier 2013. © La LibertÈ
135e Soirée des rois de la Landwehr avec Hubert Audriaz, en janvier 2013. © La LibertÈ
Hubert Audriaz en 1996.
Hubert Audriaz en 1996.
© Alain Wicht; Fribourg, 07.09.2000. © Imprimerie Saint-Paul
© Alain Wicht; Fribourg, 07.09.2000. © Imprimerie Saint-Paul
Hubert Audriaz en 1996.
Hubert Audriaz en 1996.
© Corinne Aeberhard, Freiburg, 16.12.2008 © Freiburger Nachrichten
© Corinne Aeberhard, Freiburg, 16.12.2008 © Freiburger Nachrichten
© Alain Wicht, Fribourg, le 06.09.2005 © Saint - Paul SA
© Alain Wicht, Fribourg, le 06.09.2005 © Saint - Paul SA
"Course d'école" du Conseil Fédéral à Fribourg en juillet 2004 © Saint-Paul SA
"Course d'école" du Conseil Fédéral à Fribourg en juillet 2004 © Saint-Paul SA
© Charles Ellena, Fribourg, 15.11.2013 © Freiburger Nachrichten
© Charles Ellena, Fribourg, 15.11.2013 © Freiburger Nachrichten
Hubert Audriaz en 2013. © Freiburger Nachrichten
Hubert Audriaz en 2013. © Freiburger Nachrichten
© Corinne Aeberhard, Guin, 07.04.2013 © Freiburger Nachrichten
© Corinne Aeberhard, Guin, 07.04.2013 © Freiburger Nachrichten
© Charles Ellena, Friburg, 06.06.2009 © Freiburger Nachrichten
© Charles Ellena, Friburg, 06.06.2009 © Freiburger Nachrichten
30.09.2015

Joyeux anniversaire! • Hubert Audriaz fête mercredi 30 septembre ses 75 ans. A cette occasion «La Liberté» vous propose de découvrir une sélection d'images (issues de ses archives) du magicien de la Basse-Ville de Fribourg ainsi que de relire le beau portrait que Pascal Bertschy lui avait consacré il y a quelques années.

LIB

 

«Avec les enfants, je reste un guerrier!»

L'invité du lundi (8 septembre 2008, portrait par Pascal Bertschy) • Toujours aussi jeune, le vieil enchanteur de Fribourg s'apprête à ouvrir son parcours d'automne dans son quartier. Ou plutôt sur son terrain de jeu qui, cette année, accueillera des sorcières...

A Fribourg, Hubert Audriaz crée des choses comme on fait des miracles. On ne sait jamais d'où ça sort et où ça va, mais ça en sort et ça y va. Les couleurs que l'artiste peintre ajoute, depuis des lustres, à sa ville! Là, le lutin du quartier de l'Auge va ouvrir son nouveau parcours fantastique. Le Parcours des sorcières, cette année, que petits et grands pourront emprunter en Vieille-Ville du 20 septembre au 26 octobre. Encore et toujours ces chemins qui ramènent à l'enfance...

Mais le talent, c'est ça: rester enfant le plus longtemps possible. Du reste, Audriaz n'arrête pas de tout ramener à ses premières années. Vous raconte ses cent coups, du temps où il était un gosse pauvre et heureux de la «Basse». Enfance enchantée, dont il n'est toutefois pas le prisonnier. En est plutôt le geôlier, puisqu'il la garde...

- Hubert, bientôt le Parcours des sorcières. Quel en est le but?

Permettre aux enfants et aux parents de circuler la nuit en toute sécurité, de découvrir des sentiers insolites en Auge et au Grabensaal, de leur donner des souvenirs pour plus tard. Le tout dans cette idée: ne sois pas prisonnier de ta peur!

- A l'ère des jeux vidéo et du Net, les gosses d'aujourd'hui sont-ils très différents de ceux d'hier?

La jeunesse actuelle est la plus extraordinaire qui soit! On parle des petits dégâts que certains font ici ou là, mais moi je pourrais parler des jeunes bénévoles grâce à qui on peut organiser les «parcours» de la Vieille-Ville. Les jeunes d'aujourd'hui disent ce qu'ils pensent, sont ouverts, généreux. En quoi ils ont bien du mérite, car ils vivent dans un monde où beaucoup de portes leur sont fermées et où on leur demande d'être toujours plus performants...

