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Aborder la vie active, un défi

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11.01.2021

Pour les jeunes fraîchement sortis des études, l’entrée dans le monde du travail est souvent un chemin semé d’embûches. Témoignages

Joanne Fontana

Emploi » Le passage des études à la vie active n’est pas une mince affaire. De la recherche d’emploi aux premiers jours de travail, ce processus complexe est parfois à la source de beaucoup de surprises et d’anxiété pour les jeunes diplômés. L’étape peut quelquefois être compliquée à passer, comme l’explique Laurène Rossier, enseignante au degré primaire depuis cinq mois: «Au départ, je pensais trouver facilement du travail, car c’est ce que l’on entend dire dans l’enseignement. C’est également ce qu’on nous disait durant ma formation à la HEP de Fribourg», se souvient-elle.

Pourtant, lorsqu’elle démarre ses recherches d’emploi, Laurène ne trouve que peu de postes libres, dont une majorité ne dépasse pas un taux d’occupation de 50%. La jeune femme avoue avoir dû faire des concessions en acceptant de travailler dans deux écoles différentes. Mais si les choses ne sont pas toujours faciles, elle dit demeurer passionnée par son travail: «C’est justement grâce à cette passion que je parviens à faire face aux imprévus du terrain», confie Laurène Rossier.

Doris Perritaz, éducatrice spécialisée et diplômée depuis quelques mois, dresse le même constat: «J’avais l’impression que tout était figé. Peu de postes étaient disponibles et j’ai dû me contenter de ce que je trouvais», relate la jeune éducatrice, qui a dû chercher un emploi en attendant de commencer un master. Par chance, Doris Perritaz a pu continuer de travailler dans le foyer au sein duquel elle était employée à l’heure pendant ses études. Son contrat prend fin ce mois de janvier.

Une étape marquante

«Il n’y a pas toujours une adéquation entre le nombre de personnes formées et le nombre de postes mis au concours. Cela produit un encombrement du marché du travail et des sélections», analyse Muriel Surdez, professeure de sociologie à l’Université de Fribourg. Ce qui peut rendre la recherche d’emploi particulièrement anxiogène, comme en témoigne Laurène Rossier: «Je n’ai pas été préparée à ça. On nous apprend seulement à créer un dossier et à passer un entretien.»

Selon Muriel Surdez, certains sociologues comparent l’entrée dans une profession à un passage à travers un miroir: «L’analogie avec le miroir consiste à dire que la représentation que l’on se fait d’une profession avant d’y entrer est souvent déformée. Cette représentation, une fois le miroir franchi, ne correspond souvent pas aux attentes», expose-t-elle.

La professeure rappelle également que l’entrée dans la vie active engendre beaucoup de changements dans la vie d’un jeune: «Dans notre société, le travail est un marqueur social important. Il donne accès à un revenu et par conséquent déclenche d’autres étapes, comme l’autonomie dans le milieu familial ou la prise de responsabilités.» Muriel Surdez explique que le statut professionnel faisant partie intégrante du statut social d’une personne, nous sommes le plus souvent reconnus en tant qu’adultes lorsque nous sommes devenus professionnels. De fait, Laurène Rossier et Doris Perritaz ont senti ce changement. «Je me sens adulte et les autres me considèrent comme telle», remarque Laurène Rossier.

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