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Attendre le mariage

Attendre le mariage
Attendre le mariage
09.07.2019

Dans une société où la sexualité s’est libérée, certains jeunes choisissent de ne pas miser leur relation sur l’acte. Témoignages

Elsa Rohrbasser et Kim de Gottrau

Société » «La sexualité prend énormément de place dans notre société», constate la sexologue Nicole Dubois. «Toute thématique est devenue hypersexualisée», on le voit dans la publicité, les séries ou encore les clips vidéo. Malgré cette omniprésence, certains jeunes prennent la décision d’attendre avant d’avoir des relations sexuelles. Ils préfèrent être officiellement unis pour passer à l’acte.

Pauline* et Jérémy*, 23 ans tous les deux et en couple depuis six ans, ont fait ce choix. «Je n’avais pas dans l’idée d’attendre le mariage, mais de me préserver le plus longtemps possible, explique Pauline. Je voulais attendre d’être dans une relation sérieuse.» Pour Jérémy, patienter jusqu’au mariage est une valeur transmise par ses parents. «Cela fait partie de mes convictions en rapport avec ma foi», développe-t-il. Dès le début de leur relation, les amoureux en ont parlé entre eux et se sont mis d’accord.

Loin de la performance

La sexologue repère une tendance auprès de certains jeunes: «Ils cherchent à s’inscrire dans des couples stables et dans une sexualité plus douce et plus respectueuse. Ils ne s’identifient pas dans la performance sexuelle prônée par le porno ou s’y opposent par romantisme.»

Quant à l’abstinence, elle peut se jouer à plusieurs niveaux. Il revient au couple d’en établir les bases et de fixer les limites. Comme en témoignent Pauline et Jérémy, trouver la formule qui convient aux deux n’est pas simple. «Au début, on a beaucoup galéré car on ne voulait pas du tout se rapprocher et on se posait énormément de questions, raconte Jérémy. Quand on était trop proches, on se sentait coupables et ce n’était pas bon, ni pour la relation ni pour nous-mêmes.» Bien que respecter la virginité exclue la pénétration, Nicole Dubois indique que cela ne signifie pas éviter caresses, flirts ou jeux érotiques.

Pression sociale

La décision du couple n’a pas toujours été facile à assumer, ne serait-ce qu’à cause du désir toujours présent. «Au début, on avait une idée de loi à respecter et ça a été une souffrance, se souvient Pauline. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas car notre relation a grandi et mûri grâce à d’autres expériences.»

S’ajoute au désir une pression sociale importante: «Des gens pariaient sur le fait qu’on n’allait pas tenir, se remémore Jérémy. On a eu tous les deux des commentaires un peu désobligeants.» Pauline nuance: «Je comprends aussi ce questionnement. La plupart attendent quelques mois, donc notre choix surprend. En plus, tout le monde ne veut pas se marier, donc attendre le mariage n’a plus tout son sens!»

Qu’ils se rassurent, Pauline et Jérémy ne sont pas les seuls dans leur situation. «Selon une étude française de 2014, 13% des femmes et 8% des hommes sont encore vierges à 24 ans», déclare Nicole Dubois. Mais elle tient à préciser: «Ce n’est pas nécessairement un choix, certains redoutent une sexualité relationnelle.»

*Prénoms d’emprunt

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