- Vous, pourtant, vous avez eu une enfance qui n'était pas rose...

Attention, avec les enfants, je ne suis pas un papa gâteau, mais reste un guerrier. Je ne les laisse ni dire ni faire n'importe quoi, chacun est tenu au respect. Ma jeunesse? Difficile, oui. Jai mangé pour la première fois de la viande à l'école de recrues! Mais j'étais un grand bosseur, et je m'en suis sorti. Ma chance a été aussi d'avoir une mère qui me disait: «Tu dois aimer les autres comme ils sont, non comme tu voudrais qu'ils soient.» Et c'est vrai: si tu dis à un con qu'il l'est, il devient deux fois plus con! Quand t'as compris ça, tu gagnes en tolérance, en souplesse, et le monde s'ouvre vite devant toi.

- Pour ça qu'un jour, le voyou de la «Basse» est devenu dans sa ville une institution. Audriaz le notable!

Non. Déjà, je ne crois pas que tout le monde m'aime, car je reste le gars qui fait comme il veut. Quand la commune me dit non, j'y retourne dix fois. Après, ils abandonnent et j'ai ce que je voulais. Moi, je suis juste un mec de l'Auge qui continue de s'asseoir sur les escaliers et ne se pose pas de questions. La première chance de ma vie a été de tomber, à l'école enfantine, sur une religieuse formidable. Un jour, j'ai dessiné un éléphant, avec les oreilles en forme d'ailes, dans le ciel. Soeur Marie-Jeanne m'a dit: «Hubert, tu dois rester dans ce monde-là!» Alors voilà, j'y suis resté avec mon grain de folie.

- Avez-vous gagné un peu d'argent?

J'avais un petit salaire quand j'étais responsable de la Vannerie. Sinon, je n'ai rien gagné. Je vis avec un peu plus de 2000 francs par mois et je m'en contente. Je pense aussi à mes parents. J'avais 10 ans quand mon père est mort. Imaginez ma mère, soudain seule et sans argent avec onze enfants à la maison. Onze hélices, en plus!

- Vous roulez dans Fribourg en «boguet», mais sans porter de casque. Ce qui est interdit...

Pourquoi le vélomoteur? En voiture, tu ne vois personne. Avec un «boguet», tu peux t'arrêter, dire salut, prendre le temps. Le casque? Je n'arrivais pas à l'enfiler, mais il y a aussi une autre raison. Vous voulez savoir? Il y a quelques années, le Conseil d'Etat fribourgeois m'a demandé d'organiser un «parcours» pour les polices de Suisse. Ce que j'ai fait, sur le thème des «Gendarmes et des voleurs». Les policiers, qui pouvaient se cacher partout, se sont bien marrés. Les hurlées de rire!

Ils étaient si contents qu'à la fin, les autorités m'ont demandé comment me remercier. Réponse: «Faut dire à vos agents de me laisser tranquille avec cette histoire de casque.» Toute règle a ses exceptions, selon moi, et je ne suis pas le seul à le penser. Une fois, quelqu'un a demandé en public au chef de la gendarmerie, Pierre Schouwey, pourquoi j'avais cette faveur. Il lui a répliqué: «Quand tu auras fait autant de choses que lui pour Fribourg, tu pourras aussi rouler sans casque!»

- Pour vous, dans l'ordre, les trois choses qui comptent le plus?

Ce serait bien de parler aussi des Diables rouges. Le groupe que formaient cinq jeunes de la «Basse», dont j'étais le batteur. Dans un concours organisé aux Grand-Places, sous une tente, nous avions fini deuxièmes derrière les Cheyennes de Matran. Aventure extraordinaire! On avait fabriqué nous-mêmes nos maillots, ornés d'un diable. On répétait en prenant le courant chez le coiffeur, place du Petit-Saint-Jean, et on jouait sous l'arbre. Personne ne disait rien.

Comme maintenant quand on traverse le quartier, à 2 heures du matin, avec 150 gamins qui font du bruit: les gens ne disent rien, ils comprennent le rêve. Ou, s'ils se plaignent, ce sont des nouveaux venus qui n'ont pas encore l'habitude. Mais eux, je vais toujours leur souhaiter la bienvenue et leur apporter quelque chose. Comme ça qu'il faut faire car, après, ils vous tendent la main. La vie, ça peut être très simple.

- Oui, mais les trois choses que...?

