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Amir Kazemi, en corde à sauter contre la pauvreté

Amir durant son périple en corde à sauter à travers la Suisse. © DR
Amir durant son périple en corde à sauter à travers la Suisse. © DR
Publié le 05.06.2018

Temps de lecture estimé : 2 minutes

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Coup de cœur »  Sauter à la corde de Constance à Genève pour sensibiliser les gens à la microfinance humanitaire? C’est l’objectif pour le moins original d’un athlète iranien engagé. Entre ambition personnelle et globale, rencontre avec Amir Kazemi.

Au printemps 2017, Amir Kazemi (27 ans) et Roya Akbari (33 ans), tous deux coureurs de demi-fond iraniens, découvrent la Suisse lors d’un camp d’entraînement à Saint-Moritz. C’est à l’occasion de ce séjour que leur vient l’idée étonnante de traverser la Suisse du nord-est au sud-ouest en corde à sauter. Si le projet paraît loufoque, il n’en nourrit pas moins de nobles ambitions.

En effet, c’est pour promouvoir le travail de l’organisation CARE basée à Genève qu’Amir a initié SwissJumpRope. «Cela faisait longtemps que je cherchais à mettre mes capacités sportives au service d’un monde un peu plus juste», explique Amir. Mais pourquoi donc se compliquer pareillement la tâche? «Réaliser cet itinéraire en corde à sauter rendait le projet plus fou et permettait de mieux attirer l’attention sur la microfinance comme outil concret de lutte contre la pauvreté. En allouant des prêts avec peu d’intérêts, on rend les gens maîtres de leur porte-monnaie et les encourage à prendre leur indépendance économique», complète l’athlète iranien.

De retour en Iran, le duo entame les démarches administratives afin d’obtenir le soutien d’ONG humanitaires, s’essaie au crowdfunding et s’entraîne des semaines durant. En mars 2018, l’aventure débute à Rorschach, sur les rives du lac de Constance. Le défi n’est pas facile et les deux compères voient leur motivation parfois mise à l’épreuve par la météo, la fatigue, les erreurs de parcours et même la maladie. Qu’à cela ne tienne, Amir et Roya accumulent les expériences et rencontres inspirantes, dorment chez l’habitant et présentent même leur projet dans quelques écoles et à certains médias. «Les Suisses furent incroyables, que ça soit par leur soutien ou leur accueil chaleureux», se souvient Amir.

Ainsi, deux mois plus tard, ils achèvent leur périple à Genève après plus de 400 kilomètres corde à la main et sourire aux lèvres. Déjà de retour en Iran, il est temps pour eux de se reposer et de tirer le bilan de l’expérience. «Je ne sais pas encore quelles seront les retombées réelles de ce projet mais une chose est sûre, c’était complètement fou et je n’oublierai jamais ce que j’ai accompli ici», conclut Amir.

Nico Schnarrenberger

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