J'ai subi il y a quelques années une opération du c?ur. Pendant que j'étais dans le coma, entre la vie et la mort, un type m'a pris la main et m'a dit: «Ecoute, Hubert, tu as encore un tas de choses à faire!» C'était mon voisin de chambre, qui est aujourd'hui décédé, mais qui disait juste: j'ai quelque chose à faire ici bas. Mais quoi, je ne le sais toujours pas...

*****

Audriaz, goûts et couleurs

> Un trait de caractère: «Je suis très curieux.»
> Un défaut: «Des défauts, je n'ai que ça! Et justement, on dit souvent que je suis trop curieux...»
> Un luxe: «Jouer aux cartes avec les copains.»
> Une gourmandise: «Le gâteau aux pommes.»
> La boisson qui le rend meilleur: «L'eau.»
> Un animal: «Le dragon, bien sûr! Parce que le dragon, c'est l'aventure, c'est l'enfance...»
> Une ville qu'il adore: «Florence.»
> Un pays où il pourrait vivre: «Il y a partout des gens et des lieux extraordinaires, mais on a tout de même de la chance de vivre à Fribourg, non?»
> La musique qui ne le quitte pas: «Celle de Loreena McKennitt...»
> Son film culte: «La guerre des boutons.»
> Ce qu'il regarde à la télé: «Arte.»> Un ou une artiste qu'il admire: «Gisèle Rime, Marie-Claude Purro, José Roosevelt, Jacques Cesa et beaucoup d'autres encore, mon Dieu!»
> Une belle femme: «Ma femme.»
> Un bel homme: «Le cantonnier du quartier.»
> Quelqu'un avec qui il n'aimerait pas se retrouver coincé dans un ascenseur: «Non, je ne vois pas. Alors tant qu'à être coincé dans un ascenseur, autant que ce soit avec une jolie fille...»
> Un souvenir d'enfance: «On avait 12 ou 13 ans et on allait voir le dompteur au cirque Knie. Mais en douce, en se faufilant sous les gradins, car on n'avait pas les moyens de payer notre place. Après, pour jouer au dompteur, on fabriquait des fouets en tressant des ficelles à bout rond qu'on trouvait à la foire aux cochons. Et, Derrière-les-Jardins, c'était à qui réussirait à faire claquer son fouet le plus fort...»
> Ce qui l'énerve: «La fausseté.»
> Ce qui l'enchante: «Le sourire d'un enfant.»
> Ce qui l'effraie: «L'imbécillité.»
> En quoi ou en qui il aimerait être réincarné: «En hirondelle qui voyage, mais en finissant toujours par revenir à la maison.»

*****

Le parcours du magicien

> Né le 30 septembre 1940 à Fribourg d'un père, Joseph, écrivain public et d'une mère, Agnès, artiste.
> Marié à Claudine, qui lui a donné un fils: Jocelyn (29 ans).
> Avec ses sept frères et ses trois soeurs, a grandi dans un immeuble où vivaient en tout 80 gamins.
> A fait les Beaux-Arts à Paris durant quatre années, pendant lesquelles il logeait chez des moines à Ivry.
> Artiste peintre et inlassable animateur, notamment du Carnaval, a lancé la Vannerie, centre de loisirs devenu la Maison de quartier de la Basse-Ville (et où travaille son fils).
> A aussi créé les Parcours fantastiques du quartier de l'Auge et, notamment, le dragon géant d'où surgissent les joueurs du HC Gottéron avant chaque match à domicile.
> Hésite à se lancer dans la création d'un jardin magique sur la Butte Montmartre, projet que lui a proposé le maire de Paris Bertrand Delanoé...

*****

C’ÉTAIT HIER: Tout dans le jeu de jambes!

Hubert à 18 ans à la patinoire des Augustins. Fou de hockey, il a joué en ligue nationale avec Gottéron et – on le sait moins – avec le HC Bienne (une saison). «Je jouais à l’aile et j’avais un jeu de jambes terrible!», dit-il... Sur la glace, il vient d’ailleurs d’y
retourner. Pour donner l’entraînement, le samedi matin à Saint-Léonard, aux filles et garçons – âgés de 11 à 18 ans – qui pratiquent le hockey-loisir. «La beauté des jeux d’équipe, c’est qu’ils font grandir», souligne Audriaz, pas peu fier de préciser que Fribourg est le seul club de hockey professionnel suisse à avoir une section «loisir».

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